Sonorisation de l’interface et assistant au choix pour Decathlon

Ce n’est pas la première fois que je vous parle de Décathlon car c’est un site que j’aime beaucoup. Je vous propose ce soir de découvrir le nouvel espace Running qui bénéficie d’un traitement particulier notamment au niveau de la sonorisation de l’interface :

La page d'accueil de la section Running de Decathlon
La page d'accueil de la section Running de Décathlon

Tous les éléments de l’interface sont associés à des retours sonores (blip, bloup, tic…) qui donnent du relief à cette page et permettent de rythmer la découverte de la page « à tâtons » (en baladant la souris sur l’écran). Il y a un côté très ludique dans cet écran qui me fait penser aux interfaces des jeux vidéo (qui font un usage systématique des retours sonores).

Cette section propose également un assistant au choix très sympa :

L'assistant au choix de Decathlon Running
L'assistant au choix de Décathlon Running

Des réglettes permettent d’activer des filtres et de réduire la liste de résultats de produits. Simple mais bien réalisé car les boutons et tirettes ont un volume suffisant pour donner envie de les tripoter.

Notez que l’on retrouve le même interface dans l’espace Carpe (ou plutôt « pêche », non ?).

Soignez vos tableaux

Suite à la publication d’un tutoriel il y a quelques années (Des tableaux plus simples, oui je sais il y a un problème d’encodage) je me rend compte qu’il y a bien longtemps que je n’ai pas abordé le sujet des tableaux. C’est bien dommage car il ne se passe pas un jour sans que je croise un tableau de données en ligne.

Même si aujourd’hui la conception de tableaux de données ne pose plus trop de problème, la complexité de certains tableaux pousse les concepteurs à utiliser des astuces pour gagner de la place et faire rentrer dedans toujours plus de données et de fonctionnalités. Je vous propose donc de découvrir ces trois articles qui listent des cas très intéressants : Ultimate guide to table UI patterns, Ultimate guide to table UI patterns (même titre) et 15 Tips for Designing Terrific Tables. Je vous propose donc ma sélection d’exemples.

Chez BlinkCampaign nous avons une alternance des couleurs des rangées et des données affichées sur deux lignes :

Blink-two-rows

Chez PulseApp nous avons des sections en guise de séparateurs :

PulseApp-Table-sections

Chez BuildItWith.me nous avons des filtres dignes d’une application Apple :

Builditwithme-table-filters

Chez Dropbox nous avons un menu déroulant d’actions contextuelles :

DropBox-action-menu

Enfin chez Mint nous avons de l’édition en ligne des lignes avec la possibilité de dérouler un panneau pour les données complémentaires :

mint_inline_edit_expanded

Tout ceci est très inspiré et nous prouve qu’il est possible de construire des interfaces applicatives très performantes à partir de « simples » tableaux.

Adobe lance Acrobat Workspace et s’enlise dans la gestion documentaire

Adobe vient tout juste de lancer un nouveau service à sa suite collaborative Acrobat.com : Workspaces (« Espaces en ligne » en français). L’objectif annoncé de ce nouveau service est de faciliter la collaboration et le partage de documents en ligne : Acrobat.com Takes a New Step Today – Workspaces. Inutile de vous refaire le pitch sur la difficulté de gérer le partage de documents par email, la gestion des versions… car vous le connaissez par coeur.

Rien de très disruptif dans cette nouvelle fonctionnalité, car d’autres le propose depuis longtemps comme Drop.io, mais une intégration étroite avec la suite d’applications déjà en place (ConnectNow, Buzzword, Presentations, Tables, PDF Creator…).

