Web 2.0 : une première définition ?

Ces derniers temps le web 2.0 a le vent en poupe. On en parle beaucoup dans la blogosphère mais les avis semblent très partagés. Je vous propose de décortiquer ce phénomène obscur.

C’est quoi le web 2.0 ?

Le web 2.0 c’est… enfin ça veut dire… ça… heu… ça désigne… bon OK je cale. Il existe bien une définition sur Wikipedia mais elle ne me satisfait qu’à moitié. Regardons la vérité en face, le web 2.0 est pour l’instant une notion un peu fourre-tout. Mais plutôt que de s’arracher les cheveux à chercher une définition qui plaise à tous, il serait sûrement plus instructif d’étudier les motivations de ceux qui essayent de le construire.

Pourquoi avons-nous besoin d’un nouvel internet ?

Voilà près de 10 ans que l’internet que nous connaissons est apparu. En 10 ans, que c’est-il passé ? Pas grand chose ! Tout au plus les technologies sur lesquelles est fondé l’internet (HTML, JS, GIF…) ont-elles légèrement évoluées vers un cadre mieux défini, plus ouvert et plus standard (XHTML, CSS, DOM, PNG…).

Avouez-le, internet est en pleine crise de croissance. Il y a 5 ans il suffisait de porter son modèle économique en ligne pour affoler les investisseurs. Aujourd’hui la situation est beaucoup plus délicate car saturée. Est-ce que vous vous imagineriez allez voir votre banquier avec un projet de vente en ligne de livres, de CD, de vin ou encore un site d’enchères ? Il vous rigolerait au nez !

Après la maturation, le déclin

La situation est très simple : internet a atteint une phase de maturité. Les sites et services en ligne qui reposent sur le bon vieux HTML ne séduisent plus grand monde, à quelques exceptions près (souvenez vous qu’il existe déjà un Amazon, un eBay, un Dell…).

Et le danger est là : pas d’innovation = pas de séduction = pas de croissance = les chinois / indiens produisent la même chose pour 5 fois moins cher = destruction de valeur. Pour maintenir une croissance il faut un souffle nouveau, une expérience plus riche, des services plus performant. Et c’est là où le web 2.0 entre en scène.

Qu’est-ce que le web 2.0 m’apporte à moi (être humain) ?

Le web 2.0 apporte un ensemble d’innovations sur l’interface qui permettent :

  • moins de clics (grâce à l’utilisation du drag & drop…) ;
  • plus d’informations affichées à l’écran (à l’aide des panneaux dépliant et autres layers) ;
  • moins de temps de chargement (en ne faisant circuler que les données et pas l’interface à chaque fois).

Allez donc voir cette page de démonstration pour vous rendre compte.

Et à moi (la machine) ?

Côté traitements, là encore le web 2.0 innove :

  • des architectures plus flexibles (grâce aux langages de dernières générations) ;
  • des protocoles de communication plus ouverts (vous avez sûrement entendu parler des web services) ;
  • une interopérabilité plus poussée (syndication via RSS, et utilisation d’API comme chez Google Maps).

OK, mais où est l’innovation dans tout ça ?

Le caractère innovant du web 2.0 ne vient pas forcément des technologies utilisées (Flash, AJAX…) mais plutôt de la volonté de proposer plus et mieux. Pour vous donner une idée plus précise, allez donc comparer des services comme GMail ou Google Maps à leurs concurrents (respectivement Yahoo! Mail / Hotmail et Mappy / Via Michelin). Vous ne trouvez pas ça mieux ? N’y a-t-il pas moins de clics à faire ? N’est-ce pas plus rapide ?

Révolution ou évolution ?

Évolution, définitivement. On peut facilement faire une analogie entre le web 2.0 et les pellicules photo APS : grossièrement c’est la même chose (ça reste un pellicule photo), mais à l’usage il y a des petites améliorations qui améliore l’expérience (3 formats, index des photos, indicateur d’exposition…).

Pour le web 2.0 c’est la même idée : une multitude de petites améliorations :

Et maintenant ?

Et maintenant quoi ? Tout reste à faire, certains nous ont montré la direction à prendre, à vous de leur emboîter le pas… ou de vous préparer à affronter la concurrence chinoise !

MAJ (26/08/2005) : Bon OK, l’exemple du format APS n’était peut-être pas le bon. Toujours est-il que si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, et je suis sûr que c’est le cas, je vous recommande ce blog dédié au web 2.0 : Read/Write Web.

