Connaissez-vous la simplexité ?

Je vous propose de découvrir un concept qui me tient à cœur : la simplexité (contraction de simplicité et complexité). Pour faire simple, la simplexité est un art qui consiste non pas à simplifier un produit complexe, mais plutôt à rendre à priori simple un produit qui ne peut pas être simplifié sous peine de ne pas remplir sa fonction.

La première fois que j’ai entendu parler de ce terme c’était chez Renault où un réel effort est déployé pour améliorer le confort d’utilisation et la lisibilité des tableaux de bord (SVP pas de troll dans les commentaires). Mais cette notion s’applique à de multiples domaines comme le design (exemple ici : Quand les constructeurs de l’EGP misent sur le design), l’art (notamment avec des artistes comme Constantin Brâncuşi) ou encore le managment (Manager soyez dans l’art de la simplexité).

C’est d’ailleurs de ce dernier article que je tire une première définition : “Art qui consiste à rendre simple les choses compliquées et à vulgariser le monde dans le but de le mettre à la portée de tous“.

Appliquée à la conception d’interfaces web, qu’est-ce que ça pourrait bien donner ? Voilà ce que je vous propose : “Une interface à la simplicité apparente pour un service à la complexité induite“.

Illustration avec Gmail et son interface de rédaction d’un email : les options sont nombreuses (car c’est comme ça que les systèmes de messagerie fonctionnent) mais les équipes de Google ont trouvé l’astuce en masquant un maximum de choses.

Regardez bien cette copie d’écran, à gauche la version initiale (à l’ouverture de la page) et à droite la version complète (avec toutes les options déployées) :

Gmail1.jpg Gmail2.jpg

L’impression de simplicité à l’ouverture de la page est réelle, par contre en cliquant sur différents liens on s’aperçoit que toutes les options sont bien là. Et voilà : simplicité apparent pour un service à la complexité induite.

Et vous, ça vous inspire quoi ?

41 commentaires pour: “Connaissez-vous la simplexité ?”

  1. Pour moi c’est une des définition du design, rien de plus.
    Ce mot est bien trouvé mais je doute que le design d’interfaces ait besoin de synonimes.

  2. me aculpa pour les fautes !

  3. Hum intéressant… et l’inverse de la simplexité, c’est la complicité ?

  4. L’exemple montré illustre le principe de “progressive disclosure” qui était l’un des principes de conception du Xerox Star et qui figure depuis longtemps dans les Design Guidelines d’Apple.

    Rien de très nouveau…

  5. Pourquoi donner un nouveau nom ??? Au moins ce n’est pas de l’anglais, mais “ergonomie” tout court, voilà qui me conviendrait tout aussi bien.

  6. Je suis d’accord avec Joris sur l’inutilité d’un nouveau mot.

    En même temps, les néologismes c’est tellement “hype kikou love, web 2.0 certified”. ;)

  7. Bonjour à tous,

    J’ai eu la même réaction que Joris dans un premier temps, c’est à dire : simplexité ne sert à rien et la réelle définition est “ergonomie”. Mais le terme de simplexité est plus précis, l’ergonomie englobe plus de domaines et de principes. De plus, l’ergonomie n’a pas pour but premier de simplifier une interface à complexité induite mais simplement de l’adapter à l’agent en poste devant, dans notre cas l’internaute. L’idée de simplification vient dans un second temps pour moi.

    Donc je pense que ce néologisme (temporaire) de simplexité définit un bon axe de réfléxion sur le webdesign.

    Qu’en pensez-vous ?

    Arnaud

  8. Je cherche d’autres exemples que la “dissimulation” pour arriver à la simplexité du webdesign mais j’en vois pas trop.
    Le menu contextuel ou les menus / listes déroulantes reviennent à de la dissimulation. Un bon exemple avec Songza (http://www.songza.com/).

  9. J’ai fais de la simplexité, il y a plus de 2 ans, sans le savoir sur le site http://www.emif.fr pour le module “Nous contacter”.
    Cliquez sur l’icone en haut à droite du module. Et hop, une zone contact plus étoffée apparait.

  10. J’ai toujours pensé que les fonctionnalités peu utilisés, autrement dit “avancés”, doivent être cachés. Plus on rajoute d’options, moins l’interface est compréhensible au premier abord.

    Excellent exemple avec GMail.

    -Simon

  11. rien de nouveau…

    D’ordre générale (dans la vie, les maths et etc) lorsque vous souhaitez résoudre un problème complexe, on le découpe en plusieurs autres moins complexes pour nous permettre des les appréhender plus simplement un a un.
    Pour cela on occulte les autres problèmes le temps d’en régler un.

    C’est simplement du “bon sens” appliqué, la complexité vient de la surcharge de notre esprit à appréhender un problème, ce qui est complexe pour chacun d’entre nous peut être simple pour d’autres.

    La “Simplexité”, encore un mot commercial pour revendre du vieux sous couvert de nouveau. Il y aura bientôt la Simpletité, le fait de prendre les gens pour des simplets.

