En route pour Las Vegas

Comme chaque année à cette période, je m’envole pour Las Vegas afin d’assister à la grande messe annuelle du web design : Le MIX 2010. Cette année la conférence géante de Microsoft déménage à l’autre bout du strip pour se tenir au Mandalay Bay, un hôtel très prestigieux avec une plage artificielle, son récif de coraux et ses bâtiments en forme de lingots d’or (serait-ce un message subliminal envoyé aux joueurs ?).

L'hotel où va se dérouler la conférence de Microsoft

L'hotel où va se dérouler la conférence de Microsoft

Ce n’est pas tant pour le plaisir de tester les tous nouveaux scanners corporels que pour en savoir plus sur ce que nous prépare Microsoft dans les prochains mois :

  • Au niveau des RIAs avec Silverlight 4 (peut-être une annonce sur l’accélération matérielle comme sur le dernier Flash Player) ;
  • Au niveau de la mobilité je vais pouvoir approcher de près le Windows Phone et en savoir un peu plus sur le mystérieux project pink ;
  • Au niveau des logiciels avec des infos sur IE 9 (suport de HTML 5 et CSS 3 ?), Office 10 en mode SaaS, une hypothétique Azure Marketplace et peut-être une nouvelle version de sketchflow dans Expression Blend ;
  • Au niveau des touchbooks avec le Slate et peut-être plus d’infos sur le Courier ;
  • Au niveau des jeux avec le Project Natal (en réponse au PlayStation Move de Sony) et les jeux cross-plateforme

Bref, ça ne va pas chômer. J’aurais également la chance d’écouter de très grands noms du web design comme Bill Buxton, Molly Holzschlag, Luke Wroblewski.

À très bientôt pour les premiers comptes-rendus (et aussi sur Twitter : #Mix2010 et @Mix10French).

À la recherche de nouveaux formats hybrides pour les touchbooks

Alors que la date de sortie officielle de l’iPad a été annoncée au 3 avril prochain et que de sérieux concurrents commencent à pointer le bout de leur nez (HP Slate, Dell Streak…), nous sommes toujours dans l’expectative pour savoir quel type de contenu va faire mouche sur les touchbooks. Après avoir tourné le problème dans ma tête de nombreuses fois, j’en viens à la conclusion que les contenus réellement adaptés aux touchbooks ne sont pas encore là, mais que nous n’en sommes pas très loin. Plusieurs expérimentations me laissent en effet penser que la solution se trouve dans un format hybride à mi-chemin entre web-documentaire, livre / BD enrichis et jeux narratifs. Encore faudra-t-il résoudre le casse-tête du format et de la distribution, mais nous reviendrons là-dessus plus tard.

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des web-documentaires, ces documentaires morcelés en chapitres librement accessibles mélangeant du texte, des photos, de la vidéo… Après en avoir consulter plus d’un, force est de constater que l’on n’est pas très bien installé sr une chaise en face de son écran. Par contre, visionné sur un touchbook dans votre canapé favori, l’expérience est autrement plus intéressante. Imaginez ainsi ce que pourrait donner un contenu comme Afrique : 50 ans d’indépendance

Le web-documentaire d'Arte sur l'indépendance de l'Afrique

Le web-documentaire d'Arte sur l'Afrique

Le niveau d’interactivité est parfaitement adapté à ce que l’on peut faire sans trop d’effort sur un écran tactile : Choisir un chapitre, cliquer pour lire un texte complémentaire, laisser un commentaire…

Il y a ensuite le cas des bandes dessinées qui pourraient tout à fait être adaptées sur les touchbooks. Nous avons déjà des start-up qui se positionnent sur le créneau comme Graphic.ly ou Panelfly mais je ne suis pas certain qu’ils prennent la bonne direction. Je suis ainsi bine plus conquis par ce que propose les Humanoïdes associés avec le portage sur Megalex sur iPhone.

La BD Megalex sur votre iPhone

La BD Megalex sur votre iPhone

Au final nous nous retrouvons avec une vidéo, mais l’expérience est tout à fait convaincante : Le fait de remplacer les bulles par des bruitages et voix d’acteurs ainsi que les effet de traveling sur les cases procurent un sentiment d’immersion tout à fait saisissant.

C’est d’ailleurs rigoureusement le même procédé qui est utilisé pour N, la BD vidéo de Stephen King :

N, la BD en vidéo de Stephen King

N, la BD en vidéo de Stephen King

C’est bien une vidéo “toute bête” qui est utilisée, mais avec un peu d’imagination on se dit que ça ne devrait pas être très compliqué de faire ça en Flash qui à la base est fiat pour ça (de l’animation vectorielle). Du Flash sur l’iPad ? Mais oui bien sûr puisqu’il existe maintenant la possibilité de compiler un contenu Flash pour en faire une application iPhone, le recours à Flash ne semble plus être un problème.

