Archives pour le mois janvier 2009

Google lance son offre concurrente à Facebook Connect

Créer un compte est une opération douloureuse pour tous les internautes de la planète. Une étape largement supportable quand il est question de se créer sa première adresse email, cette procédure devient un véritable cauchemar avec la multiplication des services et plateformes sociales. Pour un utilisateur lambda des médias sociaux (blog, microblog, partage photos / vidéos, réseaux sociaux…) ce sont des dizaines d’identifiants et mots de passe qu’il faut mémoriser. Sauf si vous êtes bien organisé et saisissez toujours les mêmes infos et choisissez toujours la même adresse email pour vous créer un compte, cette dernière est alors très rapidement submergée de spams sociaux.

La solution a ces embrouilles existe depuis longtemps : la délégation d’authentification. L’idée est alors de se créer un identifiant unique qui repose sur OpenID (un système d’authentification décentralisée) et qui va gérer pour vous l’identification aux différents services sur lesquels vous vous êtes inscrits. Ça c’est la théorie, la réalité est tout autre : il existe une multitude de services de gestion de l’authentification (ClaimID, MyOpenID…) qui ne sont pas supportés partout. Nous avons vu récément des avancées significatives dans l’adoption d’OpenID (notamment par Orange ou Yahoo!) ainsi qu’une interface plus ergonomique (cf. La création de compte simplifiée avec OpenID) mais ce système reste tout de même très obscur pour l’internaute de base (soit 99% de la population connectée). Rajoutez à cela des technologies concurrentes comme OAuth ou MicroID et vous avez un concept très prometteur mais qui fait peur.

Et c’est là où Facebook rentre en scène en proposant son propre système baptisé Facebook Connect. Le mode de fonctionnement est ultra-simple : soit vous créez un compte, soit vous cliquez sur le bouton « Facebook Connect » et deux clics plus tard c’est réglé. Là où cette solution peut paraître comme révolutionnaire c’est qu’elle donne également accès à votre profil (informations, liste d’amis…). Donc en clair : clic-clic-clic et basta. Cette solution s’est illustrée très récemment avec le partenariat entre CNN Live et Facebook.

Le fonctionnement de Facebook Connect
Le fonctionnement de Facebook Connect

Face à une telle révolution (quel confort pour l’utilisateur), la réponse de Google ne s’est pas fait attendre. Et fidèle à sa réputation, Google nous propose une solution à la pointe du raffinement technologique avec un protocole hybride qui repose à la fois sur OpenID et sur OAuth (respectivement pour l’authentification côté utilisateur ou pour l’authentification sécurisée côté API) : Google Combines OpenID and OAuth in new Hybrid Protocol.

Le principe de fonctionnement est ainsi le même : soit vous créez un compte, soit vous utilisez votre identité Google. Illustration avec cette démo :

Google et son système hybride
Google et son système hybride

Pour faire un peu de buzz, Google est en train de tester ce nouveau système chez Plaxo (cf. Introducing Two-Click Signup, an initiative to improve the user experience of OpenID; first test now live with Google) mais ça ne fonctionne pas pour tout le monde :

La gestion de lauthentification avec Google Account
La gestion de l'authentification chez Plaxo avec Google Account

Pour avoir testé le mécanisme, je peux vous assurez que ces systèmes de délégation de l’authentification sont une authentique révolution (ça fonctionne très bien). D’ailleurs les observateurs avertis sont très optimistes à ce sujet et estiment que les deux systèmes (Facebook Connect et Google Account) peuvent tout à fait cohabiter : Google and Plaxo Combine OpenID and OAuth for Improved Usability.

Précision importante : authentification et profil sont deux choses distinctes : déléguer l’authentification à un opérateur tiers revient à esquiver la corvée de stocker et gérer des identifiants / mots de passe (avec tout ce que cela implique au niveau de la perte ou des changements). Pour résumé disons que tout le monde y gagne : inscription plus simple pour les utilisateurs, moins de complications pour les éditeurs de services compatibles (tout en conservant la gestion du profil), plus de fidélisation pour les fournisseurs du système (Facebook et Google).