  12. Comme souvent il faut gérer des contradictions : des fonctionnalités situées profondément dans l’arbo ne seront pas utilisées et une page trop chargée rebutera l’utilisateur.

  13. La démocratisation des usages passe par la simplexité… L’essor du décisionnel pour tous les managers est passé par un processus de simplification profond (tout en maintenant un haut niveau de fonctionnalités)- non plus que pour le DAF.

    Généralement l’ouverture grand public d’une techno pro passe par une simplexification!

  14. Une méthode de la simplexité, consiste à temporiser linéairement l’affichage des options et informations au moment exact où l’utilisateur en a besoin.

    Soit automatiquement en affichant des champs cachés quand d’autres ont été complétés, ou à la demande de l’utilisateur via des petits liens “plus d’options”.

  15. C’est très intéressant.
    Ils ont caché les outils optionnels pour ne laisser place qu’aux zones obligatoires (To, Subject, Body).
    Y’a pas à dire ils savent bosser chez Google.

  16. Paul de Montréal

    Attention de ne pas confondre simple avec facile ou complexe avec difficile.
    L’ancien prompt DOS était tres simple mais il n’était pas facile pour le débutant.
    L’interface Windows était bien plus complexe mais plus facile et intuitive.

    Personnellement, je n’aime pas les options cachées des applications de MS Office qu’il faut à chaque fois faire apparaitre en cliquant sur une flèche bas (sauf si on a trouvé l’option pour afficher le menu complet). Une bonne arborescence bien rangé (ni trop large ni trop profonde) demeure essentiel et sans oublier le menu contextuel.
    L’écran de gauche semble être un très bon compromis tout en conservant la complexité sans l’afficher dès le 1er niveau.

  17. Très bon exemple choisit.

    Selon moi, le fait que cette approche se voit régulièrement affublé de différentes dénomination technico-marketing relève le fait que cette idée n’a toujours pas su devenir réellement une évidence parmis les gentils technicos et autres concepteurs d’interface que nous sommes.

    Les tentatives exasperées de quelques esprits bienveillants de nous rappeler que c’est compliqué d’être simple ne devrez pas êtres critiqués selon moi. C’est comme dans la musique, il est plus facile de faire un grosse mélodie lourdingue que 5 notes harmonieuses que tout le monde apprécie.

    Un jeu d’équilibre entre ce qui doit apparaitre d’emblé et ce qui doit être discret, entre le visible et l’invisible, entre le connu et l’inconnu.

  18. Je ne connaissais pas la simplexité mais en revanche la méthode du Simplexe ( ou algorithme de Dantzig) existe depuis 47 et est couramment utilisée pour résoudre des pbs de Programmation Linéaire ( je l’ai vue et revu récemment, que ce soit en prépa, en ‘Gde Ecole’ française ou à l’Ateneo de Manila University… etonnant que personne n’ai fait le lien..

  19. Je ne sais pas si l’on doit lui choisir un autre nom. Par contre c’est vrai que cela est différent de l’ergonomie “basique”.
    Etant développeur, je suis en train de transformer un de mes logiciels avec cette approche. Je pense que cela ouvre beaucoup de porte notamment pour les utilisateurs ‘plus littéraires’. Mais le temps de développement s’accroit…

  20. Quand on sait que seuls 2% des personnes utilisent les fonctions dites de “recherche avancée” on peut légitimement se demander si l’internaute lambda est à l’aise avec ces fonctionnalités “masquées” par défaut.

    Bien vu pour le terme simplexité, je ne connaissais pas.

  21. Simple mais fallait y penser :).

    Un script ultra simple à mettre en place
    http://turnleft.inetsolution.com/hide-optional-example.html#

    Le seul inconvénient que je peux voir, c’est la perte de qualification de l’utilisateur (il aura moins tendance à compléter son profil), mais en point positif, un aspect du formulaire plus court et donc potentiellement moins de perte dans l’inscription.

  22. @CUT HERE
    Ton exemple de formulaire d’inscription est original mais moi j’irrais jusqu’à supprimer les informations optionnelles totalement du formulaire. C’est uniquement lorsqu’on en aura besoin plus tard qu’on pourra demander à l’utilisateur de les renseigner en lui expliquant clairement pourquoi c’est nécessaire.D’ailleur c’est ce que je vais expérimenter dans un nouveau service que je suis en train de créer.

  23. Je comprend les commentaires désabusés envers cet article qui à l’air d’enfoncer des portes ouvertes.

    Toutefois ce concept qui paraît une évidence est pourtant le pendant de l’ergonomie : c’est tellement évident que personne n’y pense !

    Alors, ce néologisme à le mérite de donner corps à un principe et au moins c’est plus facile à placer dans une conversation qu’une série de mot.
    On pourrait aussi trouver à ce terme une similitude avec un terme du vocabulaire “ergonomique” : Usability.
    Après tout, comme le fait remarquer François, cela laisse le choix aux utilisateurs débutants ou avancés. Le débutant ne sera pas perdu et l’avancé, devra de toutes façons prendre plus de temps pour remplir les options avancées donc devra faire apparaître par lui même ces options, mais tout cela dans le même processus (“je rédige un mail” pour l’exemple utilisé).

