Archives pour le mois août 2008

L’avenir du desktop réside-t-il dans le browser ?

En voilà une bonne question a laquelle tente de répondre Nova Spivack dans cet excellent article : The Future of the Desktop. Son propos est équivoque et il anticipe ainsi une évolution à moyen terme (2 ans) de nos outils de travail vers un nouveau modèle de Webtop.

Web browser + Desktop = Webtop

Selon l’auteur (et je partage son avis) les récents progrès et innovations techniques vont complètement bouleverser les architectures actuellement exploitées par les utilisateurs lambda (OS + applications + disque dur) pour les amener à complètement revoir la façon dont ils vont stocker et exploiter les données et applications (Weptop + SaaS + Data on the Cloud).

Voici une petite synthèse de l’article :

  • Les tentatives de portage d’application desktop vers des applications en ligne sont vouées à l’échec. Les seules applications en ligne viables sont celles qui savent exploiter les spécificité de l’internet (légèreté, accès unifié, édition simultanée de documents, gestion de l’historique…).
  • Nous passons progressivement d’une gestion spatiale de l’information (stockée dans des fichiers, répertoires, serveurs…) à une gestion temporelle de l’information (répartie sur des timeline, diffusée par des newsfeed / lifestream…).
  • Le problème n’est plus de trouver l’information, mais de gérer la surinformation (infobésité). Nous passerons donc moins de temps à chercher de l’information (Google fait ça très bien) et plus de temps à la filtrer. L’objectif finale étant d’améliorer notre productivité par une meilleur gestion de notre attention.
  • La logique de documents et de fichiers sera remplacée par celle de données partagées au sein de wikis. Ce format de stockage, d’exploitation et de partage présente ainsi le très grand avantage de résoudre les conflits de versions, de synchronisation…
  • Les données devront être formatées dans des standards ouverts pour favoriser l’adoption massive de solutions de SaaS et de Data on the Cloud afin d’éviter les problématiques de verrouillage grâce à des formats propriétaires (dont l’industrie du logiciel est la spécialiste).
  • Avec l’avènement des applications et des espaces de collaboration en ligne, nous ne lancerons plus notre browser depuis notre desktop mais notre desktop (dans le sens espace de travail) depuis notre browser.

Tout ceci vous semble sur-réaliste ? Réfléchissez-y à nouveau car lorsque l’on regarde de plus près des initiatives comme AppExchange, ContactOffice, Zoho ou encore Live Mesh, on est en droit de se dire que tous les éléments sont déjà en place.

Vers un Smart Webtop

Poursuivant sur sa lancée, l’auteur nous propose également quelques pistes de réflexion sur les fonctionnalités avancées que pourrait proposer le webtop du futur :

  • Des agents intelligents seront là pour structurer vos données en tâche de fond avec un travail horizontal (associant ainsi des données entre elles en fonction de leur signification ou du contexte).
  • Peu importe la puissance de l’ordinateur que vous utiliserez, les traitements seront de toute façon réalisés par des data centers. Votre puissance de calcul sera ainsi adapté à vos besoins. Vous serez donc facturé en fonction de ce que vous aurez « consommé ». Nous nous rapprochons donc d’un concept de Personal Cloud Computing.
  • Vous aurez la possibilité de dialoguer avec votre webtop pour lui faire exécuter des tâches à faible valeur ajoutée (« trouve-moi les fichiers rédigés par telle personne et publié entre telle et telle date« , « liste-moi toutes les conversations avec telle personne sur tel sujet« …). Les requêtes pourront être formulées par écrit en langage naturel ou via un système de reconnaissance vocale.

Ouf, que d’imagination ! Là nous ne sommes plus réellement dans une optique à moyens termes, mais quand je vois des initiatives comme Aurora je me dis que le futur n’est peut-être pas si loin ! En tout cas ils y travaillent.

Toujours est-il que j’abonde complètement dans le sens de l’auteur qui fait preuve d’une grande clairvoyance et d’une vision tout à fait intéressante de la convergence entre desktop et browser.

Mon nouveau blog sur l’Entreprise 2.0 (www.entreprise20.fr)

Et de six ! Je continue sur ma lancée en vous proposant un nouveau blog dédié aux pratiques collaboratives et à l’adoption d’outils « 2.0″ en entreprise : www.Entreprise20.fr.

Comme pour mes autres blogs (voir en haut de page), j’ai récupéré l’historique des mes publications sur ce thème et j’ai commencé à rédiger des articles « exclusifs ».

