De l’art de rédiger des messages d’erreur accessibles

Alors que le débat Flash contre l’ accessibilité fait encore rage (allez donc voir les commentaires) je vous invite à lire cet article très pertinent sur comment rédiger des messages d’erreur accessibles : Communicating error messages accessibly. Outre les recommandations sur la lisibilité et l’intuitivité du message à faire passer, l’auteur nous propose une innovation très pertinente dans le cas d’un formulaire : inclure des liens vers les champs qui posent problème lors de la validation.

Un exemple de message d'erreur accessible

Allez voir l’exemple, c’est vraiment remarquable.

Facilité d’achat vs. facilité d’usage

Ce matin dans le JDNet un article sur les compagnies aériennes américaines et leur taux de transformation : Les compagnies aériennes transforment mieux. L’article, fondé sur une étude de Nielsen NetRatings souligne un constat dramatique : le taux de transformation est bien supérieurs sur les sites des compagnies aériennes que sur les sites des voyagistes (jusqu’à 14% pour les premiers et à peine 5% pour les second). Pourquoi dramatique ? Tout simplement parce que les internautes ont tendance à utiliser les voyagistes comme source d’information initiale, avant de concrétiser leur achat directement sur les sites des compagnies aériennes.

Un vrai drame car c’est autant de moyens investi dans un dispositif qui rapporte de l’argent aux autres ! Peut-être qu’une conception centrée sur la facilité d’achat (incitation très forte à passer à l’acte immédiatement) plutôt que sur la facilité d’usage (effectuer un relevé de prix en 3 secondes et aller acheter son billet d’avion ailleurs) pourrait limiter cette fuite de chiffre d’affaires ?

Au fait, avez-vous jeté un oeil au site Orbitz ? Il propose des interfaces de résultats de recherche très impressionnant (vols ou hôtels), pas tout à fait riche au sens comportement mais en tout cas novateurs.

Flash et l’accessibilité : halte à l’hypocrisie

Si vous lisez ce blog régulièrement, alors vous savez que je suis un fervent défenseur des interfaces web enrichies. Des nombreux exemples que j’ai cités, la majeure partie ont fait l’objet de commentaires du type désolé mais ce n’est pas accessible. Au-delà de l’aspect stérile de la critique, je souhaiterais revenir sur 2 ou 3 points qui me semble essentiels pour la compréhension des enjeux dont il est ici question.

C’est quoi l’accessibilité déjà ?

Être accessible ça veut dire apporter un service équivalent aux personnes souffrant de handicaps (visuels, moteurs, cognitifs…). Un service équivalent ne veut pas dire un service identique, et c’est là où réside une grosse confusion. Il est absurde de demander à une application Flash d’être accessible, elle ne le sera jamais. Par contre, c’est l’alternative qui va être proposée qui doit l’être.

Prenons un exemple : l’escalier central du nouvel Airbus A380 n’est à priori pas accessible (on ne peut pas l’emprunter en chaise roulante), est-ce pour autant qu’il faut interdire à cet avion de voler ? Non, il suffit de prévoir des places adaptée aux handicapés au rez-de-chaussée de l’avion. Pour un site web c’est la même chose : la très belle interface riche Diamond Search proposée par Amazon n’est pas accessible, par contre son équivalent HTML l’est (ou pourrait l’être). Idem pour le service de messagerie en ligne de Google (GMail) qui propose une interface riche (basée sur AJAX) et une classique (basée sur HTML).

Mon site n’est pas accessible, est-ce grave ?

Pas forcément, tout dépend de vos priorités. J’ai été récemment impliqué dans un projet de création d’un site web sur le thème des risques professionnels. Ce site dépendant de l’Assurance Maladie (donc de la Sécu), je me suis débattu comme un diable pour le rendre accessible. Manque de chance, ce n’était pas une priorité : les mal et non-voyants ne sont pas dans la cible prioritaire. Pas dans la cible prioritaire alors que c’est un site du service public qui n’a rien à vendre ? Alors vous imaginez pour un site de marque au sein d’un environnement hyperconcurrentiel, l’accessibilité est encore moins une priorité.

Pensez avant tout à ce que vous souhaitez accomplir

Un projet de site n’est qu’une série de compromis. En fonction de vos objectifs (vente en ligne, génération de leads qualifiés, collecte de données sur des consommateurs potentiels…) abandonner l’accessibilité peut être un compromis pour allouer plus de moyens (ressources, budget, temps…) à d’autres sujets plus prioritaires comme la capacité à se différencier, à être persuasif, à proposer une expérience plus riche que les concurrents… et c’est là où les interfaces riches (Flash ou autre) peuvent vous aider à atteindre ces objectifs.

