Les intervenants de la Journée Mondiale de l'Utilisabilité 2009
Les diaporamas et vidéos sont donc accessibles sur le site SimpleWeb.fr : Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2009. (je ne sais plus qui en est l’auteur mais merci pour la photo)
Je vous donne rendez-vous l’année prochaine (la date sera quasiment la même), il me reste à choisir le thème (vos suggestions sont les bienvenues dans les commentaires).
Pour bien finir l’année je vous propose une huitième édition de Yulbiz Paris le mercredi 02 décembre prochain au Père Tranquille à partir de 19H (16 rue Pierre Lescot, 75001 Paris – Métro : Châtelet Les Halles). Pour vous inscrire il suffit de laisser vos coordonnées ici : Yulbiz Paris N°8.
Deux précisions importantes :
Ce Yulbiz sera l’occasion de revoir avec plaisir l’ami Claude Malaison qui nous vient du Québec spécialement pour l’occasion (et un peu aussi pour LeWeb’09) ;
Nous n’avons pas privatisé ce lieu (car cela coute trop cher et que c’est une rencontre informelle), donc inutile de vous pointer et de demander le lieu de rencontre au barman, il vous suffit juste de nous retrouver à l’étage.
Je serais bien mal placé pour vous affirmer que nous ne parlerons pas de Twitter lors de cette édition (ça devient un thème imposé) par contre vous trouverez en la personne de Claude un interlocuteur de choix pour discuter d’Entreprise 2.0.
Depuis l’annonce préliminaire de juillet dernier j’attendais avec impatience la sortie de Chrome OS, le système d’exploitation de Google (cf. Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google). C’est maintenant chose faite avec une présentation publique en fin de semaine dernière dont vous trouverez une retranscription complète ici : Live From Google’s Chrome OS Event.
Chrome = Chrome OS
Pour faire simple disons que ce système d’exploitation n’est ni plus ni moins que le navigateur que nous connaissons déjà (Chrome). Comprenez par là qu’avec Chrome OS vous pourrez faire tout ce que vous avez envie de faire… du moment que ça se passe dans le navigateur (Chrome), en d’autres termes : applications et stockage en ligne obligatoires.
Dans leur façon de présenter les choses, ils ont retiré tout ce qui n’était pas nécessaire pour ne garder que l’essentiel (le navigateur). Donc dans l’absolu, Chrome OS est plus un navigateur augmenté qu’un système d’exploitation diminué. Le principal bénéfice avancé est que Chrome OS sera hyper-rapide à démarrer et ultra-sécurisé (du moins autant que Chrome). Le principal inconvénient est de… ne pas réellement proposer la même chose qu’un autre système d’exploitation.
Comparaison OS / Chrome OS
L’interface de Chrome OS ressemble donc forcément beaucoup à Chrome :
L'interface de Chrome OS
Les seules différences notables viennent des indicateurs de charge en haut à droite et de l’onglet d’applications en haut à gauche :
L'onglet applications de Chrome OS
Vous noterez la possibilité de « figer » des onglets pour vos applications favorites (Gmail, Google Docs…) :
Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS
Pour en savoir plus, je vous recommande cette vidéo sur la philosophie de l’interface :
Sinon dans les grandes lignes Chrome OS ne pourra pas être téléchargé et installé (il faudra utiliser un matériel spécifique dont nous n’avons pas encore les spécifications si ce n’est que ces machines devront être obligatoirement équipées de disques SSD), la version définitive ne sortira qu’en fin d’année prochaine mais le code source est d’ores et déjà disponible en open source.
Pour une revue plus complète des détails, je vous propose de lire ces articles :
Ce dernier article m’interpelle particulièrement car il est mentionné en fin d’article que tout ce que proposera Chrome OS sera également disponible dans Chrome (donc pour Windows, Mac OS…). Une information non-négligeable mais dont je n’ai trouvé confirmation nulle part ailleurs.