Je suis à la recherche de co-rédacteurs motivés donc n’hésitez pas à me contacter pour que l’on en discute.

Un nouveau modèle publicitaire pour Facebook

Facebook a lancé en catimini un nouveau modèle publicitaire durant le mois d’août (Engagement Advertisement) fondé sur l’engagement publicitaire. En fait il s’agit d’un nouveau format publicitaire (Widget Ads) qui offre un premier niveau d’interaction :

  • laisser des commentaires (sur le même principe que les public wall) ;
  • récupérer et offrir des items virtuels (si l’annonceur les propose) ;
  • déclarer son affinité à la marque en devenant fan (comme sur les pages de marque).

Bref, vous l’aurez compris : rien de très nouveau dans cette offre. Il faut dire que si l’on fait abstraction des applications, le modèle fonctionnel de Facebook est assez pauvre. De ce fait, les publicités reposant sur ce modèle sont elles-mêmes limitées.

Plusieurs marques ont déjà tentées l’expérience de ces Widget Ads (Paramount, Adidas, General Mills + une dizaine d’autres en Angleterre : Facebook launches beta of Engagement Ads programme) mais force est de constater que ce format n’est pas adapté à toutes les marques : seules les plus populaires pourront en bénéficier réellement. Donc en quelque sorte, celles qui n’en ont pas réellement besoin !

Facebook dans l’impasse publicitaire ?

Malgré toute la bonne volonté que je peux y mettre, je ne parviens pas à trouver de solution au problème de Facebook : proposer un modèle publicitaire viable. Il faut dire qu’avec des taux de transformation ridicules (0,04%) et un moteur de ciblage défaillant (cf. Publicité ciblée, Facebook sort le grand jeu !) ils ne me simplifient pas la tâche.

Il semblerait donc que le réseau social N°1 (cf. Facebook Hits 100 Million Users) soit donc dans l’impasse car incapable de rentabiliser sa base d’utilisateurs et leurs graphes sociaux. Difficile en effet de capter l’attention d’utilisateurs qui sont avant tout là pour sociabiliser (jeux + drague) plutôt que pour être exposer à des offres publicitaires. Je vous recommande à ce sujet ce très bon article : What Facebook’s New Engagment Advertising Means to Brands.

Privilégiez les ambassadeurs aux widgets

Avec ce nouveau format Facebook complète son offre publicitaire (standard ads, social ads, Facebook pages, event feature, connect…) mais ne répond toujours pas à la réelle problématique des marques : intégrer les communautés.

Après avoir essayé de les créer et de les stimuler, les marques doivent maintenant redoubler d’efforts pour pouvoir toucher des communautés d’acheteurs toujours plus hermétiques aux pratiques publicitaires traditionnelles (fondées sur l’exposition). La solution réside donc dans une intervention humaine par le biais d’ambassadeurs de marque qui vont essayer de se faire accepter auprès d’une communauté.

Il y a toujours la solution des « influenceurs », mais nous savons maintenant que ça ne fonctionne pas. Ou du moins que cela pourrait fonctionner mais pour des marques qui n’en ont pas besoin (Apple, BMW, Prada…). Pour vous en convaincre mettez vous dans la peau d’un « influenceur » essayant de vanter les mérites d’une boîte de raviolis pour le compte du producteur…

C’est donc un long et laborieux travail de terrain auquel les marques doivent faire face pour pouvoir entretenir de bons rapports avec ses communautés d’acheteurs (car il y en a une infinité). Mais tout bien réfléchi je n’invente rien en écrivant cela car c’est la dure réalité du branding.

Moralité : il n’y a pas de formule magique ou de solution miracle. Soit votre offre est bonne et les communautés d’acheteurs seront là pour la relayer et vous assurer une bonne visibilité. Soit votre offre est défaillante (problème de prix, de positionnement, d’image, de service…) et dans ce cas aucune offre publicitaire ne pourra compenser (sur Facebook ou sur n’importe qu’elle plateforme sociale).

Il me semble que c’est le patron de Zapos qui expliquait très bien ça dans une récente interview où il déclarait préférer investir 2$ dans l’amélioration de son service ou de l’expérience d’achat plutôt que 1$ dans de la publicité (qui a le lien vers cet interview ?).

(via Medias 2.0)

L’actualité des univers virtuels et du v-marketing (Juillet et Août 2008)

Grosse actualité pour les univers virtuels sur ces deux derniers mois avec le lancement (remarqué) de Lively, la montée en puissance des Open Sim, les (toujours plus) nombreux projets d’univers virtuels dans votre navigateur web et l’arrivée de McDonald’s sur le créneau :

Merci à Marjorie qui a tenu la boutique ouverte pendant le mois d’Août et mention spéciale au très bel article sur le modèle free-to-play écrit par Alexandre.

