Archives pour le mois septembre 2009

Compte-rendu du salon E-commerce Paris 2009

En ce moment se déroule la grande messe du commerce en ligne : le salon E-commerce Paris 2009 à la Porte de Versailles. 450 exposants et 250 conférences ça fait du monde, beaucoup de monde, beaucoup beaucoup de monde, il faut croire que la grippe n’effraie pas les visiteurs.

Premières impressions

Dans les faits, ça ressemble à un immense village de stands où une foule compacte se bouscule aux carrefours, il y fait une chaleur terrifiante et le brouhaha des conversations dans les allées se mêlent aux grondements des orateurs des salles de conférences réparties en périphérie du hall.

Les allées du salon E-commerce
Les allées du salon E-commerce

Donc au final ça se bouscule et ça casse les oreilles, deux signes qui me font dire que le commerce en ligne se porte bien, très bien même au vu de l’affluence sur cet évènement. Qui s’en plaindrait ? (peut-être ceux qui ont fait 1/2 H de queue pour acheter un sandwich hors de prix)

Impossible pour moi d’assister aux conférences car j’avais trop à faire dans les allées et les stands où l’on trouve de tout : du petit stand partagé par plusieurs start-ups au giga-stand avec hôtesses aux longues jambes et gros dirigeable pour être vu de plus loin (je précise que les gros dirigeables font référence aux… gros dirigeables gonflables comme on peut le voir sur la photo au dessus).

Les hôtesses à l'entrée du salon
Les hôtesses à l'entrée du salon

Un très large spectre d’éditeurs et prestataires sont représentés : solutions technologiques, référenceurs, plateformes d’affiliation, comparateurs de prix, spécialistes en marketing de la performance, logisticiens, solutions de paiement… il y en a pour tous les gouts et l’organisation avait eu la bonne idée de proposer des « parcours » thématiques.

Les Packshot Creators qui permettent de faire des photos à 360° d'un produit
Les Packshot Creators qui permettent de faire des photos à 360° d'un produit

Des comptes-rendus sont déjà disponibles sur d’autres blogs : Salon e-commerce 2009 Paris : Suivez l’évènement en direct et Une chasseuse de têtes en promenade sur le salon e-commerce.

Rencontres et interviews vidéo

Lors de mes déambulations dans le salon j’ai eu l’occasion de discuter avec différents acteurs et même d’entamer une série d’interviews vidéo. Autant vous prévenir tout de suite : le choix des personnes et sociétés interviewées est purement arbitraire, il correspond à mes centres d’intérêt du moment (rich comemrce, social marketing, mobilité et open source).

Pour le moment je n’ai pu mettre en ligne que deux interviews vidéo mais la suite viendra demain. La qualité sonore laisse à désirer mais il faudra vous en contenter car il est hors de question que je me trimballe tout un attirail :

Cocktail de blogueurs

Durant le salon les organisateurs ont eu la gentillesse de mettre à notre disposition un coin du salon VIP pour pouvoir réunir quelques blogueurs autour d’un buffet :

Cocktail de blogueurs au Salon E-commerce 2009
Cocktail de blogueurs au Salon E-commerce 2009

L’occasion pour nous (les blogueurs) de discuter de l’actualité du commerce en ligne, d’échanger nos impressions sur le salon et surtout d’entamer la rédaction d’un petit ouvrage collectif sous la forme d’un recueil d’avis. Nous avons déjà collecté une vingtaine d’avis (avec le Capitaine Commerce) et nous en attendons d’autres pour pouvoir finaliser ce document qui sera bientôt diffusé (normalement la semaine prochaine).

Déambulations dans les allées

Le deuxième jour a été l’occasion pour moi de rencontrer d’autres personnes et d’approfondir les discussions entamées la veille.

Les allées du salon le deuxième jour
Les allées du salon le deuxième jour

Les quelques personnes avec lesquelles j’ai pu partager mes impressions ont toutes été d’accord pour dire que les offres et prestataires d’acquisition de trafic sont sur-représentés par rapport à ceux qui travaillent la partie aval du parcours client. Cela reflète très certainement une réalité du marché où les dépenses sont beaucoup plus importantes pour créer / acheter du trafic et beaucoup moins pour optimiser / transformer (analyse de la performance, amélioration du potentiel de transformation, relance sur paniers abandonnés).

Autre forte impression : le foisonnement autour du mobile, aussi bien les prestataires de développement de sites mobiles et autres applications pour smartphones que les solutions de tags mobiles :

Un Flashcode géant sur le stand de MobileTag
Un Flashcode géant sur le stand de MobileTag

Mais j’aurais l’occasion de détailler mes propos lors d’un prochain billet qui parlera de mes impressions post-salon.