Chrome OS n’est qu’une pièce du puzzle
Si nous résumons bien : Google Chrome repose entièrement sur Chrome donc hérite de ses fonctionnalités, il ne tournera que sur du matériel adapté (visiblement au format netbook et sans disque dur) qui imposera le stockage en ligne (ils disent « data-on-the-cloud » parce que ça fait plus chic) et les applications en ligne (de préférence celles de Google). Chrome OS est donc la pierre angulaire de nombreux produits et services de Google que nous pouvons résumer avec l’équation suivante :
À cette liste devraient pouvoir s’ajouter les technologies en cours de finalisation (comme le protocole SPDY qui est censé améliorer les performances de HTTP ou encore O3D). En fait la liste est très loin d’être complète… du moment que cela ne rentre pas en concurrence avec Android, l’autre système d’exploitation de Google mais pour les terminaux mobiles. Peut-être est-ce cette proximité dans la gamme de produits de Google que les membres de l’équipes se sont sentis obligés de préciser que les futurs machines « compatibles » Chrome OS seraient au format netbook mais avec un écran légèrement plus grand (au moins 11″).
La répartition du marché selon Google
Donc si l’on décortique le schéma ci-dessus : les géants se battent pour les extrêmes (sur le segment des laptops et téléphones mobiles) alors que Google cible plutôt les offres intermédiaires (netbooks et tablets). Ce schéma prend tout son sens quand on apprend que Sergey Brin aurait évoqué à demi-mot la probable fusion d’Android et de Chrome Os dans un avenir proche : Brin evoque une fusion d’Android et Chrome OS.
Malgré ces précisions les premières réactions sont tout naturellement tournées vers l’impact de ce lancement (prochain) sur le marché des netbooks :
Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives : Chrome OS n’est pas réellement concurrent de Windows mais plutôt de Windows sur netbook.
Pas réellement un concurrent de Windows (ni de Mac OS)
Je rejoins tout à fait l’avis de Ars Technica sur le fait que les équipes de Google ont opté pour un positionnement radicalement différent de Windows (ou de Mac OS) : oubliez votre desktop, l’avenir de l’informatique est dans les nuages. Pour résumer une longue histoire disons qu’après 20 ans de règne sans partage, Microsoft a érigé des barrières à l’entrée tellement hautes autour de son Windows que plus personne ne peut prétendre l’en déloger. Il y a bien évidemment Apple mais son Mac OS n’a pas réellement cette ambition et se contente bien de son positionnement de niche (pour des raisons trop longues à lister dans cet article). Comprenez par là que Windows est et restera le système d’exploitation de référence pour les ordinateurs de type « desktop » et ce jusqu’à la disparition de ce segment de marché (probablement dans une dizaine d’années).
La disparition des desktops ? Oui tout à fait, les ordinateurs tels que nous les connaissons sont condamnés à disparaitre : trop cher à produire (surtout avec la raréfaction des matières premières à prévoir), trop gourmands en ressources, pas réellement adaptés à la réalité de ce que vont devenir les usages de l’informatique dans les années à venir. Le pari de Google est donc de se positionner en avance de phase et de miser sur la prochaine génération d’outils informatique : les netbooks XL. L’idée étant de ne pas faire supporter au client le cout de composants et logiciels permettant de supporter des tâches « lourdes » mais dont le grand public ne se sert quasiment jamais (Photoshop, montage vidéo, conception 3D…).
Regardez l’effervescence autour des médias sociaux (publication et partage de contenus, sociabilisation…) et des services « on-the-cloud » (données, musique…) et vous aurez une idée de ce à quoi ressemblera l’informatique grand public dans 10 ans. Bien évidemment il y aura toujours des « gros » ordinateurs pour faire tourner les applications professionnelles mais l’essentiel de ce que l’on pourra faire sera calculé sur des serveurs et délivré sur un machine « légère ». Alors vous pourriez bien me dire « peut-être mais moi je ne me séparerais jamais de ma musique que j’ai encodé avec mes petits doigts depuis ma médiathèque de 450 CD« , et je vous répondrais « ha mais moi non plus !« . Par contre ça sera complètement différent pour le commun des mortels (les djeunz de nos jours) qui n’ont jamais possédé de CD (ou encodé eux-mêmes des MP3).
Donc si je récapitule : la configuration de marché actuelle (majorité de desktops, minorité de netbooks) va s’inverser (majorité de netbooks, minorité de desktops). Il reste le cas particulier des jeux vidéos, principal vecteur de prescription des grosses configurations, mais quand on regarde la qualité des jeux auxquels il est possible de jouer en ligne (Dofus, Poptropica… et tout ce que nous réserve les Rich Internet Games), le raz-de-marée des casual / social games, la chute du prix des consoles… on se dit que cette configuration de marché là peut également changer (en évoluant notamment vers le cloud gaming).
