Compte-rendu de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2009 dédiée au e-commerce

Voilà deux semaines que l’édition 2009 de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité est passée, il est donc largement temps d’en publier un compte-rendu. Nous avons donc eu la grande joie d’accueillir une soixante de personnes pour cette conférence dédiée aux techniques et outils d’utilisabilité appliqués aux commerce en ligne.

Les intervenants de la Journée Mondiale de l'Utilisabilité 2009

Les diaporamas et vidéos sont donc accessibles sur le site SimpleWeb.fr : Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2009. (je ne sais plus qui en est l’auteur mais merci pour la photo)

Encore un grand merci aux intervenants (Olivier, Raphaël, Jérémie, Vincent et Romain) et aux partenaires de cet évènement (Bertrand et Lucas).

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine (la date sera quasiment la même), il me reste à choisir le thème (vos suggestions sont les bienvenues dans les commentaires).

Un carrousel en simili 3D pour Princesse tam tam

Aviez-vous remarqué le carrousel du site Princess tam tam ? Il propose un défilement horizontal en simili 3D plutôt sympa car original sans trop perturber la lecture :

Princessetamtam1

L’astuce est de courber le bas des visuels mais d’aligner le haut. La manipulation se fait de plus en douceur par ce qu’il est possible de faire défiler les visuels de trois façon différentes : avec les flèches sur les côtés de l’écran, avec les touches du clavier ou avec le minuscule curseur en bas de l’écran.

Notez qu’avec une grande sélection ce n’est pas très évident mais heureusement il y a une fonction de prévisualisation au survol de la souris :

Princessetamtam2

Même si je pense que la mise en page n’aurait pas été bouleversée avec une barre de défilement plus haute, cet aperçu de la gamme fonctionne plutôt bien et s’intègre parfaitement à la mise en page épurée du site.

Quand le social shopping devient synchrone

Vous connaissez le social shopping ? Mais si enfin, ce terme désigne les dispositifs marchands agrémentés à la sauce sociale (partage de « trouvailles » auprès des amis, profils publics…). Jusqu’à présent ces fonctions de social shopping se faisait en asynchrone : vous commenciez par repérer un produit ou composer un look, vous le partagiez sur vote blog / profil Facebook et vos amis réagissaient dessus. Mais les choses sont en train de changer avec de nouveaux services permettant de faire du social shopping en mode synchrone.

Il y a tout d’abord DecisionStep qui propose sa suite ShopTogether qui se présente comme une barre d’outils à intégrer à votre boutique en ligne (l’équivalent de Google Friend Connect) :

L’offre de ShopTogether propose différent modules qui sont visibles sur le site Charlotte Russe avec la possibilité de partager des produits que vous aimez bien avec votre réseau (« Share« ) mais également d’inviter vos amis à discuter avec vous des produits que vous êtes en train de visualiser (« Shop Together« ) :

CR_product

En fait il s’agit d’une sorte de tchat, un système que l’on retrouve également chez Plurchase qui propose un principe similaire mais avec une sidebar (cf. Plurchase: E-commerce Goes Social) :

Plurchase

Notez que la solution de Plurchase est nettement moins riche que ShopTogether qui, en plus de ces fonctions de partage synchrones et asynchrones, propose aussi de nombreuses fonctions communautaires et notamment le très rigolo Watch Others qui liste les produits vus par la communauté dans les 15 dernières secondes :

CR_watch

Bref, de très bonnes idées qui sont en plus relativement simples à implémenter et qui fonctionnent plutôt bien (cf. Expérience d’achat et Social Shopping : Shop Together sur CharlotteRusse.com). Notez que ceci est à la fois une force mais également une faiblesse pour la solution car elle serait peut-être plus efficace si pleinement intégrée à la boutique.

Je tiens néanmoins à préciser quelque chose : même si ces fonctionnalités apportent un plus évident à l’expérience d’achat, il convient avant tout de soigner les fondamentaux du commerce en ligne avant d’envisager ce type de dispositif. Comprenez par là que le social shopping ne va pas compenser une offre bancale, un tunnel de conversion non-optimisé ou un service client défaillant.

Mais si vous souhaitez prolonger votre lecture sur le sujet, je vous recommande également cet article : 5 Hot Social Shopping Trends to Watch For.

La collaboration en temps-réel encore à la traine (la faute à l’email)

C’est en substance ce que nous livre les conclusions d’un rapport de Forrester : The State Of Workforce Technology Adoption. Les auteurs de ce rapport ont ainsi étudié les habitudes de 2.100 collaborateurs pour identifier des tendances et des comportements-types. Devinez quoi ? Les outils de collaboration en temps réel sont encore largement absents (peut-être la messagerie instantanée et encore) :

Classement des outils les plus fréquement utilisés en entreprise
Classement des outils les plus fréquemment utilisés en entreprise

C’est sans surprise l’email et les outils bureautiques qui dominent les usages. Les auteurs du rapport ont d’ailleurs un petit nom pour cette catégorie de collaborateurs qui passent leur journée devant un écran : les « information workers« . L’information est donc la matière première de ces collaborateurs, mais le problème c’est qu’ils le produisent et la partage sur de mauvais formats : l’email et les outils de bureautique (traitement de texte, tableur, diaporama).

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le problème des fichiers bureautiques mais je me permet d’insister : l’information stockée dans un fichier de type bureautique est piégée car elle se véhicule mal et car il est très compliqué de la faire évoluer. Elle se véhicule mal car il faut le bonne version du logiciel pour les lire, car ces fichiers pèsent lourd et circulent généralement par email (avec des comptes de messagerie limités en taille), car les informations dans les fichiers s’indexent plutôt mal (à moins d’exploiter une technologie de recherche couteuse), car il faut du temps pour télécharger la pièce jointe, lancer le logiciel et trouver la bonne information. Il est compliqué de la faire évoluer car il faut modifier le document, l’enregistrer et le réexpédier à tous les destinataires (un enfer).