E-commerce Awards 2009

En fin de journée nous avons eu droit à la remise des prix des E-commerce Awards dont je faisais parti du jury.

Salle comble pour les E-commerce Awards
Salle comble pour les E-commerce Awards

Sans plus attendre, les résultats :

  • Catégorie « Technologies » = Squid Solution (dataming de données client sur des très grosses bases) ;
  • Catégorie « Confiance en ligne » = Absolu Telecom (solution de paiement via mobile) ;
  • Catégorie « Digital Marketing » = Beez’Up (solution pour gérer la présence de vos produits sur les comparateurs, régies…) ;
  • Catégorie « Innovations » = WorkIT (plug-in de comparaison de prix pour votre navigateur) ;
  • Catégorie « Logistique » = Top Chrono (livraison dans la journée) ,
  • Catégorie « International » = Twenga (comparateur de prix dans toute l’Europe et même plus) ;
  • Catégorie « Mobile » = GS1 (lecteur de code à barres sur mobile) ;
  • Catégorie « Relation Client » = FeedBack 2.0 (suggestions d’évolution collaboratives et dialogue clients / marque) ;
  • Catégorie « Nouveaux Services E-marchands » = Proxi Business (Banque alimentaire adaptée au commerce en ligne).

Signalons que le grand prix a été décerné à FeedBack 2.0 pour le caractère innovant de la solution (communautaire, participatif) et pour les belles références. Ici la photo de l’équipe avec Paul de 2xmoinscher.com qui utilise la solution (à droite sur la photo) :

Le grand prix pour FeedBack 2.0
Le grand prix pour FeedBack 2.0

Un grand bravo à tout ceux qui ont soumis leur dossier.

La suite de la soirée s’est ensuite déroulée dans un bar branché (du moins je crois) de la capitale. Ambiance cosy et musique à fond pour des discussions moins formelles et surtout beaucoup de monde dehors en train de fumer :

Le coin fumeurs de la soirée E-commerce Awards
Le coin fumeurs de la soirée E-commerce Awards

Ouf, je n’ai pas le courage d’y retourner pour une troisième journée mais je garde un souvenir intense de ce salon. La suite de ce compte-rendu dans quelques jours avec une analyse à froid des tendances 2009 du commerce en ligne.

Mes 3 sites marchands coup de coeur (Septembre 2009)

Comme le commerce en ligne est à l’honneur cette semaine avec le Salon de E-commerce et la rencontre Blog2Blog, je vous propose une petite sélection de boutiques en ligne qui m’ont tapé dans l’œil.

Commençons avec BambinoDirect, une boutique d’articles pour bébés tout en couleurs pastel :

La page d'accueil de BambinoDirect
La page d'accueil de BambinoDirect

La grille de lecture bien marquée et les blocs multicolores procurent beaucoup de dynamisme à cette page d’accueil. Les coins arrondis permettent… d’arrondir les angles de cette grille et de ne pas provoquer de sensation d’enfermement. Quoi que… la page d’accueil est tout de même très dense mais fonctionne bien. Le N° de téléphone et le panier sont très bien intégrés, l’entrée dans la base des produits est facilitée par les cartouches de la colonne de gauche.

Dans le même registre il y a Boots, une enseigne de parapharmacies en Angleterre :

La page d'accueil de Boots
La page d'accueil de Boots

Les recettes sont à peut prêt les mêmes que dans l’exemple précédent : grille de lecture marquée, couleurs pastel, coins arrondis… J’apprécie le header un peu plus structuré, le bandeau de navigation avec un plus fort contraste et la carrousel géant qui occupe les 3/4 de la page. On retrouve de plus quelques éléments graphiques d’incitation qui sont le bienvenus comme les pictos (>).

Je garde le meilleur pour la fin avec Saddleback Leather, une incroyable boutique de sacs de voyage en cuir :

La page d'accueil de Saddleback Leather
La page d'accueil de Saddleback Leather

La texture « imitation cuir » du fond de page, du logo et des onglets procurent une incroyable sensation tactile : on a envie de toucher le grain du cuir ! Je passe sur la très bonne lisibilité et sur la grille déstructurée car le plus intéressant se trouve à l’intérieur avec le blog du patron, un authentique globetrotteur passé maitre dans l’art du storytelling et qui n’a pas hésité à faire passer à ses sacs des tests « grandeur nature » (écrasé par un éléphant, mordu par un crocodile…). Il est tellement sûr de la qualité de ses produits qu’il se paye même le luxe d’afficher la liste des ses concurrents (WTF?!?).