Les espaces en ligne sur Acrobat.com
Les espaces en ligne sur Acrobat.com

Je trouve un peu présomptueux de présenter cette fonctionnalité comme un outil de collaboration. Tout au plus il s’agit d’un outil de partage de fichier, et j’aurais tendance à penser que les fichiers sont un frein à la collaboration. Car force est de constater que sur cette plateforme il ne se passe pas grand chose en dehors des fichiers (« change, révision, commentaires…). Il y a bien un outil pour faire des réunions virtuelles, mais il manque une solution de collaboration asynchrone pour compléter ce tableau. En ce sens, je suis bien d’accord avec l’article de The Next Web (dont le titre est trompeur) : Adobe Launches “Workspaces”, a Project Management Tool.

La gestion de projet, ou plutôt la collaboration au sein d’une équipe projet, est encore absente de la plateforme, rendant ainsi les collaborateurs toujours dépendant de leurs emails. Il existe pourtant d’innombrables solutions de collaboration en ligne (cf. Ne confondez plus gestion de projet et collaboration en ligne) qui pourraient parfaitement compléter le tableau sans nécessairement faire de l’ombre aux autres services (où sont les discussions « libres » ?). D’autant plus que la plateforme Acrobat est payante, cette lacune est donc inacceptable. Considérons que ceci est la conséquence de l’héritage culturel d’Adobe, inventeur du format PDF et acteur historique de la gestion documentaire.

Conclusion : Il leur reste encore un peu de route avant de proposer une offre cohérente et s’extraire de la dépendance des fichiers et emails.

Gravatar se transforme en un réseau social distribué

Si vous êtes un(e) habitué(e) des blogs alors vous devez forcément connaître Gravatar, qui est la contraction de Globaly Recognized Avatar (cf. Mettez des visages sur vos commentaires avec Gravatar). Le but de ce service est d’humaniser les commentaires des blogs en affichant la photo (ou l’avatar) des auteurs des commentaires. Comment font-ils ? Tout simplement en vérifiant si l’email laissé par le commentateur est présent dans leur base (la création de compte est gratuite). Pour la petite histoire ce service a été racheté il y a plusieurs années par Automattic, la maison-mère de WordPress, et est disponible sur quasiment toutes les plateformes de blog (WordPress, MovableType, TextPattern, Expression Engine, Blogger, LiveJournal…) et les CMS du marché (Joomla, Drupal, Nucleus…). Bref, en quelques années Gravatar est devenue LA technologie de référence pour agrémenter les commentaires d’avatars et pour simplifier grandement la tâche de celles et ceux qui veulent maîtriser leur image.

« Maîtriser leur image« , ça fait un peu « gestion de l’identité numérique », vous ne trouvez pas ? Et c’est justement la direction que l’éditeur a voulu prendre dans la toute récente évolution du service : Gravatar-Powered Profiles. L’idée est donc de lier chacune des ces vignettes (les avatars) au profil des membres :

gravatar-profile

En ce sens Gravatar se positionne donc en concurrence directe avec d’autres services de gestion de profile comme Yahoo! Profiles ou Google Profiles, à la grande différence que les membres de Gravatar (22 millions au dernier comptage) sont déjà massivement présents sur la blogosphère. Or, les blogs étant très bien référencés, les liens vers les profils des commentateurs le seront aussi. Nous sommes donc bien en présence d’un réseau social distribué qui vit et se diffuse au sein de la blogosphère (au même titre que MyBlogLog) : Gravatar Has Just Become an 22 Million+ Strong Social Network.

Voici donc une nouvelle très intéressante car elle ramène la compétition sur un territoire où l’éditeur est en position de force. Pour être plus précis, cela fait un petit bout de temps que je surveille de près Automattic car ils éditent des services et solutions qui ne sont pas aussi médiatiques que Facebook mais sont des piliers des médias sociaux (WordPress, bbPressPollDaddy…) ainsi que d’autres qui risquent de s’installer durablement et modifier la chaîne de valeur des médias sociaux (BuddyPress, IntenseDebate, GlotPress…). La chaîne de valeur ? Oui tout à fait, celle qui repose sur le contenu (production, traduction, enrichissement…).