MAJ (26/08/2005) : Voici un autre article très instructif (tout est dans le titre) : Web 2.0 is Not About Technology, Its About Sharing Information.

MAJ (29/08/2005) : Un p’tit dernier et j’arrête : Web 2.0 – Your Technology is in my Experience.

Google lance sa messagerie instantanée

Ça y est, Google vient de lancer un service concurrent de MSN Messenger et Yahoo! Messenger : Google Talk.

Logo de Google Talk

Je laisse le soin à d’autres de décortiquer en long en large et en travers ce nouveau service. Par contre il y a juste un petit détail sur lequel je souhaite mettre l’accent : une fonctionnalité toute bête mais géniale.

L'interface de Google Talk

Pour s’inscrire à Google Talk, il faut ouvrir un compte GMail (comme pour les services concurrents). Si vos amis ne sont pas disponibles, l’interface vous propose l’alternative de les contacter par email. Simple, efficace, parfait, rien à redire.

Ce matin je serais en ligne, quelqu’un veut-il tester ?

MAJ (24/08/2005) : En fait, à y regarder de plus près il s’agit d’un peu plus que de la messagerie instantanée puisque ce logiciel vous propose 3 modes de connexion : email, messagerie instantanée et voix sur IP. Très impressionnant !

MAJ (24/08/2005) : Ça y est, j’ai enfin trouver un cobaye pour tester et je suis TRÈS impressionné. Au-delà de la qualité d’écoute c’est surtout l’interface qui me séduit :

GoogleTalk

 

Très simple, il se rapproche fortement de celui des téléphones mobiles. J’adore !

Les fichiers PDF peuvent être accessibles

Et oui, j’ai été le premier surpris de lire cette… révélation et pourtant elle nous vient d’un gourou de l’accessibilité (Joe Clark) qui vient de publier une article sur le sujet : Facts and Opinions About PDF Accessibility.

Cet article est lourd d’enseignements et l’on y apprend plein de choses qui viennent bousculer les préjugés sur le format PDF :

  • il est possible d’utiliser des balises dans un document PDF (au même titre que dans une page HTML) ;
  • les lecteurs d’écrans peuvent lire les fichiers PDF (à l’aide d’extensions) ;
  • il n’est pas discriminant de ne pas proposer de contenu alternatif à un fichier PDF (du moment qu’il est bien structuré).

L’auteur précise fort justement que le problème vient encore (et toujours) de la mauvaise utilisation du format PDF plutôt que des limitations structurelles de cette technologie.

Au passage vous noterez la nouvelle version du site A List Apart avec une largeur de page figée en 1024 pixels.

HumanML sur les traces de Passport

C’est nouveau ça vient de sortir : HumanML est un méta-langage dont l’objectif est de faciliter la communication entre les êtres humains et les machines : HumanML, the Human Markup Language. Le principe est d’aider les utilisateurs à trouver de l’information pertinente sur la base de caractéristiques (culturelles, physiques, psychologiques…) qu’ils déclareraient à l’aide de ce méta-langage.

Hum… Tout ça me parait un peu limite, non ? Est-ce que le consortium OASIS à la base du projet ne serait pas en train de nous refaire une sorte de Passport de Microsoft mais en standardisé ? Toujours est-il que __cela relance le débat sur la personnalisation_.

A ce sujet, allez donc jeter un oeil sur le billet que j’ai publié su le blog de ZDNet : Oui à la personnalisation… et au respect de la confidentialité.

AJAX : une simple itération des applets Java ?

Non mais qu’est-ce que c’est que ce guignol ? Le cabinet Forrester Research vient de publier un rapport sur la technologie AJAX et devinez quelle est la conclusion de l’auteur : Les limitations technologiques, l’absence de standards et le champ d’application limitée font ressembler la technologie AJAX plus à une itération des applets Java qu’à une révolution complète. Vous ne trouvez pas ça un peu grotesque de comparer une technologie nativement disponible pour tous avec un plug-in de 120 Mo ?

Par contre j’ai comme un doute et les lecteurs éclairés pourront me donner leur avis : il me semblait qu’AJAX était basé sur Javascript et les CSS, si l’on se conforme au DOM une application AJAX devrait être standardisée, non ? Quelqu’un peut-il nous apporter son expertise ? (via Thinking and Making)

MAJ (24/08/2005) : Un article très intéressant sur le sujet : AJAX and JavaScript – Because You Should, Not Because You Can.