Vous apprécierez au passage le contenu illustratif du Messenger Bag : un porte document, un ordinateur portable et… deux pipes, dès fois qu’il y en ai une qui se bouche lors de votre déplacement (catastrophe !). J’adore, pas vous ?

Réalité augmentée, la revanche de l’Europe sur le Mobile 2.0

Il y a 10 ans j’avais rédigé un livret blanc sur l’internet mobile qui se voulait très optimiste, à l’époque les foyers d’innovation se situaient en Asie et en Scandinavie. Je pense qu’il n’est pas faux de dire que dans les années qui ont suivies, la « révolution » de l’internet mobile a fait long feu en Europe continentale. Puis il y a eu le BlackBerry et l’iPhone et là le rapport de force s’est inversé : l’Amérique du Nord est devenu moteur pour ce que l’on peut appeler la révolution des smartphones.

Sur les deux dernières années, Apple s’est ainsi imposé comme figure de proue d’une nouvelle génération de terminaux et d’usages mobiles. Entre temps, des géants comme Nokia et Ericsson ont très largement perdu leur avance (du moins sur le terrain de l’innovation) et les industriels asiatiques sont pour le moment plus préoccupés par le lancement de la 4G et la montée en puissance de la Chine « mobile » que par l’innovation adaptée aux marchés européens.

Bref, ces dernières années l’Europe avait très clairement perdu le leadership sur le mobile. Et voilà qu’en quelques mois tous les yeux se braquent à nouveau vers le vieux continent et plus précisément vers une poignée de start-ups européennes qui sont en train de révolutionner les usages mobiles à l’aide d’applications de réalité augmentée.

Les start-ups européennes leaders sur le créneau de la réalité augmentée en situation de mobilité

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter il y a deux mois différentes applications de réalité augmentée comme le nouvel eldorado des smartphones. Cette tendance se confirme avec une accélération très nette de l’innovation et un certain nombre de produits et services qui arrivent à maturité. Et notamment les navigateurs de réalité augmentée (« Augmented Reality Browser« ) qui permettent de consulter les contenus « augmentés » qui sont superposés à ce que vous voyez au travers de l’objectif de votre smartphone.

Il y a tout d’abord les hollandais de SPRXmobile qui proposent de nombreuses innovations à leur Layar Reality Browser :

Réalité augmentée en 3D chez Layar
Réalité augmentée en 3D chez Layar

Il y a ensuite les autrichiens de Mobilizy qui poussent l’interopérabilité :

La réalité augmentée standardisée avec ARML
La réalité augmentée standardisée avec ARML

Mais il faut également compter avec les anglais d’Acrossair qui proposent également un produit similaire (Acrossair Browser)

:

Le navigateur AR d'Acrossair
Le navigateur AR d'Acrossair

Et pour finir n’oublions pas de citer les français de Presselite qui ont été les premiers à distribuer à grande échelle une application de réalité augmentée sur l’iPhone avec Métro Paris et qui sont en train de décliner leur technologie sur toutes les plus grandes capitales. Ils viennent de plus de sortir une application plus généraliste (moins dépendante du métro) baptisée Bionic Eye.

Application de réalité augmentée sur iPhone
Application de réalité augmentée sur iPhone

Bien évidemment ils ne sont pas les seuls sur le marché car il y a également d’autres acteurs comme les japonais de Tonchidot et leur Sekai Camera (ils sont membres de l’AR Consortium) et les américains de RobotVision.

Je sais bien que je pêche parfois par euro-optimisme, mais je pense que nous pouvons être très fiers de nos start-up européennes pour les progrès et l’avance qu’elles ont pris dans ce domaine (et je ne vous parle même pas de Total Immersion, les pionniers dans ce domaine).

La réalité augmentée sur les smartphones a-t-elle de l’avenir ?

Mais oui enfin elle a de l’avenir, ne serait-ce que par le nombre de possibilités offertes : 17 fields of Augmented Reality Applications et 16 Top Augmented Reality Business Models.

Vous pourriez également me dire que cela ne concerne que les possesseurs de smartphones et que c’est un petit marché. Détrompez-vous car les smartphones représentent près de 25% du marché des mobiles. Selon la société Admob, il y aurait en effet plus de 1,8 million d’iPhone en circulation en France et les mobiles tournant sous le système d’exploitation Android totaliseraient près de 5% de parts de marché. En additionnant le tout, nous obtenons un marché cible de 3 millions de personnes (hors terminaux BlackBerry).

3 millions de personnes c’est moins de 5% de la population française, mais c’est le haut du panier des utilisateurs mobiles : ceux qui ont les plus hauts revenus (pour se payer le combiné et l’abonnement qui va avec), le plus haut niveau d’éducation (pour s’y retrouver dans l’installation et la gestion des widgets) et surtout l’ARPU le plus élevé (« Average Revenu per User« ).