Je ne suis pas devin mais j’ai comme l’impression que l’orientation stratégique d’Automattic est de s’imposer comme un maillon essentiel des médias sociaux d’arrière-garde (blogs, forums…) et de laisser les autres s’entre-tuer sur des terrains ultra-compétitifs comme les réseaux sociaux ou le micro-blogging.

Il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà un compte Gravatar, je vous invite donc à le mettre à jour en prévision de l’ouverture des profils publics qui devrait arriver très vite.

Les interfaces naturelles d’aujourd’hui et de demain

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de l’évolution de l’outil informatique vers des terminaux polymorphes et nomades. Cette évolution du hardware se fera de concert avec le software et notamment les systèmes d’exploitation et les logiciels. D’ailleurs nous sommes en plein dedans avec la vague des widgets (sorte de mini-applications) qui font la fortune d’Apple sur l’iPhone et le prochain Chrome OS de Google qui sera un hybride entre navigateur et système d’exploitation.

Les interfaces naturelles bientôt dans notre quotidien

Depuis que j’ai assisté au speech très inspiré de Bill Buxton sur les interfaces naturelles, je m’interroge sur la pertinence du modèle écran / clavier / souris. Regardez de près le Project Gustav pour vous rendre compte du potentiel que pourrait représenter des interfaces faisant une utilisation optimale des écrans tactiles et des périphériques naturels (ici un simili-pinceau pour cette simulation de peinture) :

L'interface du Gustav Project
L'interface du Gustav Project

La prise en main est immédiate et l’utilisateur s’exprime d’autant mieux qu’il utilise les gestes et outils de son quotidien. Démonstration vidéo ici :

Ce type d’interface a d’ailleurs été vu sur les stands de Fiat et de Renault au récent Salon de Genève pour épater les visiteurs : Les configurateurs interactifs de Fiat et Renault au Salon de l’Auto de Genève.

Le configurateur ludique de Fiat au Salon de Genève
Le configurateur ludique de Fiat au Salon de Genève

La dimension ludique est ici évidente et l’on se met à rêver des nombreuses possibilités offertes par des terminaux comme Surface… ou comme la Sphere, un autre projet de Microsoft qui combine un affichage sphérique et une surface tactile :

Le projet Sphere de Microsoft
Le projet Sphere de Microsoft

Mais pas la peine de sortir la grosse artillerie pour proposer une expérience différenciante. Exemple avec le Gesture Cube, un concept à mi-chemin entre touchbook et cadre numérique qui pousse encore plus loin la logique de terminal domestique connecté popularisée par le Chumby : Gesture Cube, Une interface 3D interactive.

Le concept de Gesture Cube
Le concept de Gesture Cube

Là encore, ce cube domestique aux formes et dimensions très proches d’un radio-reveil, exploite parfaitement les gestes naturels et surtout la contextualisation des informations / applications en fonction de la pièce dans laquelle vous vous trouvez :

Et dans la série « je fais du neuf avec du vieux« , je me permets également d’évoquer le concept Waveface Ultra proposé par Asus, un écran tactile souple que vous enroulez autour de votre poignet :

Le concept Waveface d'Asus
Le concept Waveface d'Asus

L’idée ici n’est pas de miniaturiser un smartphone mais plutôt de faire monter en compétence votre montre pour qu’elle puisse vous envoyer des notifications et qu’elle interagisse avec ce qui vous entoure :

Là encore vous remarquerez que le terminal et les gestes utilisés pour le manipuler sont les plus naturels possibles (l’interface est ici presque transparente).

Dernier exemple et pas des moindres avec SixthSens le concept d’interface gestuelle portable présentée par Pranav Mistry lors du dernier TED : An interview with Pranav Mistry, the genius behind Sixth Sense.