Je vous invite donc vivement à tester ce système et surtout à mettre à jour vos profils Facebook et Google.

Un petit déjeuner sur les médias sociaux le 12 février prochain à Paris

Que faites-vous le 12 février prochain ? J’organise avec mes co-rédacterus du blog MediasSociaux.com un petit déjeuner consacré aux médias sociaux : Quelles opportunités pour votre marque dans les médias sociaux ?.

L’objectif de ce petit déjeuner (qui se déroulera à Paris à l’échangeur (66 rue des Archives, 75003 Paris) sera de vous apporter une vision synthétique et réaliste de ce que les médias sociaux peuvent apporter à votre marque. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le programme.

Ce petit déjeuner sera également l’occasion de rencontrer l’équipe de rédaction du blog (Cédric, Bruno et moi) et même un invité (Patrice qui est également rédacteur sur Inside Facebook) pour échanger nos points de vue.

Comme pour les autres petits-déjeuners que j’ai déjà organisé, cet événement est gratuit mais réservé aux annonceurs. La salle n’est pas très grande donc nous ne pouvons pas inviter tous ceux qui en feront la demande mais rassurez vous, comme à chaque fois, les présentations seront filmées et les supports disponibles au téléchargement.

Pour participer à ce petit déjeuner, c’est ici : Demande d’inscription.

Comment sortir Facebook de l’impasse ?

150 millions. C’est le nombre d’utilisateurs que Facebook devrait atteindre d’ici quelques mois (semaines ?). Vous pourriez penser que ce chiffre est encourageant et que nous avons enfin trouvé LA plateforme sociale ultime, je serais plutôt d’avis de se méfier de cette croissance (trop) rapide. Ma motivation pour écrire ce billet n’est pas de jouer une fois de plus au rabat-joie de service, mais plutôt de prendre le temps d’analyser la situation et d’évaluer le risque d’explosion en cours de vol de cette start-up.

Explosion en cours de vol ? Oui tout à fait car les temps sont rudes et que personne n’est à l’abri, même pas Google qui se voit contraint de fermer récemment un certain nombre de services. Start-up ? Oui tout à fait car Facebook est une société encore très jeune qui n’est pas à l’abri d’une fermeture pour manque de liquidité (il parrait que même l’état de  Californie a des difficultées de trésorerie en ce moment !).

Facebook est-il vraiment menacé de fermeture ?

Pourquoi parler de fermeture ? Tout simplement parce que Facebook perd encore de l’argent. Hors, plus de membres = plus de frais (bande passante, capacité de stockage et de traitement, salaires…). Là où ça devient inquiétant, c’est qu’au-delà d’un certain seuil les économies d’échelle ne fonctionnent plus : pour un certain volume de données à stocker / traiter (nous parlons de dizaines de millions de vidéos et de milliards de photos) les coûts sont exponentiels car la plateforme requiert des technologies et des compétences très rares.

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le problème de rentabilité de Facebook mais il semblerait que cela ne gène pas son jeune dirigeant qui est convaincu qu’augmenter le nombre d’utilisateurs va régler le problème. Certains pourraient appeler ça « avoir une vision ambitieuse » mais pour moi ça ressemble plus à une fuite en avant. Appliquer cette stratégie à un service tout récent et en pleine croissance comme Twitter n’est pas très problématique (ils n’ont pas beaucoup de charges / dette) ; mais le faire à beaucoup plus grande échelle et durant une période de crise est beaucoup plus inquiétant.