Bref, l’avenir de l’informatique grand public est à chercher du côté des netbooks (pas des desktops) et Windows est plutôt mal parti de ce côté là, même avec Seven. Reste encore à Google à trouver l’équilibre entre prix, puissance et autonomie. Le facteur prix est forcément limité car la future tablet d’Apple va rafler le haut du marché (=> moins de 500 $). Le facteur autonomie est impérativement à privilégier pour se démarquer des laptops low-cost (=> plus de 8 h). Reste la puissance qui peut être modulée, et elle le sera à la baisse car il faudra impérativement doter ces machines compatibles Chrome OS d’une connexion permanente (Wi-Fi, 3G…) pour que l’alternative data-on-the-cloud soit à peu près crédible.
En tout cas le moins que l’on puisse dire est que ce positionnement radical divise la communauté :
Bref, il ne sera pas si simple de s’imposer sur ce créneau à fort potentiel. Et ce n’est rien de le dire car nous n’en sommes qu’aux prémices d’un changement radical dans notre façon d’exploiter l’outil informatique et les services en ligne. Changement tellement grand qu’il nécessitera plusieurs galops d’essais, et Google vient juste d’en faire un tout petit. Il reste donc un énorme travail à accomplir, et surtout un marché à faire évoluer.
Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros boitier moche qui trône au beau milieu de votre salon, celui-là même qui n’a quasiment pas évolué en 20 ans (si ce n’est quelques centimètres d’épaisseur en moins). Et bien figurez-vous qu’après des décennies de bons et loyaux services, la télévision s’apprête enfin à connaitre sa révolution. Non je ne veux pas parler de la haute définition (il s’agit « juste » de quelques pixels en plus) mais plutôt de la révolution des services accessibles au travers de cette télévision. Des services que l’on retrouvent ailleurs (ordinateurs, mobiles…) mais qui prennent un sens différent dans le contexte de l’écran de télévision.
Télévision + Internet = $
Souvenez-vous, il y a plus de 3 ans j’avais rédigé un article sur les intérêts croisés de la télévision et de l’internet : Internet = l’avenir de la télévision (et inversement). Il y était question des ambitions de conquêtes des grandes chaînes TV sur le net et des grands acteurs du net sur la TV. Ce sujet est toujours d’actualité mais la situation a largement eu le temps de mûrir :
NBC, FOX, ABC et Disney sont maintenant alliés pour diffuser leurs contenus sur le web au travers de Hulu (principalement des séries TV mais il est aussi question d’une offre payante : Hulu May Start Charging for Content in 2010) ;
Paramount, Lionsgate et MGM se sont également unis pour diffuser leurs films sur EpixHD ;
De nombreux constructeurs sont ainsi lancés dans une course à l’armement (Samsung, Philips, Sony…), mais également des industriels comme Intel (qui vient de lancer un processeur dédié à ce marché : Intel tries anew to built its smarts into TVs), des éditeurs comme Opera (et son navigateur Opera for TV) ainsi que des éditeurs de services comme Yahoo! avec sa Yahoo! Connected TV :
Les widgets de Yahoo! sur votre TV
Avec autant de gros acteurs sur le créneau, il faut croire que le marché à du potentiel. Mais ce n’est pas tout, car il sera bientôt possible d’intégrer bien plus de choses que des widgets dans votre télévision.
Notez que cela fonctionne aussi avec des contenus TV diffusés sur le net et regardés sur votre télévision à l’aide de boitiers comme la future Boxee Box (cf. The Boxee Box will rock your sox!). Vous seriez tenté de me dire « pourquoi ne pas tout simplement être devant sa télé à l’heure où le programme est diffusé ? » et je vous répondrais « non, l’époque de l’asservissement des spectateurs par les grilles de programme est révolue !« . Car les téléspectateurs sont également des internautes comblés, comblés par la praticité de l’internet et par sa dimension sociale que l’on ne retrouve absolument pas dans la télé à papa. Ces terminaux (et une connexion haut débit) permettront ainsi de réconcilier ces deux mondes : l’interactivité et la sociabilisation de l’internet avec les contenus de la télé (cf. The future of television: Social TV).
Pourquoi la TV est-elle l’avenir de l’internet ?