Bref, le smartphone est LE terminal qui va tirer vers le haut les applications mobiles (géolocalisation, m-commerce…) et la réalité augmentée est LE support qui attire le plus l’attention des médias et de la blogosphère (donc des annonceurs). Et sur ce créneau, pas de doute les européens sont revenus dans la course.

Restent encore quelques « complications » à surmonter :

Petit conseil à l’attention des annonceurs : Vous avez déjà une application Facebook et vous hésitez à ouvrir un compte sur sur Twitter ? Passez directement à l’étape suivante et lancez-vous dans la réalité augmentée.

Hypothèses sur le rachat d’Omniture par Adobe

La nouvelle est tombée la semaine dernière et a surpris tout le monde : Adobe met la main sur Omniture pour un montant de 1,8 milliard de dollars (Adobe to Acquire Omniture). Officiellement il est question de synergies (bla-bla-bla) mais les avis de spécialistes sont unanimes pour dire qu’il y a d’autres raisons à ce rachat et surtout au montant de ce rachat.

Pour mémoire rappelons qu’Omniture est (était) un des deux géants de l’analyse d’audience avec Webtrends et qu’ils se sont illustrés ces dernières années par une politique d’acquisitions agressives : Omniture rachète Visual Science (qui avait fusionné avec WebSideStory). En quelques années nous sommes ainsi passé d’un marché atomisé à une configuration de marché tout à fait particulière suite à un phénomène de concentration (entre éditeurs) et au mercato auquel se sont adonnés les grands de ce monde (Google avec Urchin pour donner naissance à Google Analytics, Yahoo! avec IndexTools qui devient Yahoo! Web Analytics). Outre Webtrends, il reste maintenant nettement moins de solutions « indépendantes » comme par exemple CoreMetrics, Unica ou encore Nedstat.

Mais revenons à nos moutons avec cette histoire d’acquisition et la grande question : Pourquoi payer un tel montant ? Après tout Microsoft a bien développé son propre outil (AdCenter Analytics), Adobe aurait pu faire de même (Adobiture – Brave and measured or foolish?). La réponse semble toute bête : Adobe était pressé, ils avaient du cash en banque et Omniture était en situation difficile (More color on Adobe + Omniture). La belle affaire !

Développer des synergies entre les métiers de la création et ceux du marketing

Plus sérieusement, la raison invoquée est de pouvoir intégrer de façon plus efficace la mesure d’audience dans l’ensemble du processus avec un outil de pilotage faisant le lien entre les différents métiers (créatifs, producteurs, régies, agences, annonceurs…). Il est donc ici question d’étendre la gamme avec des solutions à chacune des étapes : Creative Suite pour la création, Flash Platform pour la distribution, Site Catalyst pour l’optimisation.

L’intégration d’Omniture permettrait à Adobe de faire plus que de l’analyse quantitative sur les contenus rich media, de faire de l’analyse qualitative pour mieux séduire les annonceurs (cf. What Adobe’s Weird Omniture Acquisition Means for Advertising). L’intégration au sein d’Adobe permettrait aux équipes d’Omniture d’acquérir de l’expérience sur les contenus vidéo ainsi que les interfaces riches et mobiles (cf. Omniture and Adobe – a first take).

Ceci étant dit, on se repose la question de savoir s’il n’aurait pas été plus simple de développer des marqueurs génériques ou de monter une solution « maison ». Encore une fois peut-être est-ce purement opportuniste de la part d’Adobe qui ne voulait pas se faire prendre de vitesse par les autres poids lourds (Google, Microsoft…).

Changement de mentalité, changement de métier

Venons-en maintenant à des raisons plus profondes et notamment les mentalités chez Adobe, ou plutôt les modèles économiques. Pendant des décennies Adobe a « pratiqué » la vente de licences et les équipes doivent maintenant adopter de nouvelles méthodes (et mentalités) pour vendre du service. Le fameux Software-as-a-Service qui permet de mieux fidéliser les clients et de lisser les revenus sur l’année. Cette acquisition se place donc dans la continuité d’acquisitions de fournisseurs de solutions SaaS (Scene7, GoodBarry) et devrait permettre à Adobe de récupérer des clients grands comptes facturés en mode SaaS (cf. Adobe Flexes Its Online Muscle and Acquires Omniture).

Par projection nous pourrions donc logiquement nous dire que la prochaine acquisition d’Adobe concernera la pièce manquante de son puzzle : une solution de gestion de contenu d’envergure. Au choix : Interwoven ou pourquoi pas OpenText qui a récemment avalé Vignette.