SithSens, l'interface gestuelle portable
SithSens, l'interface gestuelle portable

Imaginez-vous avec un terminal en forme de médaillon qui serait équipé d’un mini-projecteur (pour afficher des informations) et d’une caméra pour capter le mouvement de vos doigts. Lorsque vous allumez le terminal, vous choisissez une application et celui-ci projette alors une interface adaptée au contexte d’utilisation (ici, la lecture d’une vidéo en complément d’un article) :

L'interface gestuelle SixthSens en action
L'interface gestuelle SixthSens en action

Pour le moment le terminal en lui-même est rudimentaire mais l’on décèle un potentiel énorme dans la vidéo suivante :

Et comme dans les précédents exemples, c’est un objet du quotidien (un médaillon) qui est mis en scène dans notre quotidien (prendre une photo, lire un journal) et dont l’interface se manipule de façon tout à fait naturelle (avec les doigts).

Interfaces naturelles et jeu vidéo, une réalité

Bon nous sommes tous d’accord pour dire que ce n’est pas demain la veille où nous sortirons avec notre médaillon augmenté, il n’empêche que les interfaces naturelles sont une réalité pour un grand nombre de personnes (vous avez déjà essayé la Wii ?) et qu’il n’y a aucune raison pour que l’industrie du jeu vidéo n’aille pas plus loin (d’ailleurs elle a toujours été très précurseur).

La Wiimote pour reproduire les gestes naturels
La Wiimote pour reproduire les gestes naturels

Passé relativement inaperçu l’année dernière, le jeu EndWar est ainsi un bel exemple d’interface naturelle avec son principe de commandes vocales plutôt abouti :

L'interface à commandes vocales du jeu EndWar
L'interface à commandes vocales du jeu EndWar

Commandes gestuelles, commandes vocales, c’est la sortie en juin prochain de la déclinaison grand public du Project Natal de Microsoft qui devrait normalement rehausser la barre d’un cran avec des concepts de jeu tout à fait renversants. Exemple avec ce concept malheureusement abandonné de beat them all qui se joue avec les doigts : Indie studio reveals cancelled, finger-powered Natal game.

Un projet de jeu de combat avec les doigts
Un projet de jeu de combat avec les doigts

Quel dommage que ce concept n’ai pas été retenu car je me voyais tout à fait jouer avec mes doigts sur la table basse :

Illustration du jeu 2 Finger Heroes
Illustration du jeu 2 Finger Heroes

Bref, j’ai comme l’impression que les souris et claviers vont prendre une grosse claque avec la généralisation des écrans tactiles et des interfaces naturelles. Quoique…

Pas d’interfaces naturelles dans le milieu professionnel ?

Outre les métiers graphiques, j’ai du mal à anticiper une percée des interfaces naturelles dans le monde professionnel. Autant je suis convaincu du potentiel ludique et intuitif de ce type d’interfaces, autant je ne pense pas que l’on puisse améliorer la productivité d’un utilisateur de clavier / souris dans un contexte pro.

C’est donc malheureusement l’argument économique qui va pérenniser l’outil informatique tel que nous le connaissons sur le poste de travail. Rien de dramatique dans la mesure où nous pourrons toujours exploiter des interface naturelles dans nos moments de détente ou à la maison. La rupture entre le monde pro et perso sera ainsi d’autant plus nette et agréable.

Et le web dans tout ça ?

Reste une grande inconnue pour les interfaces naturelles : Comment les exploiter dans le cadre d’un navigateur web ? Et c’est là où nous nous heurtons au casse tête des interfaces web qui se manipulent à la fois avec la souris pour le clic ou le drag & drop (donc potentiellement la main ou le doigt), mais également avec le clavier pour saisir une URL ou remplir un formulaire.

Donc très clairement sur ce cas d’usage particulier je suis incapable de prendre position. Comme je fais un usage intensif du web, je penche tout de même en faveur du traditionnel couple clavier / souris. Mais tout ceci pourrait bien changer avec la « widgetisation » des sites web et services en ligne sur l’iPhone et encore plus sur l’iPad.

Affaire à suivre, nous aurons l’occasion d’en reparler.