Nous pourrions même envisager des choses encore plus poussées avec la possibilité d’interagir avec le contenu comme nous le présente l’éditeur Penguin sur cette vidéo (cf. How Penguin Will Reinvent Books With iPad) :

L’idée est de transformer le lecteur en… lecteur actif ? Acteur ? Gribouilleur ? Je ne sais pas trop quel terme utilisé mais nous sommes bien dans un cas de figure unique où les enfants peuvent interagir directement sur le contenu (c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce type d’ouvrage) :

Le livre de coloriage de Penguin

Le livre de coloriage de Penguin

Nous quittons ici le domaine de l’édition pour rentrer sur le territoire des jeux. Et ça tombe bien car l’actualité nous fournit un très bon exemple avec Heavy Rain, un jeu vidéo narratif développé par un studio français (cocorico !) :

Le jeu video narratif Heavy Rain et son gameplay particulier

Le jeu vidéo narratif Heavy Rain et son gameplay particulier

Ici il n’est pas tant question d’action ou de dextérité à la manette mais plutôt de suivre une histoire conditionnée par vos choix (qui jalonnent la narration) et agrémenter parfois de Quick Time Events pour maintenir votre attention. Pour le moment ce titre n’est disponible que pour la PS3, un monstre de puissance, mais n’oublions pas que l’iPad (out comme l’iPhone) a des composants techniques suffisamment puissant pour faire tourner de la 3D dans de très bonnes conditions sans avoir besoin de sortir un rendu Full-HD.

J’imagine tout à fait ce type de titre envahir les touchbooks car parfaitement adaptés au contrat d’interaction que proposent les tablettes tactiles : Visionnage en plein écran et quelques clics de temps à autre. Il en va de même pour les jeux de stratégie ou de plateau qui font fureur sur l’iPhone (de type Tower Defense) qui pourraient trouver dans l’iPad un second souffle pour des projets plus ambitieux : Ngmoco hopes to rule with new mobile games.

Tout ceci est très encourageant et la solution semble donc bien se trouver dans de nouveaux formats hybrides. Mais il reste à régler deux problèmes : Tout d’abord le circuit de distribution qui est plutôt rigide chez Apple (euphémisme) et qui ne favorise pas forcément les petits éditeurs (cf. Is Content King? Then Distribution Is Crown Prince). Ensuite le format car s’il semble y avoir consensus pour les ebooks avec le format ePub (cf. Web Standards for E-books), pour les touchbooks ça va être beaucoup plus compliqué car les contenus sont loin d’être figés. Et c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ces machines : Pouvoir proposer un éventail beaucoup plus riche de possibilités en mélangeant des images, du son, de la vidéo, du texte, des animations…

Flash a su s’imposer comme standard de facto pour les contenus rich media du web, en sera-t-il de même pour les contenus des touchbooks ? Difficile à dire pour le moment dans la mesure où le marché a toutes les chances d’être très largement dominé par l’iPad et que les rapports sont très tendus entre Adobe et Apple. Je ne vois pas bien comment la situation pourrait se débloquer dans les prochaines semaines… si ce n’est avec le rachat d’Adobe par Apple. L’idée vous semble farfelue ? Réfléchissez-y à deux fois, et pour vous aider, je vous propose cette lecture : 7 Reasons For Apple To Acquire Adobe et Why Apple Should Buy Adobe.

Je suis persuadé que l’arrivée effective de l’iPad sur le marché va faire se précipiter les choses. Plus que quelques jours à attendre…

Mes 3 sites coup de coeur (mars 2010)

Ce mois-ci j’ai encore une belle moisson de jolis sites, je me demande même si je ne vais pas passer à 5 sites coup de coeur…

Commençons avec le très mignon Cubicl, une application de collaboration en ligne pro/perso :

La page d'accueil de Cubicl

La page d'accueil de Cubicl

Une palette de couleur très harmonieuse, une approche graphique tout en rondeur, des intitulés accrocheurs et des textes courts et percutants. Rien à redire, cette page véhicule du sérieux et de la maitrise.

Restons dans le minimalisme avec Tapbots, un éditeur d’applications pour iPhone :

La page d'accueil de Tapbots

La page d'accueil de Tapbots

L’approche graphique est ici similaire au précédent site avec un style très cartoon mais il y a une volonté afficher d’en dire le moins possible, et ça marche ! Les descriptions des applications sont minimalistes (même pas de captures d’écran) mais cette page d’accueil donne sacrément envie de cliquer. La grille de lecture permet à l’oeil de bien circuler entre les blocs, les contrastes sont excellents et les illustrations rythment bien la page dans sa verticalité (ha mince, je me met à parler comme un sémioticien, c’est grâce docteur ?).

Terminons avec un troisième site en rupture complète, le portfolio de Simon Collison :

Le portfolio de Simon Collison

Le portfolio de Simon Collison

La page d’accueil de ce site est un véritable électrochoc avec une touche graphique rétro dans la plus pure tradition des manuels de taxinomie. Chaque bloc correspond à une rubrique. Je ne peux qu’applaudir l’engagement de ce design et le travail réalisé pour respecter les codes graphiques de la taxonomie (fond de page, typographie, illustrations…). Facile de se démarquer avec un site comme celui-là !

La suite le mois prochain…

L’actualité de mes autres blogs (février 2010)

Après une semaine de vacances dans les Alpes, je vous propose un résumé des billets publiés sur mes autres blogs.

L’actualité des interfaces riches appliquées au e-commerce sur RichCommerce.fr :

L’actualité des réseaux sociaux et plateformes communautaires sur MediasSociaux.com :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur VirtualWorldsNews.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 sur Entreprise20.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

La suite le mois prochain.