Aurora, le navigateur conceptuel de Mozilla

Pour celles et ceux qui rentre de congés, je vous propose de découvrir le gros buzz de l’été, un concept de navigateur futuriste imaginé par Mozilla Labs et l’agence Adpative Path : Aurora.

Pour faire simple, Aurora n’est pas un produit, mais plus une réflexion menée conjointement par le Mozilla Labs dans le cadre de ses Concept Series pour essayer d’anticiper le futur des navigateurs web et de l’internet (cf. Mozilla Crowdsources Future of the Internet).

Intégration fine entre browser, bureau et mobile

Plusieurs vidéos ont ainsi été publiées pour expliquer les différents concepts fonctionnels et d’IHM de ce navigateur du futur : Aurora Concept Video Part 1.

On y voit ainsi la possibilité de partager l’écran avec un autre utilisateur (regardez bien, il y a deux souris sur cet écran) :

Aurora_DualUser.jpg

Nous retrouvons également un bureau complètement spatialisé où les documents, applications et contenus sont regroupés de façon sémantique en groupe (clusters en anglais). Vous noterez également la subtile utilisation du cadre pour y insérer les applications en bas, l’historique à gauche, les raccourcis à droite et les macro-fonctions en haut :

Aurora_SpatialView.jpg

Une autre vidéo présente également un achat en ligne sur un Amazon à interface flou :

Aurora_Amazon.jpg

Il y a également une version mobile :

Aurora_MobileSpatialView.jpg

Et même une version de l’interface marchande « sociale » en situation de mobilité :

Aurora_MobileSocialShopping.jpg

Et pour finir nous avons même droit à une version Set-Top Box avec une interface gestuelle à mi-chemin entre Wii et Minority Report :

Aurora_Gestures.jpg

Un hypothétique Firefox 5 ?

Force est de constater que le travail réalisé est tout à fait inpirationnel, notamment en termes d’utilisabilité. Certains éléments d’interface ne sont pas neufs comme les menus radiaux (vu dans Second Life et Songza), la widgetisation de portions de page (vu chez Safari et le prochain IE 8 il me semble), la barre d’application à effet fish eye (vu chez Mac OS)…

Il y a par contre des choses plus novatrices comme ces clusters contextualisés qui pourraient inspirés les équipes de Google Desktop. Pour en savoir plus sur cette interface, je vous recommande les explications suivantes : Aurora Interface Guide and Design Concepts de même qu’aux scénarios d’anticipation (Aurora Forecasting the Future)

Pour la petite histoire, les équipes d’Adpative Path étaient également à l’origine d’une autre réflexion tout à fait intéressante sur un concept de terminal médical personnel : Charmr, A Design Concept for Diabetes Management Devices.

Soyons réalistes et espérons que ces idées seront implémentées dans les futures versions de Firefox. Peut-être la version 5 se reprochera-t-elle de ce concept…

Trêve estivale

Voilà, je suis officiellement en vacances, et ça va me faire grand bien ! Profitez vous aussi de vos vacances (si vous en prenez) pour vous reposer et être en forme pour la rentrée.

Et puisque l’on parle de la rentrée, je vous signale au passage qu’elle va être chargée puisque j’aurai le plaisir de vous convier à non pas un mais trois évènements auxquels je vais participer :

Et sinon je vous signale que mes autres blogs ne sont pas forcément fermés car mes co-rédacteur sont encore là : RichCommerce.fr, MediasSociaux.com, InterfacesRiches.fr et marketingvirtuel.fr.

Sun lance enfin JavaFX pour concurrencer Microsoft et Adobe sur le marché des interfaces riches

Après plus d’un an d’attente (cf. mon premier billet sur le sujet : Sun relance Java dans la compétition des interfaces riches), Sun se décide enfin à sortir une preview de JavaFX : Sun Announces JavaFX Preview. Pour faire simple, disons qu’il s’agit de la nouvelle offre pour faire des interfaces riches et concurrencer ainsi Microsoft et Adobe (et Curl).

En fait il s’agit d’un framework qui comprend des environnements d’exécution (des plug-ins pour faire tourner les applications), un langage de développement (JavaFX Script) et différents outils (environnement de développement…). Pour en savoir plus, je vous recommande le blog officiel : JavaFX Blog.

Pourquoi JavaFX ?