Attendons et observons…

Venez discuter de l’avenir du commerce en ligne au cocktail BLOG2BLOG sur le salon du Ecommerce

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler du Salon E-commerce Paris 2009 qui se tiendra les 29, 30 septembre et 1er octobre prochain à Paris. E-business, l’organisateur du salon, nous propose une rencontre entre blogueurs le mardi 29 septembre de 14h à 15h30. L’idée derrière cette rencontre est de pouvoir se rencontrer physiquement pour échanger nos points de vue (cf. le billet du Capitaine Commerce : Cocktail BLOG2BLOG au salon du Ecommerce Paris 2009).

Plus sérieusement j’aimerais monter un projet collectif entre blogueurs sous la forme d’un petit livret blanc autour de la thématique E-commerce. Rien de très ambitieux, juste une compilation du ressenti des blogueurs présents au salon sur les tendances du moment en matière de commerce en ligne et sur les hypothèses d’évolution. Normalement le recueil des avis de chacun ne devrait pas prendre plus d’1/2 heure, l’organisation se chargera ensuite de compiler les avis et d’éditer un livret blanc que nous co-signerions (pour diffusion ultérieure via nos blogs).

Voilà donc deux très bonnes raisons pour vous inscrire (car l’inscription est obligatoire à cause du plan Vigipirate) en laissant vos noms, prénoms et URL dans les commentaires. Venez nombreux, c’est gratuit.

Mes 3 sites coup de coeur en noir et blanc du moment (septembre 2009)

Je ne sais pas si c’est la saison mais en ce moment je croise de nombreux sites qui me font craquer, à tel point que je suis obligé de faire des catégories pour pouvoir tous vous les présenter. J’ouvre donc une série « coups de cœur minimalistes » ou « coups de cœur en noir et blanc ».

Commençons avec le site d’Alastaire Allday, un rédacteur pas peu fier de sa cigarette :

Le site d'Alastaire Allday
Le site d'Alastaire Allday

J’apprécie particulièrement le large visuel de même que le choix de la typographie. Beaucoup d’espaces blanc, un très bon contraste sur le bouton « Next Page » et un bandeau de navigation très sobre qui remonte en pages intérieures. Aucune faute de gout sur ce site, par contre le gilet et la coupe de cheveux sont à revoir !

Continuons avec le site de l’agence Rikcat Industries :

La page d'accueil de Rikcat
La page d'accueil de Rikcat

Une grille de lecture beaucoup plus formelle pour cette page d’accueil qui présente tout de même des très belles proportions. Comme toujours sur les sites minimalistes il y a un très beau travail sur la typographie. Vous apprécierez au passage des détails très élégants comme le contour des illustrations, les pictos retravaillés en bas de page (carrés et en N&B) ainsi que le rouge au survol des liens et du logo. Assurément un sans faute.

Terminons avec un autre site d’agence, celui de Chama Inc :

Le site de l'agence CHama Inc.
Le site de l'agence Chama Inc.

Un site très épuré et très simple (une seule page qui s’étire en hauteur). Une typographie très stylisée pour la baseline et de larges gouttières pour centrer l’attention sur le texte. Quel dommage que la bas de page soit si coloré !

Prochain Yulbiz Paris : mercredi 23 septembre

Les Yulbiz sont de retour à Paris avec une soirée dès la semaine prochaine : mercredi 23 septembre à partir de 20 H au Bon Pêcheur (9 rue des Prêcheurs, 75001 Paris – Mo Châtelet Les Halles).

L’inscription est gratuite, il vous suffit de déposer une commentaire sur le site officiel : Yulbiz Paris N°7 : 23 septembre 2009 au Bon Pêcheur. La question de la soirée portera sur la thématique Entreprise 2.0 : “Les outils de collaboration peuvent-ils générer du business ?“.

Pour celles et ceux qui découvrent le concept, les Yulbiz sont des soirées de blogueurs d’affaires qui vise a favoriser le réseautage et la pratique des blogs dans un contexte professionnel. On y parle donc beaucoup « boutique » et business mais le ton est très informel (cravates interdites et tutoiement de rigueur).

Je vous donne donc rendez-vous mercredi soir. Je suis très content de pouvoir renouveler ces rendez-vous et je remercie Émilie et Fadhila pour avoir orchestré cette prochaine rencontre.

Cette nouvelle édition des Yulbiz s’accompagne malheureusement d’une bien triste nouvelle : le décès récent de Renée Wathelet, co-fondatrice de ces rencontre (Le deuil d’une très grande dame) que j’avais croisé lors d’une soirée à Montréal. Je présente mes sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Mauvais design = Facteur de propagation rapide ?