Qualcomm à l’assaut des smartbooks et de la convergence mobile

J’ai eu ce matin une discussion très intéressante avec Jean Viraldi et Fabien Darrigues de chez Qualcomm (merci à Cédric pour avoir organisé la rencontre). Pour vous la faire courte, Qualcomm est spécialisée dans la conception et la fabrication de solutions de télécommunication mobile (ils sont entre autre inventeur de la norme CDMA et représente 1/3 des parts de marché des puces qui équipent les terminaux mobiles). Ils sont donc tout à fait légitime pour imaginer et concevoir les outils de communication de demain, et ça tombe car ce sujet me passionne en ce moment (cf. 2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?).

La fin de l’ère x86 et le basculement vers l’informatique nomade / mobile

Intel a régné sans partage sur le monde des ordinateurs ces 30 dernières années grâce à l’architecture x86 (sur laquelle repose les familles de processeurs Intel mais aussi Cyrix, AMD, VIA…). Aujourd’hui les conditions de marché sont différentes dans la mesure où il y a bien plus de terminaux mobiles que d’ordinateurs. Les smartphones se sont ainsi imposés comme les ordinateurs de poche de notre quotidien, il s’en vend bien plus que d’ordinateurs (plus d’1,2 milliards de téléphones vendus en 2009). De même, les netbooks ont montrés les limites de l’architecture x86 en terme d’autonomie et de performances. Entendons-nous bien : Nous ne parlons pas de performance pure (un indicateur du siècle dernier) mais du ratio entre puissance et consommation. Et à ce petit jeu là, les architectures ARM sont imbattables car elles ont été conçues dans cette optique.

L’année 2010 (et dans une certaine mesure l’année 2009) sera donc la charnière entre l’ère des PC (Personnal Computer = architecture x86) et l’ère des terminaux mobiles (architecture ARM). Nous ne parlons pas ici d’un remplacement mais plutôt de l’inversement de l’échelle des valeurs : Les plus gros enjeux et les plus belles opportunités sont à chercher du côté des terminaux mobiles plutôt que du côté des ordinateurs où les marges sont plus faibles et où les modèles économiques s’épuisent.

À partir de là, la bataille ne va pas se dérouler autour des smartphones (car l’offre arrive à saturation) mais plutôt autour de nouveaux formats de terminaux dont vont découler de nouveaux services et usages : Smartbooks, touchbooks, webbooks, Personal Mobile Television, Personal Internet Viewer… les possibilités sont innombrables et nous n’en sommes qu’au début de l’informatique mobile, nomade et résidentielle.

xbook

Smartphone + Netbook = Smartbook

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des smartbooks, cette nouvelle génération de terminaux mobiles qui vont venir s’intercaler entre les smartphones et les netbooks. Après en avoir discuté avec différents interlocuteurs, j’ai maintenant la conviction qu’ils appartiennent définitivement à la grande famille des terminaux mobiles et qu’ils vont ainsi bénéficier de l’héritage culturel des téléphones (par opposition à l’héritage culturel des ordinateurs et leur fascination pour la puissance “brute”). Les premiers concepts de smartbooks faisaient apparaitre des terminaux hybrides dont on ne savait pas trop à quelle famille ils étaient rattachés :

qualcomm-smartbooks

Maintenant que nous avons un premier terminal “viable” qui va être très prochainement lancé sur la marché (le AirLife de HP-Compaq), les contours de ce segment semblent encore plus ambigus avec un aspect très proche des netbooks mais des détails rappelant fortement les smartphones (système d’exploitation Android, écran tactile, boutons “Home” et “Menu” sous le pavé tactile…) :

compaq-airlife

Toujours est-il que même si la différence avec les netbooks est subtile, elle est pourtant bien réelle : Les netbooks sont des terminaux nomades alors que les smartbooks sont des terminaux mobiles. Il y a ainsi deux différences majeures dans les usages :

  • Les terminaux nomades sont connectés de façon ponctuelle (on les allument pour s’en servir) alors que les terminaux mobiles sont allumés toute la journée et même la nuit (ils restent en veille et on les recharge une fois par jour) ;
  • Les terminaux nomades utilisent des technologies de communication pull (WiFi) alors que les terminaux mobiles utilisent des technologies de communication push (SMS, alertes…).

Ces deux différences font que l’on peut classer les terminaux dans une catégorie ou l’autre. Les smartbooks sont donc de gros smartphones et non des netbooks connectés. Qualcomm a monté une business unit dédiée à l’évangélisation des smartbooks et je compte bien suivre ça de très près car ils préfigurent l’avenir de l’internet mobile et certains analystes sont déjà très optimistes : 163 Million Smartbooks Expected to Ship in 2015.

Vers la 4G et après ?

Comment parler de terminaux mobiles sans aborder les normes ? Le Mobile World Congress de Barcelone a été l’occasion de dévoiler au grand public la roadmap vers la téléphonie mobile de quatrième génération, celle qui va autoriser des débits supérieurs à 50 Mbits/s. La norme LTE (Long Term Evolution) semble donc être bien partie pour assurer la transition entre L’HSDPA et… une version plus aboutie baptisée provisoirement LTE Advanced.