Inquiétant pour qui ? Inquiétant pour les utilisateurs dont les données personnelles pourraient être bradées à des marchands peu scrupuleux. Pour le moment ce scénario n’est pas envisagé par les fondateurs qui sont emplis de bonnes volontés, mais que se passera-t-il après la prochaine levée de fond lorsque les actionnaires prendront le pouvoir ? Ceux d’entre-vous qui ont connu la folie de la fin des années 90 se souviennent peut-être de ce qu’il est advenu de services comme Spray. Tristes souvenirs…

Inquiétant également pour les annonceurs qui ont investi beaucoup de temps, d’énergie et d’argent sur une plateforme qui va droit dans le mur. Si Facebook ferme ses portes, c’est tout un pan de votre stratégie de présence sur les médias sociaux qui s’effondre. Il faudra alors tout recommencer mais sur une autre plateforme sociale.

Mais assez parlé du scénario catastrophe, parlons plutôt des solutions.

Conseil N°1 : Un système de ciblage comportemental fiable

Ceux qui ont tenté l’expérience de communiquer sur Facebook vous le confirmeront : les taux de transformation sont très bas (moins de 0,1 %). Outre le problème de contexte d’usage (les utilisateurs sont avant tout sur Facebook pour draguer et pour déconner, pas pour cliquer sur de la pub), c’est le système de ciblage qui semble faire défaut. Quel dommage, surtout dans la mesure où le social graph est le trésor de guerre que Facebook fait miroiter aux annonceurs.

Face à cette incapacité à fournir ce qu’ils promettent, peut-être serait-il temps de changer de posture et d’adopter un système plus fiable. Wunderloop pourrait être un bon candidat, mais il en existe d’autres. L’idée serait de déployer un système de ciblage qui bénéficierait et pourrait faire bénéficier un réseau de sites et d’arrêter de faire cavalier seul.

Les utilisateurs de Facebook sont potentiellement de bons clients, encore faudrait-il pouvoir les reconnaître et les cibler en dehors de la plateforme. D’où le recours à une solution partagée qui permetttrait de capitaliser sur les profils des membres et sur leur comportement.

Conseil N°2 : Une standardisation technique

La plateforme Facebook repose aujourd’hui sur un langage propriétaire, le FBML. Même si ce dernier évolue dans le bon sens (plus d’ouverture) et plus rapidement que ses concurrents (notamment OpenSocial de Google dont la première version des spécifications était jugée plutôt décevante), force est de constater que l’avenir n’est pas à la multiplication des formats, mais plutôt à l’unification. La raison est toute simple : avec la crise et la compression des coûts, un annonceur / éditeur va rechigner à déployer plusieurs versions d’un même widget social.

Rejoindre des initiatives mutualisées comme OpenSocial ou DataPortability serait bénéfique aux annonceurs (dont les coûts de développement / maintenance seraient abaissés), aux utilisateurs (qui bénéficieraient de widgets socials universels) et aux équipes de Facebook qui pourraient se décharger d’une grosse partie du travail sur les autres membres du consortium.

Conseil N°3 : Une offre premium

Le modèle économique de Facebook est un problème récurrent car ils ne sont pas très clairs sur la façon dont ils gagnent de l’argent, alimentant ainsi les fantasmes d’exploitation abusive des données personnelles. Mais qui a dit qu’il n’était pas possible de facturer un ou des services ? Au vue de l’état d’addiction de certains membres il serait tout à fait possible d’envisager un modèle premium proche de ce que pratiquent d’autre plateformes : plus d’espace de stockage (façon FlickR), plus de visibilité (façon Badoo), pas de limitation sur le nombre de contacts (façon Highrise), pas de pub (façon Gamespot), débridage de fonctionnalités (façon Xanga ou Ning), un service de rencontre réservé à certaines catégories d’utilisateurs (façon Ulteem), une meilleure disponibilité de la plateforme (sur des serveurs à part)… Les possibilités sont nombreuses et elles pourraient être décuplées avec la mise en œuvre d’un système de micro-paiement ou avec la mise en place de partenariats plus forts avec d’autres services spécialisés (qui reverseraient une partie de la recette).