En ce début de semaine j’ai vraiment l’impression que c’est l’ébullition autour de la nouvelle version du site de Ségolène Royal (DesirsDavenir.org). Comme je me sens concerné par le design des sites web en général et que je trouve cette affaire très louche, je vous propose une analyse façon théorie du complot.

Récapitulatif des faits

La semaine dernière était annoncée la sortie d’un livre très critique envers le Parti Socialiste et Martine Aubry puisqu’y sont décrits les (soi-disant) fraudes lors des dernières élections au PS. Polémique à laquelle Ségolène R. se devait de répondre et dans les plus brefs délais.

Elle décide donc de se servir de son site DesirsDavenir.org comme relais de sa contre-attaque. Oui mais voilà, le timing n’est pas le bon car la blogosphère tout comme la Twittosphère sont saturées par les nombreux buzz du moment (décès de Patrick Swayze et Filip, dérapage de Kanye West aux MTV Video Awards…).

C’est donc un gros problème pour Ségolène R. qui doit s’assurer d’une couverture médiatique la plus large possible pour pouvoir regagner de la crédibilité et faire passer ses messages. Elle lance alors une nouvelle version de son site DesirsDavenir.org. Et là c’est la stupéfaction générale car ce site est un des plus moches que le web français ait connu depuis ces dix dernières années :

La première version de la nouvelle charte du site de Ségolène R.
La première version de la nouvelle charte du site de Ségolène R.

Je pense sincèrement qu’il n’est pas faux de dire que même au siècle dernier (à la grande époque de Multimania) ce site aurait été ridicule. En quelques heures cette infamie est repérée et la news se propage à une vitesse hallucinante sur Twitter où les commentaires les plus cinglants fusent (« C’est la nouvelle Cindy Sanders du web« , « 36 15 DesirsDavenir« …). L’info est également relayée par des médias plus sérieux comme L’Express ou Libération qui nous révèlent que cette refonte aurait coûté 45.000 €. Résumé des publications disponible ici : Désirs d’avenir… donne des idées.

Buzz² pour Kanye West et Ségolène
Buzz² pour Kanye West et Ségolène R.

Mais ce n’est pas tout, car le jour de ses explications officielles Ségolène R. persiste et signe avec une nouvelle page d’accueil tout aussi moche et annonce en plus la volonté de laisser les utilisateurs choisir le fond d’écran de la semaine :

La nouvelle nouvelle charte du site de Ségolène R.
La nouvelle nouvelle charte du site de Ségolène R.

Nous avons même eu droit à des explications « officielles » (à vérifier) sur son blog : Réponses aux inquiétudes soulevées par le nouveau site internet, par Ségolène Royal.

Pourquoi je n’y crois pas

Suite à cette frénésie, un affreux doute a commencé à germer dans mon esprit : Et si tout avait été soigneusement orchestré pour maximiser le potentiel de viralité de son message ? En d’autres termes : Et si tout ce cirque était une honteuse mise en scène pour provoquer le plus gros buzz possible ?

Plusieurs éléments dans cette histoire étayent ma théorie du complot (médiatique) :

  • Pour arriver à ce niveau dans la pyramide politique Ségolène R. a depuis longtemps mis de côté toutes considérations morales ou éthiques (la fin justifie les moyens) ;
  • Les hommes (et femmes) politiques sont loin d’être des imbéciles, ils savent de plus s’entourer des meilleurs pour tout ce qui touche à leur look ou à leur communication ;
  • Elle a lancée récemment une plateforme collaborative tout à fait intéressante et surtout bien réalisée ;
  • Trouver une agence ou un indépendant pour faire correctement ce genre de travail n’est pas très compliqué (même un week-end) ;
  • Elle a dans son entourage de nombreux fans et supporters qui à défaut d’être des professionnels de la conception web sont largement capables de lui dire que cette nouvelle version de son site est grotesque ;
  • Elle était dos au mur et ne pouvait pas échouer dans ce sauvetage médiatique.

Voilà pourquoi je suis persuadé que, dans cette campagne, rien n’a été laissé au hasard et que ce design pourri a été choisi spécifiquement pour faire un maximum de buzz.

Est-ce une bonne opération ?

Bien évidemment que c’est une bonne opération car son site a bénéficié d’un buzz très dense sur les dernières 48 H. Encore une fois je ne suis pas en train d’affabuler car le ridicule a toujours été un puissant levier de buzz, en témoignent les tenues ridicules de Lady Gaga ou des incidents montés de toute pièce comme l’acrobatie de Brüno qui tombe sur la tête d’Eminem lors des derniers MTV Music Awards.