Tout simplement parce qu’il reste très peu de leviers de croissance sur le web. Comprenez par là que l’audience de l’internet est en croissante constante depuis ces dernières années mais que cette croissance va très bientôt se tasser à mesure que les foyers vont s’équiper. À partir de là, comment va-t-on faire pour gagner des parts d’audience ? Tout simplement en augmentant le temps d’exposition en multipliant les occasions de connexions. Et pour cela, rien de tel que la diversification des terminaux. Vous passez de moins en moins de temps devant les programmes de la télévision pour aller sur le net ? Qu’à cela ne tienne, ils sont en train de travailler dur pour injecter le web dans votre TV pour faire en sorte que vous ne bougiez pas vos fesses du canapé. Car c’est bien là qu’est l’enjeu : vous maintenir devant l’écran (et les coupures pubs).
Autant le mobile est l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de mobilité (ça fonctionne aussi avec les netbooks), autant la télévision est également l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de repos. Hé oui, car un autre enjeu de cette évolution est de pouvoir toucher les internautes dans un contexte différent (en mode « détente ») où les sites des concurrents ne sont plus réellement à un clic de souris vu que ces internautes n’ont pas de souris à portée de main (juste une télécommande améliorée).
Elle est donc là l’astuce : repackager les services en ligne dans un contexte où les internautes seront plus perméables aux messages publicitaires (moins méfiants). Devant votre ordinateur vous êtes alerte, concentré, prêt à fermer les pop-up ou à ouvrir un nouvel onglet si un site est trop long à charger. Dans votre canapé ça sera différent : vous serez détendu (plus de temps, plus de patience) et vous n’aurez pas du tout le même équipement (un navigateur équipé d’un bloqueur de bannière).
Faut-il se réjouir ou redouter ce scénario ? Il est encore trop tôt pour le dire. Ce dont je suis certain c’est que les publicitaires ne sont pas stupides et qu’ils seront faire preuve de subtilité pour ne pas nuire à cette nouvelle expérience de consommation de services en ligne au travers de votre télévision. D’autant plus que la concurrence sera rude (lire à ce sujet cet autre rapport de Forrester sur l’IP TV : European IPTV Forecast, 2009 To 2014) et que de nouveaux entrants vont également venir briguer la place en face du canapé (notamment les fournisseurs de cloud-gaming comme OnLive).
Croissance des parts de marché de l'IPTV
Moralité : Grâce au web, vous passez plus de temps devant votre TV (et devant votre mobile) (et sur votre netbook).
Toujours dans la série « coups de cœur », je vous propose ce soir une sélection de blogs que j’apprécie particulièrement d’un point de vue esthétique (pour le contenu c’est à vous de juger).
Commençons avec The Pixel Blog et son ambiance surréaliste :
Le blog The Pixel
Vous apprécierez le travail d’illustration réalisé sur le header ainsi que l’effet 3D sur le moulin. Je n’aime pas particulièrement les cadres des photos des rédacteurs mais je trouve très originales les séparations entre les billets ou les blocs de la colonne de droite. Et n’oubliez pas de jeter un œil au footer (donc en bas de page).
Il y a ensuite le blog du néo-zélandais Mark Forrester :
Le blog de Mark Forrester
Ne vous laissez pas leurrer par l’aspect enfantin des dessins, il y a un gros travail de réflexion sur l’harmonie des couleurs, sur le traitement graphique des titres (avec un effet de pliure sur le rebord du cadre), sur les blocs en pointillés de la colonne de droite… Bref, plein de petits détails à apprécier (idem, ne ratez pas le footer).
Ambiance polar et lunettes noires avec un traitement graphique anguleux mais inimitable (jusqu’au fond de page pixelisé). Détails sympathiques : l’effet de profondeur du header (au survol de la souris) de même que le QR code dans le footer.
Grosse surprise ce matin en découvrant cette annonce singulière, Google lance son propre langage de programmation open source : Go. Une annonce qui tombe comme un cheveux dans la soupe dans la mesure où la semaine a été chargée (rachats de Admob et Gizmo5, lancement des Dashboards personnels, Wi-Fi gratuit dans les aéroports US pendant les vacances de fin d’année, baisse des prix du stockage en ligne, historique des déplacement avec Lattitude…). Bref, c’est un véritable déluge d’annonces et là… « à au fait, nous lançons notre langage de programmation« .