La justification de cette offre premium serait de proposer une expérience encore plus riche à des membres qui en demandent toujours plus. A partir du moment où cette offre ne bride pas l’utilisation de la plateforme mais permet de l’étendre, qui s’en plaindrait ?

Conseil N°4 : Des partenaires industriels et des appuis politiques

Avec une croissance aussi fulgurante (souvent au détriment de services plus anciens et payants comme Meetic ou CopainsD’avant), le moins que l’on puisse dire c’est que Facebook fait des jaloux, voir des ennemis. Je ne parle pas que des concurrents directs (Friendster, Hi5…) mais plutôt de gros acteurs comme Google (cf. le deal avec Microsoft et la concurrence avec Orkut), Yahoo! (dont ils ont refusé l’offre pourtant généreuse à l’époque) ou encore Newscorp (qui se bat pour maintenir l’audience de MySpace).

Le problème c’est que dans ce milieu il n’est pas possible de faire cavalier seul bien longtemps. Pour pouvoir survivre en cette période de crise (dans laquelle nous venons à peine de rentrer) Facebook devra impérativement se trouver des partenaires industriels (pour l’aider dans sa croissance), des partenaires commerciaux (pourquoi pas de grosses agences comme Omnicom, WPP ou Publicis) et surtout des partenaires financiers capables de les aider dans les décisions stratégiques ou dans les négociations périlleuses.

Outre les acteurs du même secteur, ce sont les appuis politiques qui risquent également de manquer à Facebook. Si Google ne parvient pas à empêcher le bridage de ses services dans des pays comme la Chine ou la Turquie (respectivement pour le search et YouTube), comment Facebook y parviendrait-il ? Avec une audience dépassant les 30% dans certains pays il y a fort à parier que les gouvernements et parlements vont très rapidement s’intéresser de très près à ce phénomène. Et ce n’est très certainement pas un patron en tongs d’à peine 25 ans qui va les convaincre du bien fondé de ses ambitions. D’autant plus que le coup du p’tit jeune avec de drôles de chaussures qui veut changer le monde ne date pas dh’ier (qui se souvient de Jonas Birgersson et des ses rangers ?).

Conclusion

Voilà donc quelques pistes de réflexion qui permettrait à Facebook de se sortir d’une situation bien délicate, non pas qu’ils ont fait d’énormes erreurs de gestion ou de mauvais choix, mais plutôt que le marché risque de sanctionner durement une étoile qui ne va plus briller longtemps dans ce contexte d’hiver nucléaire (surtout aux Etats-Unis).

Le meilleur conseil que je pourrai donner aux annonceurs serait de bien prendre conscience de la fragilité de ce géant aux pieds d’argile. Si vous avez pris la décision d’investir les médias sociaux, il est impératif de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier et de diversifier votre présence et vos campagnes sur plusieurs « supports sociaux » (blogs, réseaux sociaux de niche, forum, micro-blog…) et de vous intéresser à la relève qui est déjà là (imeem, Netlog, Buzznet…).

MàJ (03/02/2009) : Visiblement Facebook parle d’ouvrir très prochainement sa base de données aux annonceurs sous forme de questionnaires très ciblés (cf. Facebook Plans to Make Money by Selling Your Data).

La souris est-elle ringarde ?

Inventée en 1972 au PARC de Xerox, la souris serait-elle envoie de ringardisation ? C’est en tout cas la question que l’on est en droit de se poser au vue des dernières expérimentations en cours.

Tout à commencé avec le célèbre site Dont’t Click It qui proposait une navigation sans clic (tout au survol de la souris).

Puis il y a eu le lancement de la Wiimote par Nintendo qui a donné des idées aux constructeurs comme Logitech (avec la Air Mouse) et Lenovo (cf. Lenovo to sell ‘Wii-like’ PC ‘air-mouse’).