Vous seriez en droit de me dire que la course au haut débit en situation de mobilité n’est pas une finalité (après tout l’important c’est la ratio entre débit et consommation) mais la proposition de valeur de la norme LTE est de proposée une consommation inférieure pour des débits équivalents à la 3G ou la 3,5G. Une aubaine pour les smartbooks et autres terminaux mobiles cherchant à maximiser leur autonomie.

Outre les usages data où le débit n’est jamais assez élevé (LTE sera la norme de référence pour les modems-clés USB en 2011), la vidéo semble être un bon prétexte pour cette course à la bande passante. Que neni, car les réseaux de télécommunication ne supporteront jamais une montée en charge à grande échelle. Pour de la vidéo en situation de mobilité dans des conditions viables, il faudra plutôt chercher du côté de normes broadcast comme DVB-H plutôt que de rêver à une hypothétique solution viable d’unicast. Pour le moment le déploiement semble au point mort en France, mais les États-Unis semblent avoir prit une longueur d’avance avec des services déjà opérationnels comme le Flo-TV de Qualcomm.

flo_tv

Attendez-vous à voir débarquer des smartphones compatibles dès l’année 2010…

Deux autres gros segments à adresser : Feature phones et eBooks

En plus des smartphones, smartbooks et Personal Mobile Television, Qualcomm s’intéresse également à deux autres segments très porteurs : Les feature phones et les ebooks. Pour votre information (j’ai découvert ça la semaine dernière),feature phone” est le nouveau terme à la mode pour désigner les smartphones low-cost (moins de 100 $). On n’en parle pas beaucoup dans les médias, mais les feature phones représentent les 3/4 des parts de marché. Un segment moins sexy que celui des smartphones mais avec une intensité concurrentielle bien inférieure car l’écosystème est encore atomisé.

Pour bien comprendre les conditions de marché, il faut s’intéresser aux systèmes d’exploitation : Là om l’on compte pas moins de 6 acteurs pour les smartphones (Google / Android, Apple et iPhone, RIM / BlackBerry, Nokia / Symbian, Palm, Microsoft / Windows Mobile,  Samsung / Bada) et il s’en créé encore (à l’image de MeeGo). Pour les feature phones la situation est différente puisque les OS varient d’un combiné à l’autre et qu’il n’y a pas réellement d’offre uniformisée. Qualcomm s’est donc lancé sur ce créneau avec Brew Mobile Platform, l’évolution de son système d’exploitation “maison”. Une solution particulièrement compétitive car adaptée aux “faibles” capacités hardware des feature phones qui ne peuvent s’offrir des composants trop onéreux.

Faible coût ne rime pas forcément avec compromis sur la qualité de l’interface puisque la Brew MP est capable de faire tourner Flash Lite mais également Adobe Mobile Client pour les Rich Mobile Applications. Le tout récent HTC Smart est ainsi propulsé par Brew mais propose une interface très proche d’Android, on s’y tromperait !

HTC_Smart

La prochaine étape logique pour la Brew MP devrait être une application store centralisée.

Autre segment en pleine ébullition : les eBooks. Alors que la blogosphère n’en finit plus de prédire le déclin du Kindle (équipé d’un écran à encre électronique) face à l’iPad (équipé d’un écran à LED), Qualcomm s’apprête à rentrer dans la danse avec une technologie d’affichage intermédiaire baptisée Mirasol. Cette technologie repose sur des membranes réflectives combinée à un système de rétro-éclairage à basse consommation qui autorise un excellent contraste en plein soleil, une grande autonomie, un affichage en couleur avec un taux de rafraichissement suffisant pour faire de la vidéo.

qualcomm-mirasol

Pourquoi la vidéo est-elle importante dans le contexte des ebooks ? Tout simplement parce que vidéo = belles pubs = revenus suffisant pour financer des contenus de qualité. Là où  le Kindle sera enfermé dans sa niche de livres / journaux payants, les terminaux équipés d’écran à technologie Mirasol seront plus versatiles (magazines et BD digitalisés) et plus confortables que l’iPad. Lancement prévu en fin d’année.

2010, l’année de la convergence mobile ?

Smartphones, smartbooks, personal mobile television, feature phones, ebooks… Qualcomm est petit à petit en train de se positionner sur tous les segments à fort potentiel pour s’imposer comme l’outsider de référence par rapport à des acteurs sur-médiatisés (Google, Apple, Microsoft). En proposant une plateforme intégrée (la fameuse puce SnapDragon) Qualcomm se positionne à la croisée de nombreux usages :

  • Informatique (au travers de nombreuses applications disponibles sur des systèmes d’exploitation compatibles comme Android) ;
  • Internet (avec la connectivité permanente) ;
  • Multimédia (avec des composants dédié au codage / décodage audio et vidéo) ;
  • TV (avec le réseau MediaFlo) ;
  • Jeux (les capacités 3D des composants graphiques sont largement suffisantes pour ça) ;
  • Édition (grâce à sa technologie d’affichage)…

Tout ceci est très encourageant, et il ne manque plus qu’un domaine d’activité pour compléter ce tableau : La santé. Avec le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie, ce sont des centaines des milliards de papy-boomers qui seront concernés par la nouvelle génération de terminaux à usage pseudo-médical :

  • Des téléphones simplifiés (avec de grosses touches) équipés d’une puce GPS et d’un bouton d’appel pour pouvoir facilement localisé et aider des personnes âgées en difficulté (subissant un malaise ou s’étant perdues car victime de la maladie d’Alzheimer) ;
  • Des visiophones simplifiés capables de faire du diagnostique à distance (comme le Health d’Intel) ou de retransmettre les constantes vitales de capteurs portées en permanence.