Le maillon faible dans cette histoire c’est l’email. Autant les emails nous ont fait gagné du temps il y a une ou deux décennie, autant maintenant ils nous en font perdre : quand vous rédigez un email ou que vous en lisez un, vous ne travailler pas, vous vous informez donc vous ne produisez rien. Les emails sont des tueurs de productivité et pourtant se sont des outil absolument indispensables, ou du moins qui semblent indispensables aux yeux des collaborateurs.

J’ai eu l’occasion d’en discuter cette semaine lors d’une conférence que je donnais dans une grande entreprise française (plus de 100.000 employés) où je ne semblais pas être le seul à penser que l’email devient un authentique problème. C’est à la base un outil de communication asynchrone qui est pourtant utilisé pour beaucoup plus de choses :

  • De la communication quasi-synchrone avec des discussions reposant sur l’écrit parlé (on rédige comme on parle alors qu’il serait tellement plus simple de décrocher son téléphone) ;
  • De la collaboration avec des informations ou des données de première importance qui sont stockées sur ce support pourtant très volatile (comment archiver correctement un email et le rendre accessible pour d’autres ?).

Bref, l’email est un outil que les collaborateurs « servent » à toutes les sauces à défaut d’avoir sous la main (ou d’avoir été formé à) des outils adaptés : wikis pour la co-création et la capitalisation de connaissance, espaces de travail en ligne pour la collaboration et la communication asynchrone.

Alors bien sûr vous pourriez me dire que tout ceci va changer avec l’arrivée de la génération Y car après tout avec le départ des papy boomers à la retraite c’est près de 40% de la main d’œuvre qui va être renouvelée en moins de 10 ans. Mais bine sûr, comme c’est pratique ! Heureusement que les djeunz de la génération Y, ceux qui sont nés avec le web, seront là pour sauver la productivité des entreprises. Assez de sarcasmes, ce ne sont certainement pas les « jeunes » qui vont pouvoir changer les mentalités et renouveler les outils des « vieux » collaborateurs. Ce changement se fera de concert et avec les outils adaptés, pas ceux qu’utilisent réellement les jeunes de la génération Y.

Sommes-nous à l’aube de la collaboration en temps réel ? Mouais bof… et pourquoi ne pas commencer avec de la collaboration asynchrone ? Ce changement dans les pratiques représenterait déjà un saut quantique par rapport au quotidien du collaborateur lambda (email et fichiers bureautiques).

(via Read/Write Web)

Jusqu’où peut-on aller dans la recherche de l’épuration ?

Une des règles de base de l’utilisabilité est de toujours veiller à ne pas surcharger un écran, ou plutôt de s’efforcer de supprimer tout ce qui n’est pas indispensable et qui peut distraire l’attention. Noble cause, mais qui peut parfois se révéler être une vrai profession de foie.

Illustration avec cette page d’accueil expérimentale pour Google :

Google_blank

Donc comme vous pouvez le constater, sur cette page il n’y a plus rien si ce n’est le logo et le champ de saisie, même pas un bouton pour lancer la recherche : Google’s Experimental Homepage Fades To A Single Word. L’astuce est de ne faire apparaitre le reste qu’après quelques secondes pour être sûr de bien concentrer l’attention sur l’élément le plus important : le champ.

Plutôt extrême comme expérimentation, d’autant plus que la page d’accueil de Google n’était pas la plus chargée. L’expérimentation se poursuit visiblement avec des variantes comme par exemple une version où est mentionnée la phrase « This space intentionally left blank » : Google Tests a Clutter-Free Homepage.

Dans le même genre il y a aussi Goosh, une interface textuelle façon Unix :

goosh

Un bel exemple d’épuration graphique qui va plus loin que YubNub mais qui aurait gagné à être encore plus épuré.

Toujours dans la série interfaces façon lignes de commande, je vous propose WriteRoom, un traitement de texte au look & fell très « roots«  :

WriteRoom

La particularité de ce logiciel est de proposer un mode plein écran qui isole complètement l’utilisateur du système et donc de ses distractions potentielles. Bon par contre c’est un peu austère…

Terminons avec le remarquable Ommwriter, un traitement de texte qui propose la même approche mais nettement plus raffinée avec un fond d’écran très reposant et différentes ambiances sonores :

Ommwriter

Le sentiment d’immersion est tout à fait remarquable et les fonctions ne sont jamais très loin puisqu’en bougeant la souris vous faite apparaitre une série d’icônes :

Ommwriter2

Autant je suis très sceptique vis à vis de WriteRoom, autant l’expérience utilisateur de ce Ommwriter est tout à fait convaincante car extrêmement aboutie : Ommwriter, écrire en toute sérénité. Notez qu’il existe des applications spécialement dédiées pour isoler l’application ouverte comme Think ou Backdrop.

Plein de bonnes idées / intentions… mais qu’il n’est pas forcément bon d’utiliser pour un site web. Je fais notamment référence à ces insupportables sites qui s’ouvrent dans une pop-up qui force l’affichage en plein écran, une horreur pour ceux qui utilisent des écrans à grandes résolution (HD ou Full HD). Bref, jusqu’où peut-on aller dans la recherche de l’épuration ? (d’où le titre du billet)

MàJ (30/11/2009) > Voici une méthode pour tester une autre version de la page de recherche de Google : Check the Redesigned Google (With Always-Visible Sidebar) Yourself.

Google_New

Vous noterez le travail fait sur les boutons et les liens en bas de page.