Compte-rendu de mon voyage au Chili

Déjà deux semaines que je suis rentré du Chili et je n’ai toujours pas eu le temps (courage ?) de vous faire un petit compte-rendu de mon voyage. Voici donc avec un peu de retard mes impressions sur ce pays hors normes.

Il y a déjà la distance : 14 H d’avion sans escale pour aller dans l’autre hémisphère, c’est sûr que je ne vais pas y retourner de si tôt ! Il y a ensuite la configuration : 200 Km de large pour 4.300 Km de long, un « petit » pays (en superficie) coincé entre l’Argentine et l’immense Pacifique.

Santiago : Capitale mondiale des centres commerciaux (et des fruits de mer)

Le moins que l’on puisse dire de Santiago est que le dépaysement n’est pas trop fort : sous influence US notoire, le quotidien des habitants de la capitale n’est pas très éloigné de celui des européens (ou des américains). Point de lamas ou de flutes de pan, le Chili est un pays prospère avec une économie stable. De ce fait, la capitale est à l’image de la croissance du pays : en pleine expansion.

Coincé entre la cordillère des Andes et la chaîne littorale, Santiago étouffe dans la pollution et les gratte-ciels du centre ville poussent comme des champignons. Le quartier des affaires est ainsi surnommé « Sanhatan » (contraction de Santiago et Manhatan).

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Particularité étrange de la ville : quelques collines émergent de cet immense plateau pour apporter un peu de verdure à ce gigantesque paysage urbain (la moitié de la population du Chili est concentrée dans la région de Santiago). Les autorités locales ont eu la très bonne idée de faire de ces collines des zones non-constructibles (transformés en parcs, zoo…). Il y a même une immense statue de la Vierge Marie en haut de la plus grande colline :

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Autre particularité improbable de cette ville : la surabondance des centres commerciaux. C’est bien simple il y en a partout, et ils sont énormes. Pour bien mesurer l’ampleur du phénomène, imaginez Paris avec un Velizy2 dans chaque arrondissement (voir plusieurs pour certains) ! Très surprenant mais sûrement bien pratique les jours de pluie et l’hiver.

Et puisque l’on parle de l’hiver, je regrette de ne pas avoir pu aller skier dans les stations de ski avoisinantes, c’était la pleine saison. La municipalité organise ainsi des package avec A/R en cars et forfait de remontées mécaniques pour la journée au départ du centre ville. Les parkings des centres commerciaux sont alors envahis par d’immenses tentes où il est possible de louer du matériel. J’ai même croisé des touristes en combinaison dans le hall de mon hôtel, ils partaient skier pour la journée.

Du côté du centre-ville, les immeubles sont un peu plus typiques et les rues commerçantes très piétonnes :

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Pour chercher un peu de dépaysement, une seule destination : le quartier de Bellavista. Proche de la zone étudiante, ce quartier bohème est un pur régal de petits bars, restaurants et vieilles bâtisses de toutes les couleurs :

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Très agréables, ce quartier est l’endroit rêvé pour se mêler à la population locale et même pour goûter une bière du coin (pas très bonne d’ailleurs) :

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Côté cuisine locale, la spécialité incontestée du Chili sont les poissons et fruits de mer (les restaurants de sushi sont très à la mode). Il faut dire qu’avec une côte aussi gigantesque, les produits de la mer sont abondants. J’ai ainsi eu la chance de goûter du thon rouge de l’île de Pâques (délicieux) et même des fruits de mer à mi-chemin entre huître et moule (impossible de me souvenir du nom) :

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(un grand merci à Serge et son épouse pour cette découverte culinaire)

Où en est l’internet Chilien ?

Outre mes découvertes touristiques, j’étais également là-bas pour intervenir à la conférence annuelle de l’IAB Chile : Seminario IAB Chile. J’ai donc pu me familiariser avec le marché locale : bon taux d’équipement des ménages et très bon déploiement de l’ADSL. Ceci est bien évidement dû à la très forte concentration de population dans la capitale ainsi qu’à la politique du gouvernement de favoriser l’e-adminstration pour ne pas avoir à installer trop de fonctionnaires tout au long de son immense territoire.

Influence US oblige, on ne parle que de Facebook et de MySpace, mais la star des médias sociaux est incontestablement un service de partage de photo nommé Fotolog. C’est en quelque sorte le FlickR locale qui a été récemment racheté par une société française (hé hé hé).

Beaucoup d’annonceurs et d’acteurs locaux étaient venus pour écouter les différents speakers et essayer d’en savoir plus sur la révolution des médias sociaux : des chiliens, deux américains, deux espagnols, notre Reza national et votre serviteur :

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(un autre grand merci aux organisatrices pour m’avoir donné la possibilité de m’exprimer lors de cette journée)

J’avais choisi de parler de mes thèmes de prédilection du moment : un panorama des médias sociaux, un focus sur les réseaux sociaux et des perspectives d’évolution (notamment dans le domaine du social gaming). Ma présentation était en anglais car je ne me sentais vraiment pas prêt pour la faire en espagnol, mais si je suis invité de nouveau, c’est promis je ferais l’effort !

