En finir avec la règle des 3 clics

Qui ne connaît pas la règle des 3 clics : aucune information ne doit se trouver à plus de trois clics, ou encore les utilisateurs ne doivent pas faire plus de 3 clics pour trouver ce qu’ils cherchent. Depuis le temps que j’enrage sur cette fausse règle, les gens de chez UIE apportent enfin de l’eau à mon moulin avec une étude très sérieuse sur le sujet : Testing the Three-Click Rule. En voici les conclusions :

  • Il n’y a pas de rapport entre le nombre de clics et la réussite d’une recherche d’information;
  • Les utilisateurs ne sont pas plus tenté de quitter un site après 3 clics qu’après 12 clics;
  • Sur l’ensemble des tâches testées par les utilisateurs, un taux moyen de réussite de 80% a été atteint avec une moyenne de 12 clics;
  • Il n’y a aucun rapport entre le nombre de clics effectués par les utilisateurs et leur sentiment de satisfaction (ou de frustration) vis à vis d’un site Web.

La conclusion de l’étude est la suivante : le nombre de clics importe peu, l’essentiel est que les utilisateurs arrivent à leur fin.

A mon tour de broder un peu sur le sujet. Cette fameuse règle des 3 clics part d’un bon sentiment mais sa mise en application dépend de beaucoup trop de choses. Sur mon site par exemple, où le volume de contenu est relativement faible, tout est accessible en moins de 3 clics. Comment peut-on arriver au même résultat sur des sites de tailles beaucoup plus importante comme celui de Microsoft ou d’AXA ? La réponse est la suivante : c’est tout simplement impossible, et le pire c’est que ce n’est pas si grave. Encore une fois, l’important n’est pas le nombre de clics mais les difficultés que les utilisateurs vont rencontrer pour trouver leur information (ou accomplir leur tache). Je m’explique : Plus vous réduisez le nombre de clics et plus vous devez augmenter le nombre de choix possibles par pages, c’est mathématique. En d’autres termes, en réduisant le nombre de clics (donc de choix) on augment la charge cognitive, la réflexion que l’utilisateur devra mener pour choisir le bon lien. En clair, un utilisateur pour arriver à ses fins peut mettre 15 secondes et 3 clics ou alors 10 secondes et 5 clics. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il passera moins de temps à lire l’ensemble des liens disponibles, interpréter les choix possibles et prendre une décision.

En conclusion, je dirais ceci, plutôt que de s’en tenir à la règle des 3 clics et devoir exposer les utilisateurs à des choix trop compliqués, mieux vaut privilégier la simplicité d’utilisation en proposant aux utilisateurs des choix plus simples (donc moins source d’erreurs) quitte à leur faire faire plus de clics. De toute façon, les utilisateurs adorent cliquer, je l’ai constaté à maintes reprises lors des tests d’utilisabilité que j’ai pu mener !

Meta-données et Dublin Core

Un très bon article vient de sortir sur Boxes And Arrows : 2003 Dublin Core Conference Summary. On y parle bien sûr de meta-données et de Dublin Core. Il est en ressort que si la norme DC a été adoptée par les professionnels du mode de la documentation et des sciences de l’information, son utilisation dans un contexte autre (comprenez par là en entreprise, où plus particulièrement dans les sites Web et les SI des entreprises) reste très marginale. Il est vrai qu’il n’existe pas moult solutions prêtes à l’emploi pour implémenter un couplet gestionnaire de meta-données / moteur de recherche sémantique.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les meta-données, je vous recommande l’article de synthèse disponible sur OpenWeb : Métadonnées et Dublin Core. Il existe également le site iMotep qui dispose d’une section dédiée aux meta-données (aussi bien Dublin Core que des meta-données appliquées à un secteur d’activité en particulier, en l’occurrence TourinFrance pour le tourisme institutionnel. Sinon, vous pouvez toujours allez voir le code source de ma page d’accueil pour voir comment ça se présente.

Un outils de gestion de contenu dédié aux sites 100% Flash

Je parlais récemment dans un billet du grand dilemme : Flash ou pas Flash ? Voici une info qui va relancer la polémique : CMSMX est un outils de gestion de contenu spécifiquement adapté aux sites 100% Flash. A priori, l’idée est bonne, puisque la gestion de contenu est une problématique universelle, quelle que soit la technologie employée. Par contre, je me pose la question de la pertinence de sites 100% Flash avec un contenu riche (donc nécessitant l’utilisation d’un outils de gestion). Je m’explique : je ne suis absolument pas réfractaire aux sites très esthétiques privilégiant l’ambiance et l’immersion dans un univers de marque (très usité par les sites de luxe ou par les sites de constructeurs automobiles). Par contre, avoir recours à une technologie comme Flash, avec toutes les faiblesses ergonomiques et sémantiques qui vont avec, pour un site avec un contenu textuel me semble complètement inadapté. Essayez donc de naviguer sur le site de l’éditeur : EGO7.com et de cliquer sur le bouton ‘Retour’ pour vous en convaincre.

Du nouveau chez Nielsen

Ça y est ! Les résultats du concours de re-design du site de Jakob Nielsen (UseIt.com) viennent d’être publiés. Rappelons que ce concours, organisé par BuildForTheFuture, a pour objectif de rendre le site du docteur Nielsen un petit peu plus attractif qu’il ne l’est à l’heure actuel. Les différentes propositions sont inégales mais on n’y trouve des choses très intéressantes. Suffisamment intelligentes pour améliorer le site de ce donneur de leçons rabat-joie !

e-Shopping chez Patagonia : la machine à remonter le temps

Alors que certains s’efforcent de développer une nouvelle forme de sites marchands : le rich commerce comme Camper en Espagne, d’autres comme Patagonia décident de prendre la direction opposée et proposent du feuilletage de catalogue en ligne. Non, vous n’avez pas rêvé, du feuilletage de catalogue en ligne ! J’avoue être plus que sceptique face à cette nouvelle tendance. Personne ne va remettre en cause l’impact et l’efficacité d’une brochure papier dans la cadre d’une recherche d’information préalable à un achat. Personne ne peut également remettre en cause les avantages et le potentiel de l’e-Commerce dans le cadre d’un achat en ligne après la prise de décision d’achat. Je suis un fervent partisan des innovations en termes de présentation des produits en ligne, d’assistants d’achat et d’aide à la vente (allez donc voir les démo du site RichCommerce.com pour vous en convaincre), mais proposer aux utilisateurs de feuilleter un catalogue en ligne, alors là… je suis scotché…