Outre les applications évidente pour les personnes du troisième âge, ce types de terminaux peut intéresser les pouvoirs publics qui y trouverait un avantage économique (cela coûte beaucoup moins cher de surveiller un patient à son domicile plutôt que dans une chambre d’hôpital). Ces terminaux seraient donc potentiellement subventionnés par la sécurité sociale dans le cadre de la médecine ambulatoire.

Plus que jamais je suis intimement convaincu que nous sommes à l’aube de gros changements dans notre façon d’appréhender les outils informatiques et de penser / concevoir les services qui accompagneront ces nouveaux usages.

Réservez votre 22 mars 2010 pour la conférence Marketing 2.0

Comme chaque année au mois de mars, les experts mondiaux des médias sociaux et du marketing communautaire se réunissent à Paris pour la conférence Marketing 2.0. Et comme chaque année je vous recommande chaudement d’y participer car c’est la conférence la plus enrichissante que vous pourrez trouver sans avoir à traverser l’Atlantique (cf. mes comptes-rendus : Marketing 2.0 2009, Marketing 2.0 2008 et la suite.

MC2

La conférence va se dérouler sur deux jours tellement le programme est chargé. Des représentant de très grandes marques feront le déplacement (Disney, Lego, Kodak, MTV, Cisco, Harley-Davidson, Dell, BBC, Coca-Cola, Mattel, Lufthansa, GM, IBM, Sun, HP, Intel, Walmart, Ferrero, Caterpillar, Southwest Airlines…) ainsi que des représentant de services majeurs (Facebook, YouTube, Justin.tv, Last.fm, Google…).

Au programme : Témoignages, gestion de marque / crise, stratégie de présence / recrutement, fidélisation, RP, mobilité, multi-canal…

Bref, c’est du lourd et je n’en raterais pas une seule miette. Et vous ?

Rappel : Webothon sur les médias sociaux le dimanche 21/02 à 18H

Pour celles et ceux qui ne me suivent que par le flux RSS, je vous rappelle que dimanche soir à 18H aura lieu un Webothon en faveur de la catastrophe d’Haïti : Webothon Haïti: Les médias sociaux, ça ne change pas le monde ?. L’objectif est de mobiliser de nombreux spécialistes du web pour la bonne cause. Il s’agit donc d’une conférence à distance pour débattre sur les médias sociaux et le rôle qu’ils peuvent jouer dans un contexte de crise humanitaire comme celle d’Haïti. Un grand bravo à Michelle Blanc et Philippe Fehmiu pour l’organisation de cette conférence.

webothon-haiti

Philippe et Michelle autour du drapeau Haïtien

Cette conférence sera l’occasion de réunir de nombreux spécialistes à différents endroits (Montréal, Paris, Bruxelles, Vancouver, Washington, San Francisco) en un lieu unique : http://www.ustream.tv/channel/webothon-haiti. Pour y assister il vous suffit de vous connecter et de choisir l’un des 4 canaux :

J’interviendrais sur le premier sujet avec un thème assez généraliste dont les contours restent encore à définir. Il y sera bien évidemment question des médias sociaux (si nous sommes en forme nous aborderons l’actualité avec Google Buzz et Chatroulette) mais également des services tournés vers la solidarité comme VolunteerMatch, Idealist, Amazee, Charity Navigator, Donors Choose, Care2, All for Good, Better Place, ReplyForAll

Pour plus d’infos je vous recommande le blog de l’évènement : Webothon Haïti, la page Facebook ou le canal Twitter.

2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?

Après presque 30 années de domination sans partage, j’ai comme l’impression que l’outil informatique traditionnel (écran + clavier + souris) est en train de sérieusement se ringardiser. Le couple Windows – Intel semble en effet avoir atteint son apogée et l’on se dirige tout droit vers un nouveau cycle d’innovation pour faire émerger de nouvelles catégories de terminaux et de nouveaux usages.

De l’internet mobile à l’internet nomade

Je pense ne pas me tromper en disant que la révolution mobile a fait long-feu en France et dans les pays occidentaux en général. Autant l’Asie a connu un formidable essor des services mobiles dans les années 2000 (principalement en Corée du Sud et au Japon), autant le WAP évoque un demi-échec (lire à ce sujet Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité). Mais ne parlons plus du passé et tournons-nous vers l’avenir car l’avènement de l’iPhone et des netbooks a permit au marché de comprendre qu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un écran de 19″ et un processeur à quadruple-coeur pour profiter de services en ligne dans de très bonnes conditions. L’idée étant de compenser du débit et de la puissance par de l’autonomie et de la praticité (il faut 30 secondes pour allumer son iPhone et relever ses mails).

De plus, je note une forte volonté des industriels de sortir de l’impasse du web gratuit où les producteurs et distributeurs de musique, films, séries TV, news… s’arrachent les cheveux pour trouver des modèles économiques viables sur un média où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit. Les conditions de marché semblent donc réunies pour initier la révolution de l’outil informatique et sortir de la domination du PC (dans le sens “Personnal Computer“).