Je pense très honnêtement avoir plus semé le doute dans l’auditoire qu’autre chose, peut-être s’attendaient-ils à ce que je leur dise que Facebook allait bientôt dominer le monde… Toujours est-il que les personnes qui sont venus me voir à la fin de ma présentation étaient très enthousiastes quant au potentiel des plateformes sociales virtuelles fondées sur le jeu (casual games ou MMO). En tout cas des projets sont en cours et les chiliens ne sont pas en reste, il parait même qu’il y a une forte communauté sur Dofus !

Valparaiso : bohème et douceur de vivre

Après cette journée de conférence et un RDV avec un annonceur locale, direction la côte pour quelques jours à Valparaiso. Une ambiance complètement différente, mais toujours fortement contrastée : d’un côté le port (très industriel) et les collines sur les hauteurs (très bohèmes), de l’autre la station balnéaire de Vina del Mar (très bling-bling) et ses bidons-villes sur les hauteurs. En tout cas quel bonheur de pouvoir respirer l’air du Pacifique après s’être encrassé les poumons dans la capitale.

Pour vous la faire courte, disons que Valparaiso est un des endroits les plus plaisant que j’ai visité (avec Venise). C’est une ville magique où le port est entouré d’une dizaine de collines auxquelles on accède par un réseau de téléphériques.

Valparaiso1

 

Ces collines sont minuscules (à peine quelques rues) et l’ambiance est y très bohème : petites maisons en tôles ondulées de toutes les couleurs, trottoirs et routes défoncées, multitudes d’escaliers et de ruelles où il n’y a rien à faire que de goûter la douceur de vivre et d’apprécier le paysage.

Valparaiso2

 

La ville est maintenant inscrite au Patrimoine Mondiale de l’Unesco et c’est une très bonne chose car ce magnifique panorama ne doit pas bouger. En parlant de bouger… on se demande comment les funiculaires parviennent à gravir ces pentes impossibles (ils datent du début du siècle et ressemblent plus à des ascenseurs qu’autre chose) :

Non seulement la vie sur ces collines est très douces (ils les appellent des cerros) mais en plus elle n’est pas très chère : compter 75 € pour une chambre de charme avec vue sur la baie et 5 € pour un repas typique le midi dans le boui-boui du coin. Il faut dire que le pesos Chilien est indexé sur le dollars US, donc forcément en ce moment c’est très avantageux pour les européens.

C’est donc dans cette ambiance bohème et surannée que mon séjour s’achève au Chili. Grand bonheur pour moi que d’humer l’air marin du Pacifique et de profiter du climat très doux de la saison (c’est pourtant le plein hiver).

Valparaiso3

 

Quand j’ai démarré ce blog il y plus de 5 ans, je ne me serais jamais douté qu’il me permettrait de voyager autant et surtout dans des destinations aussi folklorique que le Chili. Encore une fois un grand merci aux organisateurs de m’avoir invité, de gros bisous à toutes celles et ceux que j’ai rencontré sur place et à une prochaine fois j’espère (message subliminale).

De l’origine des phénomènes viraux

Avez-vous déjà remarqué le nombre de personnes qui accrochent leur gilet de sécurité au dos du siège de leur voiture ?

Comment se fait-il qu’autant de personnes adoptent le même comportement sans se concerter ? Non pas par fierté du respect de la loi, mais tout simplement par mimétisme. A l’origine de cette mode il doit très certainement y avoir une incompréhension (le gilet doit être dans l’habitacle, et non visible dans l’habitacle) qui a été mal interprétée. Puis quelqu’un a eu l’idée d’accrocher son gilet au dos de son siège et cette idée s’est ensuite propagée.

Quels ont été les facteurs-clé de réussite de cette propagation ? Difficile à dire tant le nombre de paramètres est grand. Toujours est-il que ce phénomène viral m’interpelle : Serait-il possible de le modéliser ? De le reproduire ? Aurait-il été possible de l’exploiter (avec des gilets sponsorisés par exemple) ? Quelles sont les règles qui régissent le mimétisme ? Autant de questions auxquelles je doute que l’on puisse trouver une réponse fiable.

Entre nous, si de telles règles existaient, ça serait la fin de la publicité traditionnelle. Qui accepterait de payer des millions d’Euros pour un spot TV alors qu’il suffirait d’une campagne virale (à moindre coût) pour obtenir une exposition similaire ? Mais cette exposition serait-elle réellement similaire ? Non pas tout à fait.
Et c’est bien pour ça que le marché publicitaire est ainsi structuré : pour apporter de la constance et des garantis. Avec les supports traditionnels, il n’y a pas réellement de surprise : le nombre de personnes touchées est à peut près fiable (excepté quelques anomalies d’audience), le message est fidèlement restitué (outre les problèmes d’interprétation pour des publicités trop subtiles) et le ROI est à peut près calculé d’avance. Si c’est les annonceurs payent aussi cher, c’est pour ne pas avoir de (mauvaise) surprise.