Pour mémoire, Sun est le créateur et un des plus gros sponsors du langage Java, maintenant largement répandu dans la communauté des développeurs, et principalement en entreprise et dans le milieu universitaire. Ce langage a la particularité d’être très rigoureux (chose que les informaticiens apprécient) et surtout qu’il est multiplateforme : un seul code pour n’importe qu’elle machine. L’astuce est de mettre à disposition une machine virtuelle qui puisse faire tourner ce code unique. Ce principe est particulièrement intéressant car les applications écrites en Java peuvent être exploitée dans le browser, grâce aux fameuses Applets. En ce sens, Java était précurseur puisqu’il permettait de faire des RIA et des RDA bien avant les autres. Oui mais voilà, Java est un langage sophistiqué (donc complexe) et les possibilités d’interfaces sont limitées. Java c’est donc très rapidement vu voler la vedette par Flash pour ce qui concerne les interfaces riches. Avec JavaFX, Sun espère redorer le blason de Java et pouvoir réussir à regagner la confiance de sa communauté (au détriment de Flash / Flex).

Je précise au passage pour qu’il n’y ai pas ambigüité que Javascript n’a pas grand chose à voir avec Java, en fait rien à voir.

Le principal avantage de JavaFX est de ne pas (trop) réinventer la roue et de pouvoir récupérer une application existante en Java pour mettre par dessus une nouvelle interface plus sexy. Sun choisit donc de capitaliser sur son immense communauté de développeurs comme Microsoft l’a fait avec Silverlight. Plus d’infos ici : What is JavaFX Preview SDK.

La seconde promesse forte est de pouvoir développer des interfaces « portables » sur différents terminaux cibles : web, desktop, mobile, TV et même disques Blue-Ray ! Sun élargit donc le spectre des possibles afin de surenchérir sur des offres d’interfaces universelles comme celle d’Adobe (cf. Adobe sort son arme secrète avec Open Screen).

La contre partie est que pour pouvoir profiter de tout cela, il va vous falloir installer pas mal de chose, dont le Java Runtime Environment (qui pèse plus de 15 Mo), le JavaFX plug-in for browser et le JavaFX Plugin for desktop. Et oui, ça fait beaucoup… Plus d’infos ici : Sun releases preview of JavaFX SDK.

Qu’est capable de faire JavaFX ?

Dans sa première mouture (pré-mouture ?), JavaFX est capable de prendre en charge les animations 2D, différents formats de médias (photo, vidéo…), mais il va falloir attendre quelques mois avant d’avoir la possibilité de faire de la 3D ou du streaming. De même, les versions mobiles et TV du plug-in JavaFX ne seront lancées qu’en 2009 (dates non communiquées).

Au final, nous avons donc une offre très ambitieuse (RIA + RDA + RMA) qui va s’appuyer sur une communauté importante et surtout volontaire (c’est un sérieux atout). Le fait que Sun fournisse dans ce preview un outil pour importer des objets depuis Illustrator ou Photoshop prouve que la communauté des designeurs n’est pas délaissée.

Impossible pour moi de tester le plug-in JavaFX dans le mesure où je suis censé être en vacance à l’heure où je rédige ces lignes, mais les premières impressions sont plutôt bonnes… quoique réservées (cf. Hands on with JavaFX, First Impressions et JavaFX – just for Java guys?). Ce sont visiblement le poids des applications ainsi que la structure du langage qui laissent sceptique. Pas de conclusion hâtive, c’est une preview et surtout c’est une technologie toute neuve, donc ce n’est pas étonnant si elle déstabilise au premier abord (personne n’aime perdre ses repères).

Et alors ?

Bon… force est de constater que JavaFX ne va pas révolutionner le marché du jour au lendemain :

  • L’offre est pour le moment parcellaire et fragmentée (attendons que toutes les briques soient disponibles et finalisées) ;
  • Les possibilités en terme d’animations vectorielles (les trucs qui sont beau et qui bougent dans l’écran) sont pour le moment loin d’approcher ce qu’il est possible de faire avec Flash ;
  • Les possibilités de maniement de contenus audio / vidéo restent à prouver (tout en sachant que Flash est une technologie tout à fait robuste et que Silverlight apporte des innovations tout à fait convaincantes.

Bref, Sun a du retard sur ses concurrents et ils vont devoir travailler très très dur pur le rattraper. Reste un énorme potentiel du côté des RIA d’entreprise, mais Microsoft et Adobe travaillent dur pour évangéliser leur solution respective dans ce domaine.