Bien évidement il existera toujours et nous continuerons à utiliser des ordinateurs (fixes ou portables), mais ils devront partager leur part d’audience avec d’autres types de terminaux qui nous permettrons de consommer des contenus, d’exploiter des services et de prolonger nos interactions sociales dans d’autres contextes. Ces terminaux nous les connaissons déjà (smartphones, netbooks, touchbooks, terminaux grand public ambiants…) mais leur prolifération et la part d’usage que nous leur réservons va petit à petit augmenter et inverser la tendance.

allbook

Eric Schmidt, PDG de Google, a ainsi déclaré que l’avenir de l’internet était au mobile. Ce n’est pas également un hasard si Steve Jobs a annoncé en ouverture de sa dernière keynote qu’Apple était une société de terminaux mobiles. Non pas que ces patrons ne croient plus en l’informatique “traditionnelle”, mais plutôt que les meilleures opportunités sont à chercher en dehors du cadre des ordinateurs tels que nous les connaissons (avec écran, clavier et souris). L’approche de services morcelés en widgets (ou applications chez Apple) semble en effet beaucoup plus facile à contrôler (d’un point de vue modèle économique).

Nous ne parlons pas seulement des terminaux qui tiennent dans la poche et que nous trimbalons partout avec nous, mais plutôt des terminaux à encombrement réduit et à grande autonomie qui peuvent servir partout mais dont l’essentiel des usages se fait en intérieur dans votre salon ou chambre (à l’image des consoles de jeux portables comme la Nintendo DS). L’avantage de ces terminaux est de supprimer toute dépendance aux fils (alimentation, réseau), nous parlons plus ainsi d’internet nomade plutôt que d’internet mobile.

Une course à la taille critique pour les systèmes d’exploitation

Il en va de même pour l’iPhone, terminal mobile de référence qui est également capable de rendre de très bon services d’appoint pour vous éviter d’avoir à démarrer votre ordinateur (regarder la météo ou le programme TV, vérifier ses emails ou Twitter, jouer 5 minutes…). L’iPhone et son modèle de distribution fermé fait ainsi beaucoup d’envieux. Nombreux sont ceux qui aimeraient bien réitérer cet exploit à l’image de Palm, Blackberry ou encore de cette alliance entre 24 opérateurs pour lancer une plateforme ouverte d’applications sur mobiles. Le but de la manoeuvre est de créer un marché-cible suffisamment grand pour créer un écosystèmes de développeurs et d’éditeurs d’applications.

OK très bien, mais il va falloir faire preuve de plus d’ambition pour convaincre le marché. D’autant plus que cette alliance ne prend en compte qu’une partie de l’équation (les terminaux mobiles). Je suis ainsi beaucoup plus attentif au tout récent partenariat entre Nokia et Intel pour fusionner leurs systèmes d’exploitation respectifs (Maemo et Moblin) en une plateforme unifiée du nom de MeeGo.

MeeGo

MeeGo, le système d'exploitation multi-terminaux

L’idée est de construire sur un noyau Linux une architecture logicielle suffisamment souple pour s’adapter à différents types de terminaux connectés :

MeeGo-Architecture

L'architecture logicielle de MeeGo

En proposant une plateforme logicielle unique pour un grand nombre de terminaux (smartphones, netbooks, TV et véhicules connectés…), Nokia/Intel s’assurent ainsi un soutien de nombreux développeurs et éditeurs souhaitant toucher un maximum de cibles et décliner leurs applications sur un maximum de terminaux en un minimum de temps. Nous allons donc très probablement assister à une course à la taille critique. Je ne pense pas qu’un système va écraser les autres mais plutôt une configuration où le marché est réparti entre 4 à 5 OS.

Des terminaux polymorphes pour contenter le plus grand nombre

À partir du moment où le “problème” du système d’exploitation (et du nombre d’applications disponibles) est résolu, rien n’empêche les industriels de segmenter le marché à l’infini et de proposer différents formats de terminaux pour cibler de façon plus fine les différentes niches de clients.

Des touchbooks pour petits et grands

Des touchbooks pour petits et grands

Le but de la manoeuvre est de proposer des machines parfaitement adaptées aux clients-cibles. Ça fonctionne donc pour les petits avec le iXL de Play Fish mais ça pourrait aussi fonctionner pour les séniors ou n’importe quelle autre niche.

Et puisque l’on parle de segmentation, impossible de ne pas évoquer le tout récent Windows Phone de Microsoft. Conscient du retard accumulé avec Windows mobile, les équipes de Microsoft ont pris la décision radicale de faire table rase du passée et de proposer un tout nouveau concept avec cette téléphone grand public propulsé par le système d’exploitation du Zune.

wp7_startscreen

Sage décision car le marché des smartphones sur-puissants à vocation BtoB commence à être sacrément bouché (Symbian, Android, BlackBerry, Palm). C’est donc un coup de maître de la part de Microsoft qui rompt définitivement l’héritage culturel de Windows et Office pour se montrer sur un nouvel angle (Xbox, Zune, Facebook). Ce nouveau positionnement grand public et plus abordable en terme de sophistication et de prix va permettre à Microsoft de réduire considérablement la pression concurrentielle en s’attaquant au middle-market (situé entre les téléphone basics et les smartphones).