Dans la mesure où l’intérêt de Ségolène R. est d’être perçue comme une candidate crédible au niveau politique et non pour de la conception de site web, les moqueries dont son site est l’objet ne rentrent pas en contradiction avec l’objectif de cette campagne (faire le pus de bruit possible).

À partir de là, se pose la question de savoir si une telle tactique peut être utilisée dans un autre cas de figure. Ma réponse : Non, il ne faut surtout pas en abuser. Ça a bien fonctionné une fois, il n’y a que très peu de chances pour que la sauce prenne une nouvelle fois dans un autre contexte. D’une part car la blogosphère se lasse très vite des phénomènes à répétition (qui s’intéresse encore aux lipdubs ?) d’autre part car je ne vois pas comment il est techniquement possible de faire un site encore plus moche.

Conclusion

Difficile pour le moment de dire si ce coup de poker va réussir, toujours est-il que la buzzosphère (incluant des supports comme les blogs, Twitter, Facebook et les sites de news en ligne) nous démontre une nouvelle fois à quel point la règle d’or du buzz sur internet est la suivante : il n’y a pas de règle.

Mon conseil à Ségolène R. : Vous avez réussi votre coup médiatique, pas la peine d’en rajouter (il est largement le temps de choisir une charte graphique un peu plus professionnelle).

Mes 3 sites coup de coeur (septembre 2009)

Dans la série des sites que j’affectionne particulièrement je vous propose pour ce mois de rentrée trois sites très différents.

Commençons avec Healogix, une société de conseil :

La page d'accueil d'Healogix
La page d'accueil d'Healogix

Une grille de lecture bien mise en valeur, des couleurs harmonieuses mais avec un contraste dynamique, des appels à l’action simple et surdimensionnés, des cartouches et boutons tout en rondeur… Ce site met tout en œuvre pour ne pas vous fatiguer les neurones, et ça marche ! Quel dommage qu’ils utilisent encore des titres en majuscules…

Changement radical avec le site de Teo Skaffa, un designeur graphique :

La page d'accueil du site de Teo Skaffa
La page d'accueil du site de Teo Skaffa

Ambiance Mario pour ce site ultra-retro qui exploite sans vergogne la bibliothèque sonore du célèbre plombier de Nintendo. Mise en page minimaliste et pointeur de souris maximisé pour vous plonger dans une ambiance ludique très réussie. Vous apprécierez au passage les transitions et la navigation au clavier.

Dernier exemple avec le magnifique Fotopedia, une encyclopédie en images :

La page gallerie de Fotopedia
La page gallerie de Fotopedia

Fotopedia est à FlickR ce que Vimeo est à YouTube : Un authentique écrin dans lequel les plus beau diaporamas sont agrémentés d’articles de Wikipedia. La mise en page est d’une clarté exemplaire, les couleurs sobres mettent parfaitement en valeur les photos, beaucoup de zones de respiration, un header et un footer très élégants… Rien à redire, c’est un sans faute et la partie « sociale » du site est également une grande réussite.

La suite le mois prochain.

WebGL, le nouveau standard de la 3D sur le web

Souvenez-vous, en début d’année Google lançait 03D, un plug-in pour faire de la 3D dans le navigateur. À L’époque je m’interrogeais sur la pertinence d’un tel plug-in alors qu’il existe de nombreuses autres technologies pour faire de la 3D (avec Flash ou pas), et parce que cela risquait de rentrer en concurrence avec les travaux de Khronos, un consortium visant justement à standardiser la 3D dans le navigateur (en reposant sur OpenGL).

En août, l’actualité s’accélère avec l’annonce du lancement de WebGL, un langage permettant de standardiser la 3D dans les navigateurs : Khronos Details WebGL Initiative to Bring Hardware-Accelerated 3D Graphics to the Internet. Pas n’importe quelle 3D puisqu’il s’agit de 3D calculée par votre carte graphique et non votre processeur (de la 3D dites « accélérée ») et pas n’importe quelle standardisation puisque ces éléments 3D utiliseraient la balise <canvas> de HTML5 (cf. HTML 5 + CSS 3 = une révolution pour les interfaces web).

Donc si je reformule : de la vrai 3D qui exploite les capacités de votre carte graphique, dans une page web conforme aux spécifications du W3C. Tous les détails sont ici : New WebGL standard aims for 3D Web without browser plugins.

Pourquoi WebGL a toutes les chances de devenir un standard ?

La grande différence avec les autres standards graphiques comme SVG, c’est que WebGL est promu par un consortium qui regroupe à la fois des fabricants de puces (Nvidia, Intel, ARM, AMD) mais également des éditeurs de navigateurs (Mozilla, Opera et Google). C’est donc un standard qui est adopté de facto par le marché puisque c’est lui qui le propose.