Je ne suis pas un expert mais voici dans les grandes lignes la description de ce Go :
C’est un langage compilé (donc pas comme javascript) très proche du C mais intégrant une notion d’héritage (donc concurrent du C++) ;
Il est censé répondre à une demande croissante de développeurs qui sont coincés entre la rigueur de Java et le manque de sophistication / puissance de PHP ;
Il correspond mieux à la réalité de l’informatique en 2009 (parralel computing, processeurs multi-coeurs…) ;
Il va permettre de diminuer le temps de programmation et de compilation (le contraire m’aurait étonné) ;
Il propose une syntaxe très particulière mais révolutionnaire (merci de me donner votre feedback là-dessus) ;
Dans la mesure où ce n’est pas mon métier je ne peux pas me prononcer sur les qualités ou le potentiel de ce nouveau langage. Mais en tout cas il y a plusieurs choses que je sais :
Go n’est pas un projet d’entreprise mais un projet issu des 20% de R&D accordé à chaque employé ;
Go a nécessité deux ans de développement mais n’est utilisé dans aucune application de chez Google (les équipes utilisent surtout C++ et Python) ;
Nous sommes toujours en attente de nouveautés concernant d’autres initiatives maison comme Native Client ou O3D.
Bref, oserais-je dire que Google se disperse ? Non je n’oserais pas, ma paranoïa me pousserait plus à dire que Google fait du bruit pour brouiller les pistes et garder un maximum d’opacité sur ses projets d’envergure. En d’autres termes, Go est un des arbres qui cache la forêt.
Quelle forêt ? Hum… il y a en fait plusieurs grands axes stratégiques sur lesquels Google travaille :
Le marché de la publicité et des mots-clés (la vache à lait de Google avec les régies DoubleClick et AdMob) ;
Les équipes de Google risquent-elles de s’essouffler avec un tel rythme de diversification ? Non pas réellement dans la mesure où totu ceci est contrôlé (pas plus de 20% du temps des employés) et qu’ils peuvent se permettre de faire des erreurs (cf. Les acquisitions ratées de Google).
Je peux me tromper mais je suis persuadé que tout ceci (les annonces) cache un plan beaucoup plus ambitieux.
Ce mois-ci dans ma sélection de boutiques en ligne « coup de cœur » je vous propose, ne fois n’est pas coutume, deux sites français (cocorico !).
–PUB–
Si vous vous intéressez au commerce en ligne alors ne ratez sous aucun prétexte la cinquième édition de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité qui se déroulera à Paris le jeudi 12 novembre prochain sur le thème suivant : Ergonomie et e-commerce > Inscription gratuite.
–PUB–
Commençons notre série avec Timefly, une boutique en ligne de montres « branchées », lancée par Benoit du blog Imazine :
Page d'accueil du site Timefy
J’apprécie particulièrement le design épuré, le contraste du noir&blanc et du fond bleu, les arrondis, les ombres hachurées… qui donnent à ce site une empreinte graphique inédite. Vous remarquerez que je me suis abstenu de critiquer les liens qui sont en noir non souligné (sacrilège !).
Continuons avec Headict, une boutique de chapeaux-bonnets-casquettes :
La page d'accueil de Headict
Je suis tout de suite tombé amoureux de ce large bandeau sombre en ouverture de page, de l’utilisation de personnages historiques en guise de mannequins, de l’iconographie, de la cohabitation du noir et de l’orange. Un mélange détonnant au service d’une mise en page épurée pour un résultat très réussi.
Terminons avec Hardee’s, une marque de hamburger qui propose une page d’accueil très immersive :
La page d'accueil de Hardee's
Vous noterez la position atypique du logo (en bas au centre), l’énorme barre de navigation avec ses gros pictogrammes, le bas arrondi du cadre qui fait penser à un sourire et l’effet d’optique de la scène centrale au survol de la souris. Rien de très spectaculaire mais un rendu agréable et accrocheur.
–RE-PUB–
Vous avez aimé ces exemples ? Alors inscrivez-vous à la cinquième édition de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité (le jeudi 12 novembre prochain à Paris) où vous pourrez apprendre de nombreuses choses sur l’ergonomie des boutiques en ligne et des sites mobiles, les techniques persuasives et la conception orientée transformation : Inscription gratuite.