La souris Air Mouse de Logitech
La souris Air Mouse de Logitech

Ensuite il y a eu cet incroyable site de Publicis & Hal Riney où il fallait bouger la tête devant sa webcam pour naviguer entre les pages :

Le site où lon navige avec sa webcam
Le site où l'on navige avec sa webcam

Et maintenant il y a ce site (Eric Chan Design) qui propose d’utiliser la fonction d’accéléromètre des derniers Macbook pour faire bouger le contenu :

Le site qui utilise l'accéleromètre de votre Macbook
Le site qui utilise l'accéléromètre de votre Macbook

Non vraiment je me demande ce qu’ils vont nous inventer la prochaine fois : Une navigation spatialisée ? Une navigation commandée par à la voix ? Une navigation commandée par SMS ?

(via Hebiflux)

Le partenariat CNN Live et Facebook peut-il faire trembler Twitter (ou la TV) (ou les entraineurs de foot) ?

J’imagine que vous avez forcément entendu parlé du gros buzz lors de l’investiture de Barack Obama avec le lancement du partenariat entre CNN Live et Facebook. L’idée est de pouvoir regarder un événement live (flux vidéo venant de CNN) tout en le partageant avec d’autres (flux social venant de Facebook). Vous avez donc une fenêtre avec la vidéo à gauche et Facebook à droite où sont listées toutes les mises à jour de statut de vos amis mais également de tout ceux qui regardent :

CNN Live et Facebook réunis pour l'investiture de Barack Obama
CNN Live et Facebook réunis pour l'investiture de Barack Obama

L’expérience est très troublante car le rapatriement de la liste d’amis se fait en deux secondes  grâce à Facebook Connect et parce que le sentiment de proximité est très fort. Toujours est-il que cette opération a fait grand bruit (cf. CNN + facebook, premier exemple concret de télévision communautaire ), même si des problèmes de synchronisation avec le flux audio ne restituait pas très bien l’événement (cf. Facebook + CNN = Future of TV).

Les premières réactions ne sont pas fait attendre et l’on prédisait déjà la mort de Twitter au profit de cette démonstration de force de Facebook qui a propulsé son outil de micro-blogging au status de nouvelle star. Mais à l’instar de Michelle (À propos de l’expérience CNN/Facebook), je pense qu’il faut faire preuve de discernement et de ne pas sur-vendre cette première expérimentation.

Tout d’abord parce que ce n’est pas la première fois que Twitter est mis à contribution dans cette campagne (Current TV to Integrate Twitter into Presidential Debate Coverage) et parce que le « partenariat » de CNN avec Facebook n’est pas exclusif, les membres de la rédaction de CNN étant de fidèles supporters de Twitter (CNN Heavily Promoting Twitter On Air, Making Big Moves in Social Media).

De plus, ce n’est pas réellement l’outil Twitter en lui-même qui est concurrencé dans cette opération, mais plutôt la télévision et les médias traditionnels en règle général. Tout comme le NY Times expérimente le journalisme participatif (Le NewYork Times fait interagir ses lecteurs sur Facebook) et Netflix qui veut rendre plus sociale la VOD en introduisant la possibilité de visionner un film à plusieurs et de tchater en direct, CNN Live tente de ré-inventer le live avec une approche plus sociale.

Soit, mais l’expérience a-t-elle réellement été concluante ? Ce fut indéniablement un succès en France car la cérémonie se déroulait durant la journée (aux heures de bureau) mais un tel dispositif est-il viable sur un événement comme un match de foot ? Entre les soucis de montée en charge et de synchronisation, il serait quasiment inenvisageable de renouveler le succès de l’opération.

Vous noterez enfin que la nature même de ce dispositif revient quasiment à se tirer une balle dans le pied : à une époque où les chaînes de TV subissent de plein fouet la « crise de l’engagement » (les téléspectateurs délaissent les médias passifs comme la TV pour passer de plus en plus de temps sur les médias actifs comme le web) et la baisse de leurs revenus publicitaires, cette opération diminue d’autant l’attention des « téléspectanautes » qui doivent jongler entre le live et le flux d’activité (ils n’ont plus le temps de regarder ou de cliquer sur les bannières).