Nouveaux usages = nouveaux revenus (ou pas)

Je n’ai pas eu la chance de participer au grand raout annuel de la mobilité à Barcelone (le Mobile World Congress), mais les comptes-rendus que je peux lire à droite et à gauche (cf. Mobile World Congress: some thoughts on day 1) me laissent penser qu’une nouvelle vague d’innovation est en train de déferler avec beaucoup d’investissements dans le software, une segmentation plus fine et une réflexion de fond sur les usages. Et même si les terminaux sont globalement plus intelligents, la sur-enchère technologique semble être compensée par des approches marché plus pertinente : Moins de puissance mais plus d’autonomie, de confort, d’adéquation…

L’innovation s’accélère, et les géants du monde informatique (Google, Apple, Microsoft) ne compte pas se laisser distancer. Pourquoi ? Tout simplement car cette vague de terminaux alternatifs va avoir une conséquence directe sur les revenus générés par la vache à lait du web : la recherche. Autant les ordinateurs sont parfaitement équipés pour faire une recherche dans de bonnes conditions (clavier complet pour saisir les mots-clés, large écran pour afficher les résultats, souris pour naviguer dans les résultats), autant sur un touchbbok ou un smartphone c’est complètement différent car les périphériques de saisie / d’affichage rendent la recherche plus délicate.

Nous sommes ainsi dans une dynamique de découverte plutôt que de recherche. Les géants comme Google, Apple et Microsoft investissent massivement pour ne pas perdre le contrôle de l’interface et se réserver des espaces de valorisation et de mise en avant du contenu. Les bannières et autres mots-clés sponsorisés vont donc être remplacés par des têtes de gondoles. Qui s’en plaindra ?

Un nouveau paradigme de l’outil informatique

Les 10 dernières années ont été consacrées au perfectionnement des services et contenus web consommés au travers d’un ordinateur. Les 10 prochaines années seront consacrées à la découverte de nouveaux services / contenus et à l’appropriation de nouveaux types de terminaux aux contraintes et spécificités très variées. Tout ceci vous semble peut-être un peu lointain, mais je vous donnes rendez-vous en 2020 pour faire le point sur ces usages nomades et surtout sur l’impact qu’ils vont avoir sur notre façon de concevoir, distribuer et consommer de nouveaux services et contenus. Peut-être engendreront-ils de nouvelles formes de dépendance ou de cyber-criminalité…

Je suis en tout cas fermement convaincu que nous entrons dans une nouvelle ère, celle de l’informatique nomade, tactile et sociale. Il va donc nous falloir complètement ré-inventer les expériences utilisateur (interfaces et contenus) pour mieux coller à ce paradigme du marché.

Google Buzz mérite-t-il tout ce buzz ?

Cela fait à peine 4 jours que Google Buzz est sorti, mais le tout nouveau service de Google affiche déjà une fréquentation record : 2 Days Of Buzz: 9 Million Posts And Comments. 200 Posts Per Minute From Mobile. And Security Fixes. Après avoir manipulé ce service, il est maintenant très clair que la cible visée n’est pas Twitter mais définitivement Facebook. Pas nécessairement le Facebook que nous connaissons (avec les applications) mais plutôt sa version allégée (Facebook Lite) ou encore FriendFeed.

Comparison entre Google buzz, Facebook Lite et FriendFeed

Comparison entre Google buzz, FriendFeed et Facebook Lite

L’intégration de Buzz dans Gmail est par contre un choix très structurant dans la dynamique sociale et le positionnement du service :

  • Buzz repose sur le graph social de vos vraies relations, les personnes avec qui vous échangez le plus d’emails – pas des relations numériques (cf. Qu’est-ce qu’un ami ?) ;
  • Le mariage forcé entre Buzz et Gmail provoque des effets de bords (pollution de la boîte de réception, problèmes de confidentialité : Google Buzz Has A Huge Privacy Flaw) ;
  • Il n’y a pas de groupes ou de pages carrefour où les utilisateurs peuvent se croiser librement.

Tout ceci fait que Buzz n’est pas réellement proche de Facebook dans son approche des interactions sociales et sa dynamique communautaire (cf. Google Buzz Is Not A Facebook Killer). Quand on y réfléchit bien, Google Buzz est surtout un prétexte pour donner une très forte visibilité aux Google profiles.

La prise en main est donc déroutante pour ceux qui sont habitués à Facebook / Twitter et ne savent pas trop comment définir ce nouveau service (”messagerie à la sauce sociale“, “Gmail 2.0“, “Gmail + RSS“, “Wave pour les débutants“…). Nous pourrions faire un raccourci en disant que Google essaye de se créer sa propre catégorie pour pouvoir profiter de l’effet de levier de ses autre services. Autant l’objectif de Facebook a été d’extraire les internautes de leur messagerie pour les amener à n’utiliser que le portail (à grand renfort de notifications par mail), autant Google Buzz essaye de faire l’inverse : Extraire les internautes des plateformes sociales pour les ramener dans leur messagerie. La manœuvre est habile et arrive juste au moment où sortent les rumeurs de l’émancipation du système de messagerie interne de Facebook en service de mail. Je reste persuadé que l’objectif n’est pas de tuer Twitter ou Facebook mais plutôt d’équilibrer le rapport de force et surtout de prolonger la durée de visite sur Gmail.