Au début des années 90, un concept curieux a fait son apparition : l’auto-marketing. L’idée étant que les clients allaient eux-mêmes choisir (concevoir) les produits qu’ils allaient acheter. Ce concept a trouvé un écho notable au début des années 2000 avec la vague du marketing 1to1 (« marketing individualisé » en français) où il était question de personnaliser l’offre de façon tellement fine que les prospects ne pouvaient refuser ce qu’on leur proposait.
Plus tard, nous avons vu apparaitre des boutiques en ligne d’un nouveau genre où les client participaient de façon active à la conception des produits : LaFraise pour des T-shirt, Lego pour des constructions, Ponoko pour les objets artisanaux, Crowdspirit pour des produits électroniques… aujourd’hui le crowdsourcing semble donc être le modèle le plus proche de l’auto-marketing. Pourtant je suis persuadé que nous pouvons aller plus loin, beaucoup plus loin… notamment grâce à l’open innovation, aux pro-ams et aux marques grises.
Open source et open hardware viabilisés par la communauté
Le modèle open source nous a ainsi démontré qu’il est tout à fait possible de concevoir, développer et distribuer des produits performants en ayant recours à la communauté. Bien évidemment il faut une communauté savamment orchestrée et stimulée pour que cela fonctionne sur la durée mais des exemples comme Linux, Mozilla ou Apache nous prouvent que c’est possible, d’autant plus avec un média de masse comme le web.
Plus récemment nous avons vu des expérimentations tout à fait intéressantes du modèle open source appliqué non pas aux logiciels mais à des produits génériques : l’open hardware. L’idée étant de publier librement les schémas de conception d’appareils et de compiler les contributions de la communauté pour améliorer ce schéma et surtout trouver un moyen de production viable.
Il existe ainsi le cas de cette machine à laver (Open source Washing Machine), cette surprenante console de jeu portable open source (la GP2X) ou encore le Touch Book, le premier netbook dont les spécifications matérielles sont disponibles :
Le Touch Book, un netbook open source et open hardware
Pour le moment le résultat ne dépasse pas la qualité des produits commercialisés par les marques, mais avec le temps il se peut que certains des produits que nous utilisons au quotidien soient remplacés par des équivalents génériques et open-source (personnellement je rêve d’un four à micro-ondes Mozilla qui remplacerait ma grosse daube chinoise).
Reste également le problème de la fabrication qui doit répondre à une logique de masse pour être viabilisée (plus vous construisez d’unités et moins ça coute cher) mais avec une communauté motivée, il est même possible de crowdsourcer la publicité (souvenez-vous de la campagne de promotion de Firefox 3).
La Rally Fighter, première voiture issue du crowdsoucing
Un bel exemple de matérialisation du concept de crowdsourcing appliqué à un produit très complexe.
Pro-ams consacrés par les médias sociaux
Autre tendance lourde de ces dernières années : les pro-ams, ces amateurs ayant réussi à quasi-professionnaliser leur activité grâce à l’audience qu’ils ont acquis auprès des médias sociaux. Citons ainsi ces blogueurs devenus éditorialistes (cf. Peter Cashmore de Mashable, Peter Rojas de Gizmodo et Engadget…), ces blogueuses culinaires réussissant à vivre de leur passion en vendant des livres (Scally…), ces livecasteurs devenus animateurs TV (comme iJustine), ces chanteurs auto-produits (comme Grégoire)…
Bref, avec du talent et un savant usage des médias sociaux, il est possible de rapidement se créer une visibilité suffisante pour en vivre. En d’autres termes : convertir de l’audience en revenus.
Prenons maintenant l’exemple de blogueuses « modes » et autres chasseurs de tendances (Deedee, Betty…). Pour le moment ils génèrent des revenus avec de la publicité ou de l’affiliation, mais pourquoi ne pourraient-ils pas devenir créateurs et lancer leur propre marque ? Tout simplement parce que derrière chaque marque il y a une dynamique industrielle (pour la production) et une logistique en béton (pour la distribution et le CRM). Est-ce que la clé de tout ceci serait l’adossement à une marque ? Peut-être bien.
De la marque blanche à la marque grise
Vous connaissiez déjà les marques blanches dont les enseignes de distribution sont particulièrement friandes (après tout, on ne peut pas s’inventer producteur de biscuits, de confiture, de pulls en laine polaire…), mais connaissez-vous les marques grises ? Et pourtant vous en avez déjà croisées : « Powered by… » ça vous dit quelque chose ?