Bref, je trouve cette opération intéressante mais pas réellement viable pour un acteur traditionnel. Elle pourrait par contre s’insérer dans un dispositif participatif plus large où les téléspectanautes seraient invités à « préparer » un événement (en se documentant ou en listant des sujets de discussion), à le vivre de façon active (commentaires et échanges pendant la retransmission) et à le prolonger par la suite (discussion à chaud / froid, note…). Idéal pour un débat politique ou de société (une sorte de Droit de réponse à la sauce 2.0).

Finalement si l’on reprend l’exemple du match de foot, on pourrait se mettre à rêver d’une équipe qui permettrait à ses fans de participer à la préparation (choix des joueurs et des tactiques de jeu), à réagir pendant le match (commentaires…) et à l’analyser à froid (note des meilleurs joueurs, identification des points faibles…). Peut-être ce modèle pourrait-il être appliqué aux clubs anglais participatifs qui fonctionnent sur le principe du crowdfunding (plus précisement le club de Ebbsfleet United racheté par l’intermédiaire de MyFootballClub).

J’en étais où déjà avant de perdre le fil ? Ha oui : CNN/ Facebook et Twitter. Le mot de la fin : un beau coup de buzz pour Facebook Connect mais une opération qui mériterait d’être approfondi avec un dispositif plus complet et un mode d’interaction un peu plus riche que le status update (trop limitatif).

Quand la réalité augmentée s’invite dans les boutiques LEGO

Vous connaissez la réalité augmentée ? Mais si enfin : « un système informatique qui rend possible la superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel« . Les afficheurs tête haute des avions ou les casques qui délivrent des explications audio dans les musées peuvent être considérés comme de la réalité augmentée.

Bon bref, plus récemment nous avons commencé à voir apparaitre des applications de plus en plus remarquables de la réalité augmentée, notamment sous l’impulsion d’acteurs comme Total Immersion (voir la démo ici : Réalité Augmentée / Total Immersion), avec des projets pour Citroën (Citroën C3 Picasso : le modèle réduit en réalité augmentée sur iPhone) ou encore cette expérimentation en Papervision 3D (Papervision – Augmented Reality).

Bon bref, tout ça pour vous dire que LEGO est en train de lancer une expérimentation fondée sur la réalité augmentée dans un certain nombre de boutiques en Allemagne: LEGO’s Digital Box. Cette expérimentatin met en scène des bornes interactive avec une caméra. Il vous suffit de montrer une boîte à la caméra pour faire apparaître le modèle en 3D :

La réalité augmentée chez LEGO
La réalité augmentée chez LEGO

Génial, non ? Même dans mes rêves d’ado je ne pensais pas à des choses comme ça. Si vous avez d’autres exemples en tête, n’hésitez pas à mettre des liens dans les commentaires.

Allocine et sa recherche suggérée (sponsorisée ?)

Aviez-vous déjà regardé de près le moteur de recherche d’Allocine ? Ce moteur présente une fonctionnalité intéressante de suggestions de recherche qui sont également des liens :

Les suggestions du moteur de recherche d'Allocine
Les suggestions du moteur de recherche d'Allocine

Il y a dans cette liste des suggestions génériques (« Marseille, 69001« ) mais également des marques (« UGC« ) ainsi que des titres de films qui changent toutes les semaines (« Australia, Watchmen« ) :

D'autres suggestions du moteur de recherche d'Allocine
D'autres suggestions sur le moteur de recherche d'Allocine

Première hypothèse : ces titres de film sont choisis en fonction des recherche les plus demandées de la semaine passée. Deuxième hypothèse : ces titres de film sont des liens sponsorisé déguisés. Non seulement ils sont placés à un endroit très stratégique dans la page (dans une zone « neutre », là où on ne les attends pas) mais en plus ils sont idéalement positionnés dans le code source pour être référencés (tout en haut de page).