Est-ce un crime ? Non, n’oubliez as que 99,99% des sites ne sont absolument pas accessibles. A commencer par les poids lourds (Yahoo!, Google, Amazon, eBay) qui s’adressent pourtant à une population-cible très large.

Mais alors, c’est foutu ?

Bien sûr que non, il est tout à fait possible d’intégrer des animations Flash dans un site et de le rendre accessible. Il suffit pour cela de proposer un équivalent textuel qui apporte le même niveau d’information, un peu comme pour la description des images. Chevrolet propose ainsi un site conforme et accessible avec de nombreuses animations Flash. Idem pour le site du planétarium de Montpellier qui a décroché une certification BrailleNet avec une animation Flash en page d’accueil. Encore une fois, les animations et interfaces Flash n’ont pas vocation à être accessibles, elles servent avant tout à proposer une expérience plus riche.

Pourquoi parler d’hypocrisie alors ?

Oui je sais, le mot est dur. Mais il est là pour dénoncer ceux qui cachent leur résistance au changement voir leur ignorance derrière de soi-disant bonnes intentions. Se soucier de l’égalité des chances de tout un chacun devant l’outil informatique est une chose, brandir la bannière de l’accessibilité comme un épouvantail en est une autre. Je suis persuadé que les personnes souffrant de handicap n’ont pas demandé à être impliquées dans le débat Flash / Accessibilité. Pourquoi les enrôler de force ?

Conclusion

Les innovations font peur, ce n’est un secret pour personne. Masquer cette peur en exploitant le handicap des mal et non-voyants ce n’est pas très fair-play. Avant de porter un jugement (voir de condamner) il est toujours bon de se poser les bonnes questions :

  • C’est quoi un site accessible ?
  • Rendre mon site accessible est-il une priorité ?
  • Est-ce prendre un gros risque que de privilégier les biens-voyants (en leur proposant une expérience plus riche) au détriment des mal et non-voyants (au risque de na pas pouvoir se différencier) ?

Une fois que vous aurez répondu à ces questions, alors vous pourrez porter un jugement et prendre votre décision.

Des catalogues interactifs dans tous les sens

En ce moment, c’est la mode des catalogues interactifs. Après ceux de La Redoute et de Verbaudet, je vous propose de découvrir les prospectus interactifs d’Auchan.

Le prospectus interactif de chez Auchan

Le principe est le même que pour les catalogues interactifs (une navigation qui reproduit le principe des pages, des zoom produits…) mais adapté à un prospectus (donc limité dans le temps). Le principe est sympa, mais il manque peut-être un index. De même, est-ce que la liste que l’on peut créer est conservée, peut-on la ré-incorporer à une liste existante ?. Pour plus d’infos, voir l’article du JDNet : Auchan invente le Webalogue.

Et tant que l’on parle de VPC, aviez-vous vu les mannequins en 3D que propose La Redoute : Ma cabine d’essayage. (merci à Julien L. pour le lien)

MAJ (27/06/2005) : Ca y est, le mannequin virtuel de La Redoute est officielement en ligne : http://mannequin.redoute.fr/. H&M propose également un service en ligne de mannequins : H&M Poolside. Est-ce que je rêve où c’est bientôt l’été ?

/! Billet initialement publié sur FredCavazza.net.

C’est combien le taux de conversion de Google ?

Voilà une question très intéressante à laquelle tente de répondre Anthony Garcia : Does Google Enjoy 100% Conversion?. La question n’est pas simple puisque 100% des gens qui viennent sur Google effectuent une recherche. D’un certain point de vue, si l’objectif de Google est d’afficher des pages de résultats de recherche, alors son taux de transformation est de 100%.

Selon vous, quelle serait la bonne formule pour le taux de conversion :

  1. le nombre de visiteurs qui accèdent à une page de résultat ?
  2. le nombre de visiteurs qui cliquent sur un lien affiché dans une page de résultats ?
  3. le nombre de visiteurs qui cliquent sur un lien publicitaire affiché dans une page de résultats ?
  4. le nombre de visiteurs qui arrivent sur la page d’accueil d’un site affiché dans une page de résultats ?

Hum, pas évident…