    On peut faire la même observation dans les jeux vidéo, avec pour bon exemple Blizzard qui réussi à rendre la prise en main de ses jeux quasi immédiate (interface ergonomique) tout en proposant un gameplay relativement profond.

  24. Le validateur du W3C (dans sa nouvelle version) en est un autre bon exemple je trouve: http://validator.w3.org/
    C’est presque inattendu de la part d’un organisme aussi technique que le W3C!

    A l’arrivée sur la page, on ne voit qu’un unique input text où l’on peut coller le lien de la page à valider et cet input est complété par un lien ‘More options’ qui affiche des options ultra-techniques concernant le Doctype ou l’encodage ou d’autres options utiles à très peu de monde. Il y a aussi 2 autres onglets pour 2 méthodes alternatives de soumission du code de sa page HTML, lorsqu’un firewall empêche la page d’être vue de l’extérieur ou que l’on travaille en local.
    Cela répond aux besoins les plus spéciaux tout en évitant de compliquer la vie du commun des webmasters.

  25. Ah, j’aurais du lire cet article avant de poster un commentaire dans le suivant.
    Je suis à fond pour le concept, d’autant qu’il parait évident.
    Mais attention, créer des interfaces simples et faciles à utiliser recquiert énormément d’énergie et de temps de recherche, car contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est loin d’être simplement une question de bon sens, car, ce qui pourrait me paraître être du bon sens, à moi, pourrait ne pas du tout l’être pour mon voisin.
    La “simplexité” recquiert beaucoup d’efforts en recherches ergonomiques et c’est pour cela qu’on ne la retrouve pas partout et même plutôt rarement, car seules de grosses firmes, comme Google, Yahoo ou Amazon, dans le ecommerce, possèdent ce genre de moyens.
    Si vous êtes fan de ce genre de ce sujet, n’hésitez pas d’ailleurs à vous tourner vers des blogs à ce sujet; il en existe plein, tous en anglais malheureusement.
    Voici une liste :
    http://www.uxmatters.com/
    http://www.boxesandarrows.com/
    http://www.ok-cancel.com/

    Et puis, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter de ce monsieur, vous ne perdrez pas votre temps : http://www.useit.com/alertbox/

  26. Je pense que la perspective qui est donnée ici est incomplète, en fait la simplexité :
    c’est qu’une fois les fonctionnalités réduitent au minimum et hierarchisées en fonction de l’identité du produit, l’interface doit être pensée pour correspondre à la métaphore fonctionnelle (donc l’ergonomie vient à ce niveau). Les fonctions secondaires apparaissent ensuite (ou pas) de façon intelligente, en fonction des actions faites dans un premier temps par l’utilisateur.

    En réalité je pense que la simplexité peut être décrite comme une arborescence minimaliste et scénarisée des fonctionnalités d’une interface.

  27. Petite note historique: “simplexité” (ainsi que “multiplexité”) est utilisé dans la nouvelle de SF “Empire Star” (1965) de Samuel R. Delany. Je cite de mémoire, je n’ai pas relu la nouvelle. “Simplexité” est donc un “vieux néologisme”.

    Il y a aussi l’acronyme WYSIWYN (what you see is what you need), qui me semble beaucoup plus explicite que “simplexité”.

  28. Si si je trouve que “simplexité” reflète bien le problème à résoudre pour permettre une progression intuitive dans un contenu ou un usage complexe et que l’on ne veut pas trier préalablement les utilisateurs de niveaux d’expertise très différents ni en frustrer aucun.
    Et le modèle fonctions prinicipales / fonctions secondaires pas toujours si simple à appliquer.

  29. L’écran de départ est simple et le deuxième n’est pas complexe mais complet. Je pense que cela permet à l’utilisateur de se concentrer sur l’essentiel et en option, s’il a besoin, il peut d’aller plus loin avec le même logiciel.

  30. Votre définition correspond à ce qui a toujours été pour moi “la pédagogie”.

    Daniel
    Ancien enseignant

  31. La simplexité est en partie ce que vous dites mais pas seulement. C'est aussi dire que des systèmes qui paraissent complexes ne le sont pas tant que ça. Par exemple la forme d'un poumon semble très complexe mais ceux qui connaissent Mandelbrot et les fractales savent que la forme est finalement basée sur un motif très simple répété de nombreuses fois.

    Deux ouvrages sur la simplexité, un en français l'autre en anglais :
    http://www.science.gouv.fr/fr/a-decouvrir/bdd/res
    http://www.simplexitybook.com/SimplexityBook.html

  32. Excusez ma réaction tardive !
    La simplexité ne complexifie-t-elle pas la simplicité ?
    Je viens de traiter le thème de l’art de la simplicité tout simplement avec quelques pistes.
    http://tinyurl.com/yeytdgo
    Qu’en pensez-vous ?
    Amitiés
    Y.M

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