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de dénoncer une pratique abusive mais plutôt de saluer l’ingéniosité de ce dispositif. Mais peut-être suis-je en train de décrire quelque chose qui n’existe pas, peut-être que ces liens sont juste là pour aider et qu’ils ne sont pas commercialisés. En tout cas ça serait dommage de ne pas exploiter cette possibilité car permettrait de joindre l’utile (pour les internautes = les suggestions de recherche) à l’agréable (pour la société éditrice = une nouvelle source de revenus)

Notez qu’il existe des équivalents notamment chez Gamespot qui expérimente un principe de suggestions visuelles (« Latest & Greatest« ) :

La recherche suggérée de Gamespot
La recherche suggérée de Gamespot

Alors, bonne idée ou pas ?

Bloguer dans un contexte d’affaires est un travail de longue haleine

Je rebondis sur le billet récemment publié par Eric sur les blogs pro : Pourquoi une PME doit avoir un blog : 10 raisons concrètes. Ce billet traite avec justesse de l’intérêt pour une PME d’avoir une blog, surtout lorsque celle-ci ne dispose pas d’un budget marketing pharaonique. Les raisons listées sont valables (com’ externe, image, dialogue, référencement, motivation interne, veille, autorité de compétence…) mais ne traite pas de la dure réalité des blogueurs d’affaires : l’audience.

Celles et ceux qui se sont risqués récemment à rédiger un blog BtoB savent à quel point il peut être frustrant d’investir du temps et de l’énergie (de la passion ?) dans un blog qui génère un trafic somme toute très faible. Et c’est là où le bas blesse : parler de son métier limite fortement le lectorat d’un blog.

Autant quand le thème de votre blog est orienté lifestyle, gadgets ou séries TV, vous pouvez très rapidement acquérir une audience qui va vous stimuler dans votre travail d’écriture au quotidien, autant lorsque vous parlez de logistique ou de techniques de vente c’est tout de suite plus délicat et votre audience risque d’avoir une courbe de progression beaucoup plus plate. Non pas que le sujet soit moins intéressant, mais plutôt que la rencontre entre un sujet et son lectorat est beaucoup plus laborieuse.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène :

  • La population cible n’est pas forcément bien équipée ;
  • Les professionnels visés n’ont pas forcément le réflexe de faire de la veille ;
  • Votre prise de parole est noyée par des acteurs déjà implantés (de type revues pro) ;
  • Votre audience s’auto-restreint (dans les abonnements ou les commentaires) face à la pression du groupe (« si tu fais de la veille, c’est que tu es mauvais ou que tu as du temps à perdre« ).

Bref, il faut beaucoup de motivation pour se lancer dans l’aventure. Je ne reviendrais pas sur les bénéfices à en retirer car Eric l’a très bien fait, mais je souhaiterais citer deux exemples qui illustrent mon propos.

Blog BtoB : Il suffit de quelques lecteurs pour assurer un bon ROI

Premier exemple : Le Grand Blog de la Vente, un blog 100% pro édité par une société de formation spécialisée dans les métiers de la vente, dont les auteurs aimeraient bien que l’audience grimpe plus rapidement.

Le Grand Blog de la Vente
Le Grand Blog de la Vente

Avoir une grosse audience est un objectif louable, mais pas réellement pertinent dans le cadre d’une activité BtoB. D’une part car tout le monde ne peut pas rivaliser avec les gros portails d’infos (dont la forte audience n’est d’ailleurs pas synonyme de rentabilité) et d’autre part car l’important n’est pas la taille mais la qualité de l’audience. L’idée est de pouvoir toucher les bonnes personnes avec le bon message. Cette rencontre entre un billet qui fait mouche et un décideur (celui qui va commander une prestation) peut en plus survenir des mois après la rédaction du billet.