Pour rentrer un peu plus dans les détails, WebGL propose donc au sein d’une page web de lier du contenu à votre carte graphique à l’aide de javascript et d’OpenGL ES. « ES » ? Oui, OpenGL « ES ». Pour faire simple il s’agit de la déclinaison multi-plateforme d’OpenGL. En d’autres termes, ils poussent un standard qui fonctionnera à la fois sur un ordinateur mais également sur des terminaux mobiles / alternatifs. Et là encore, tout le monde s’est mis d’accord puisqu’à ce standard sont associés Apple (avec son iPhone), Google (avec Andoid), Microsoft (avec Windows Mobile), Nokia (avec Symbian) et même un consortium représentant Linux.

Toute l’industrie est donc en ordre de marche pour faire de la 3D dans un navigateur à partir de la carte graphique quel que soit le terminal utilisé. Tout ceci étant standardisé grâce à l’HTML5 et sa fameuse balise <canvas>.

Il existe déjà des applications concrètes

Vous seriez tenté de ma dire : « OK mais c’est pour quand ?« , et je vous répondrais « pour tout de suite« . Les premières expérimentations sont ainsi déjà visibles sur Webkit (le moteur de rendu sur lequel repose Safari et Chrome) : Preview of WebKit’s WebGL / Canvas 3D.

La vidéo suivante montre ainsi les possibilités de WebGL :

Les premières expérimentations ne sont donc disponibles que pour Safari et Chrome mais les équipes de Mozilla prévoient une implémentation très prochaine dans Firefox (date à confirmer).

Et O3D dans tout ça ?

La question que l’on se pose maintenant est la suivante : que va devenir O3D maintenant que WebGL avance à grands pas ? La réponse est tout simple : dans la mesure où c’est la même équipe… les deux chantiers vont coexister : WebGL vs. O3D. La fameuse équipe de Google précise ainsi dans cette discussion que WebGL ne peut pas répondre à toutes les situations du fait de facteurs limitant comme javascript (entre autre). Ils vont donc visiblement revoir leurs ambitions à la hausse pour O3D et lui réservant des applications à usage plus intensif de la 3D.

Et je n’aborde même pas le cas de Native Client

Une révolution pour le secteur des jeux en ligne

La première réflexion qui me vient à l’esprit est de me dire que WebGL va ouvrir d’énormes possibilités pour les jeux 3D en ligne… et menacer ceux qui exploitent un plug-in propriétaire. C’est ainsi le cas d’éditeurs comme Cmune (et leur Paradise Paintball qui utilise Unity3D), QuakeLive ou encore InstantAction.

Fallen Empire Legions dans votre navigateur avec InstantAction
Fallen Empire Legions dans votre navigateur avec InstantAction

L’avenir des Rich Internet Games se révèle donc radieux avec une technologie aussi rapidement standardisée qui va changer la donne. Par contre va se poser le problème de la courbe d’apprentissage : En combien de temps les développeurs vont-ils s’approprier cette technologie pour en faire quelque chose d’intéressant ? Dans l’exemple précis dans jeux en ligne, un éditeur comme Unity garde tout de même une longueur d’avance car il propose avant tout une plateforme de développement de jeux avec toute la logique métier derrière.

Un premier pas vers le Web 3D

Avec la standardisation de contenus 3D, attendez-vous à une prolifération de contenus 3D, tout comme nous avons vu proliférer les contenus audios et vidéos ces dernières années. Bien évidement il ne sera pas question d’abandonner les pages web au profit d’environnements 3D immersifs, mais plutôt de pouvoir encapsuler à loisir des contenus 3D dans vos pages web : objets 3D, scènes 3D…

J’anticipe alors un nouvel âge d’or pour les marques et médias qui verraient dans cette innovation la possibilité de communiquer autrement, de véhiculer autrement de l’émotion, d’interagir autrement… Par contre cela ne se fera pas sans mal car on ne rajoute pas comme ça une nouvelle dimension à son identité de marque ou aux contenus existants. Et c’est là où l’expérience acquise avec les univers virtuels va se révéler être particulièrement enrichissante. Finalement c’est la prophétie du Metaverse Roadmap qui est en passe de se réaliser : un futur proche où le web et les univers virtuels fusionnent pour donner naissance au web 3D.

Tout ceci vous semble complètement surréaliste ? Alors allez donc voir à quoi ressemble le site du dernier album d’Eminem : The Relapse (cf. Est-ce la mode du Point&Click ?). Un site d’ambiance sans texte où l’internaute est directement plongé dans un environnement 3D qui mélange storytelling et immersion. Le web 3D est là, juste devant nous, commencez à vous y préparer dès maintenant…