Heu… j’en étais où déjà ? ha oui : les gilets de la sécurité routière. Bref, tout ça pour dire que les mécaniques virales sont bien loin d’être maîtrisées (et maîtrisables) et que les médias traditionnels (print, tv, bannières, mots-clés…) ont encore de beaux jours devant eux, surtout pour les annonceurs les plus frileux (soit 99% du marché).

Par contre, les expositions fondées sur la viralité semblent être la solution de replis idéale pour les startups et nouveaux entrants qui n’ont pas les moyens d’enchérir avec les gros acteurs. Idéal ? Pas tant que ça dans la mesure où la prise de risque est importante (échec, déformation du message, buzz négatif…), mais ont-ils réellement le choix ?

SproutBuilder + UGG = PlayCrafter

J’ai comme l’impression que la mode est aux outils de création en ligne : après la vague des outils de retouche de photo (Picnik…) et les outils de création de widgets (SproutBuilder…), nous assistons maintenant à une prolifération d’outils de création de jeux en ligne (cf. EA se lance dans les User Generated Games).

Dernier en date, PlayCrafter semble être aussi un des plus aboutis, du moins en terme d’interface (riche). Il y a tout d’abord une très belle page d’accueil qui fait sauter les conventions et adopte un look résolument cartoon :

playcrafter_home

 

Il y a ensuite ce très bel éditeur de jeux, tout en glissé-déposé avec des très beaux contrôles :

playcrafter_edit

 

Il y a enfin ces fameux jeux où le moteur physique est particulièrement soigné (gestion des collisions et de l’inertie). Une fois créés, ces derniers peuvent être encapsulés dans un blog ou une page perso par l’intermédiaire d’un widget.

Pour mieux appréhender la puissance du moteur de création, je vous recommande cette vidéo de démonstration :

C’est encore une fois du très bon travail de la part des éditeurs de cet outil en ligne réalisé en Flex. Décidément, cette plateforme technologique risque de devenir le standard des outils de création et d’édition en ligne.

(via RWW)

Vers des chaînes de réseaux sociaux ?

Quand j’étais plus jeune, au siècle dernier (à l’époque des pages persos), il existait des réseaux sites qui étaient liés entre eux, ils appelaient ça des web ring. Aujourd’hui nous avons un principe équivalent avec les blogrolls. Mais qu’en est-il des réseaux sociaux ?

Avec la multiplication des réseaux sociaux de niche et la mise sur le marché de plateformes de création de réseaux sociaux toujours plus performantes (Ning…) il se pourrait bien que l’on voit apparaitre des chaînes de réseaux sociaux qui seraient liés entre eux.

Idéalement il faudrait que les profils et listes d’amis soient compatibles. Même si c’est la promesse d’initiatives comme Data Portability, force est de constater que seul Ning parvient à tenir cette promesse (l’interopérabilité des réseaux sociaux).

Bon bref, tout ça pour dire que j’ai récemment découvert une chaîne de réseaux sociaux ciblant tous les sportifs et enthousiastes de sports de plein air :

 

vsn_ring

Ne trouvez-vous pas qu’il y a comme une ressemblance ? Effectivement, ces 4 réseaux sociaux tournent sur la même plateforme technique. Et ils ne se sont même pas embeté à modifier les gabarits de page !

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le potentiel des réseaux sociaux de niche, mais est-ce que des déclinaisons grossières comme celles-ci sont une approche viable ? Bien évidement ce n’est pas le design ou la qualité de la mise en page qui fait le succès d’un réseau (MySpace et SkyBlog nous ont prouvés le contraire), mais je reste sceptique quand à cette approche « industrialisée ». Et vous ?

Télé-shopping + Widget = Qoof

Je vous ai parlé en début de mois de Talk Market, un site affilié à Amazon où les internautes peuvent publier leurs vidéos de présentation de produits (avec un modèle économique reposant sur l’affiliation). Je vous propose de découvrir un autre service de video-commerce qui propose une alternative grâce aux widgets : Qoof.

L’idée est de proposer des widgets encapsulant un lecteur vidéo, un module de commentaire, des mini-bannières, une fonction de click-to-call et même un moteur de recherche.

Qoof

 

La cible principale ne sont pas les internautes mais les boutiques en ligne, et les internautes dans un second temps, c’est donc du BtoBtoC. Concrêtement le service fournit la plateforme d’hébergement des vidéos, le player simple à encapsuler dans la page produit et le widget que les internautes peuvent publier sur leur blog ou page perso. Qoof fournit également le moteur d’affiliation ainsi que d’analyse d’audience.

Voici donc une solution intéressante pour séduire les e-chalands avec des vidéos publiées directement là où il y a du trafic. C’est en quelque sorte la longue traîne du télé-achat (bis).

(via Mashable)