Voilà pourquoi bloguer dans ce contexte d’affaire est un travail long et fastidieux dont le ROI est difficilement mesurable. Pour faire simple, disons que ce type de blog ne permet pas de générer directement du C.A. mais plutôt de raccourcir le cycle de vente. Les prospects qui ont transités par le blog (soit via Google, soit par recommandation des auteurs) sont ainsi beaucoup plus à même d’apprécier l’expertise du ou des auteurs. La contrepartie est que ce type de blog peut tout à fait vivoter avec à peine une centaine de visites par semaine dans les premiers temps (et aucun commentaire). Difficile dans ces conditions de justifier cette activité auprès d’un patron à moins que l’initiative ne vienne de lui.

À titre d’exemple, ce blog n’était lu la première année de son existence que par une cinquantaine de personnes par semaine (pas de quoi se réjouir).

Blog marchand : Rien ne remplace le travail de terrain

Deuxième exemple avec la Boutique de Chris, un blog marchand tout mimi. Christiane est ce que l’on peut appeler une commerçante : elle doit se battre tous les jours pour survivre. Pour cela elle ne dispose que de sa volonté pour y arriver. J’ai récemment commandé un livre sur la marketplace d’Amazon et Christiane m’a très gentiment glissé un petit mot dans le paquet pour me souhaiter bonne réception :

Le message de Christiane
Le message de Christiane

Non seulement ce petit mot m’a fait très plaisir mais en plus elle en profite pour me donner l’URL de son blog marchand :

Le blog marchand de Christiane
Le blog marchand de Christiane

Un remarquable travail de terrain pour une personne qui ne peut pas se permettre d’acheter des mots-clés. C’est fou comme un petit bout de papier peut tout de suite se transformer en un redoutable outil de fidélisation.

Fidélisation ? Oui car c’est bien de cela dont il est question. Là où les mots-clés peuvent servir à générer des ventes immédiates (du type promo), ce petit papier est avant tout là pour signaler l’existence de ce blog sans prétentions. Il n’y a quasiment aucune chance pour que cela génère une vente dès la première visite mais cela peut aider à créer de la récurrence dans les visites, puis de l’attachement, puis éventuellement une vente « coup de coeur ». Cette petite touche d’attention peut faire mouche là où d’autres acteurs passés en phase « industrielle » peuvent énerver avec des newsletter manquant de proximité.

Proximité, voilà le maître mot pour une pratique de blog bien particulière dont le calcul du ROI ne répond pas aux règles en vigueur sur d’autres médias.

Bref, se lancer dans l’aventure du blog professionnel n’est pas une mince affaire, d’autant plus que la profession fait encore difficilement la différence entre blog perso, blog pro, portail d’infos déguisé en blog… En tout cas je n’aurais qu’un seul message à faire passer : la communauté vous rendra toujours ce que vous lui avez donné. Comprenez par là qu’une démarche sérieuse, sincère et transparente finira toujours pas porter ses fruits. Toute la question est de savoir quels sont les fruits que vous attendez d’elle.

6 blogs = 6 offres de formation

Comme je croise régulièrement des personnes qui sont très surprises d’apprendre que je suis consultant indépendant (en plus de mon activité de blogueur) et que je rédige d’autres blogs que celui-ci, je m’autorise une courte page d’auto-promotion.

<auto-promo>

Si vous regardez bien en haut de la page, vous allez voir une série de liens. En fait ces liens mènent vers les autres blogs sur lesquels je rédige en plus de celui-ci. L’intérêt de ces blogs est de pouvoir traiter en profondeur des sujets de niche qui me permettent de valoriser mon expertise.

Cette expertise peut être mise à votre disposition au travers de missions de conseil ou de formations. Vous pouvez donc faire appel à mes services pour vous concocter un séminaire interne aux petits oignons.

Pour connaître mon offre, c’est facile, mes thèmes de prédilections sont ceux de mes blogs :

Et en plus, comme je dispose d’un N° de formateur, les séminaires internes que j’organise peuvent être imputés sur votre budget formation.

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Voià c’est tout, reprise du cours normal des publications.