L’idée est simple : mettre la capacité de production / le savoir-faire d’un industriel au service d’une marque qui valorise le capital-confiance durement acquis auprès de ses clients. Illustration avec mon four où se côtoient les marques du fabricant et du distributeur :
Un four "from Whirlpool for Ikea"
Dans le monde du web nous connaissons cela depuis longtemps avec notamment les grands moteurs de recherche qui propulsent les fonctions de recherche des petits sites :
Dans ces deux cas de figure, c’est la réunion de la marque hôte (celle qui maitrise le contact-client) avec un industriel / spécialiste (celui qui maitrise la technologie et/ou la capacité de production) qui fait des merveilles : échange audience et confiance contre savoir-faire et crédibilité.
Inversez le rapport de force (la marque s’efface au profit de la communauté) et vous obtenez un best-seller de niche.
Du crowdsourcing au social branding
Poursuivons la réflexion avec cet exemple de soupe : une blogueuse culinaire qui élabore des recettes, les fait produire par un industriel et en assure la promotion au travers de son blog. Surréaliste ? Pas tant que ça, en fait cet exemple n’est plus farfelu que celui d’un blogueur high-tech qui se mettrait à concevoir et produire son propre tablet PC : le Crunchpad (cf. TechCrunch Tablet makes an early debut).
Le TabletPC de TechCrunch
Dans ce cas de figure, le fabriquant est complètement éludé, mais ce projet gagnerait en crédibilité s’il y avait une marque crédible pour cautionner le tout (« Power by Asus / Toshiba / …« ).
Avec un peu d’ambition et une petite prise de risque, cet exemple pourrait être étendu à d’autres domaines d’activité :
Les plats cuisinés (où vous remplacez Cyril Lignac par votre blogueuse favorite) ;
Les produits financiers (où vous confiez l’élaboration et le suivi d’une SICAV par un analyste / blogueur) ;
Les fringues (où vous substituez Karl Lagarfeld par votre chasseuse de tendance préférée)…
Les exemples sont nombreux, il faut juste trouver la bonne configuration de marché pour faire se rencontrer une audience (restreinte) et un produit en petite série (du moins bien plus petite que dans la grande distribution). Tout est une question de maitrise des couts de production et de distribution mais comme « small is the new big« , tout est possible !
Pour des produits plus complexes, une seule personne ne peut assumer la conception / promotion, mais encore une fois, une communauté bien orchestrée peut venir à bout des marques les plus puissantes. D’ailleurs le sont-elles réellement (puissantes) ? Prenons les cas de figure suivants :
Dans l’automobile, depuis combien de temps n’avez-vous pas été bluffé par un nouveau modèle (un qui ne soit pas un mélange de modèles concurrents issus eux-mêmes de compromis) ? ;
Dans l’informatique, voilà près de 2 ans que les constructeurs s’arrachent les cheveux sur un netbook réussissant le grand écart entre puissance et mobilité (sans trop y parvenir) ;
Dans l’électronique, depuis combien de temps attendons-nous un baladeur MP3 capable de détrôner l’iPod ? Idem dans la téléphonie avec un smartphone open-source « crédible » (cf. The quest for a truly open smartphone: can it be done?)…
Là encore les exemples sont nombreux et il suffit d’une communauté suffisamment bien organisée et motivée pour… pour quoi déjà ? Détrôner le leader ? A-t-on réellement besoin d’être le N°1 sur son segment pour être viable ? Non, bien sûr que non puisqu’il est juste question de lancer une offre alternative (qui permettrait au constructeur de rentabiliser ses investissements industriels). Avec une communauté solide, il est tout à fait possible de créer une marque forte qui soit synonyme de stabilité, d’intégrité et de confiance (Linux, Mozilla…). Adossez-lui un industriel reconnu (« Powered by…« ) et vous pouvez sans aucun problème grappiller quelques parts de marché et stimuler les marques historiques (au bénéfice des clients). L’idée ici n’est pas de tirer les prix vers le bas mais plutôt de tirer la qualité vers le haut.
Nous avons déjà vu des exemples de marques générées par les utilisateurs dans Second Life, je suis intimement persuadé qu’il est tout à fait possible de faire la même chose IRL (« In Real Life« ). Les experts avaient prédit ça pour 2012 (cf. The Future of The Social Web) mais je pense que les conditions de marché sont réunies.
Si vous avez des exemples, merci de publier les URL dans les commentaires.