Toujours est-il que ce nouveau service va avoir un effet pervers sur la fragmentation des commentaires : Google Buzz va accélérer l’éparpillement et la pollution des conversations. L’émergence de standards d’interopérabiltié entre ces différentes plateformes se fait de plus en plus sentir. Sur ce point précis Google Buzz semble avoir une longueur d’avance avec une très forte ambition autour des APIs disponibles. Finalement c’est en ce sens que Buzz est proche de Twitter : Devenir une sorte de couche de communication entre les différentes plateformes sociales.

Mais Buzz n’en est qu’à ses balbutiements et la liste des évolutions souhaitées par la communauté est longue. Si je devais me prononcer, j’en citerais trois :

Donc au final je pense que Google Buzz est encore très loin de son potentiel réel. Pour le moment son lancement n’est qu’une manoeuvre défensive mais pourrait bien se transformer en une première brique d’un nouvel empire social made in Google.

Google lance Buzz pour contrer Facebook et Twitter

L’annonce vient juste de tomber, le nouveau produit “social” de Google s’appelle Google Buzz : Introducing Google Buzz et Google Buzz in Gmail.

GoogleBuzz_logo

À première vue il s’agit plus d’un outil de micro-partage à la FriendFeed que de microblogging à la Twitter. Ce nouveau service semble très ambitieux et représente la réponse de Google à Facebook, mais également à des services qui montent comme FourSquare.

Un service déjà à jour par rapport à ses concurrents

Voilà ce que l’on sait de Google Buzz pour le moment :

  • C’est un service intégré à Gmail (un onglet juste sous Inbox) qui permet de partager des liens, photos, images… ;
  • Les publications peuvent être privées, publiques ou restreintes (auprès d’un groupe d’amis) ;
  • Les tweets sont ouverts aux commentaires et sont agrégés dans des conversations (comme Gmail), il est également possible d’apprécier une publication (Like) ;
  • Il est possible d’adresser un tweet à une personne en particulier avec le signe @ ;
  • Les tweets seront géolocalisés, il sera possible de consulter tous les tweets d’un endroit en particulier sur les Place pages ;
  • Le service est disponible sur les terminaux mobiles et synchronisé avec Google Maps ;
  • Le flux de tweets sera filtré pour limiter la pollution.

Plus d’infos ici : Google Goes Social with Google Buzz.

L’interface est, comme toujours chez Google, très épurée et intuitive :

L'interface de Google Buzz

L'interface de Google Buzz

Il semblerait donc que les équipes de Google aient décidé d’adopter une posture de suiveur réactif plutôt que d’innovateur : If Google Wave Is The Future, Google Buzz Is The Present.

Voici à quoi ressemble un profil avec un flux de Buzz (en l’occurence celui de Mashable) :

Le Buzz de Mashable

Le Buzz de Mashable

Plus proche de Friendfeed et Foursquare que de Facebook et Twitter

Même si je n’ai pas encore pu tester ce service (déploiement en cours…), je pense ne pas me tromper en disant que ce service ne souhaite pas devenir un clone de Twitter et propose ainsi des fonctions plus proches de FriendFeed :

  • Pas de limitation dans le nombre de caractères ;
  • Possibilité de commenter les publications ;
  • Affichage des photos et vidéos directement dans les tweets…

Le fondateur de FriendFeed a déjà fait un petit commentaire à ce sujet : FriendFeed (and Gmail) Founder’s Reaction To Google Buzz: “This Seems Vaguely Familiar”.

Ce service est également assez proche de Foursquare ou Brightkite :

  • Les tweets sont géolocalisés et donc consultables dans un périmètre donné (nearby) ;
  • Les points d’intérêts agrègent les tweets publiés à proximité (principe de placestream) ;
  • Il est possible de simplement signaler son passage dans un lieu sans rien publier de particulier (l’équivalent d’un ping ou d’un check-in) ;
  • Le service est disponible sur les téléphones mobiles et smartphones.
La version mobile de Google Buzz

La version mobile de Google Buzz

Si vous ne pouvez accéder à la version web sur Gmail, la version mobile sur buzz.google.com est dès maintenant accessible via iPhone ou smartphone Android (avec la reconnaissance vocale en prime).

Un service intégré à la suite Google qui exploite le graph social des utilisateurs

L’avantage de coupler ce service à Gmail est de pouvoir bénéficier directement de la base d’utilisateurs et de pouvoir exploiter leur graph social. Il n’existe pas à ma connaissance de chiffres officiels, mais il me semble qu’il y a près de 100 millions d’utilisateurs de Gmail dans le monde, ce qui place Google Buzz largement en retrait par rapport à Facebook et ses 400 millions de membres (dont une bonne partie hyper-actifs).

Là où Google Buzz peut par contre faire la différence, c’est qu’il s’intègre à une myriade de services existants pour servir de ciment social : Picasa pour les photos, YouTube pour les vidéos, Latitude pour la géolocalisation, Profile pour l’authentification, Reader pour les news, Goo.gl pour les URLs courtes… Il est également possible d’importer vos publications d’autres sites comme FlickR, Twitter et bien sur vos flux RSS.

Autant dire que nous pouvons nous attendre à un démarrage canon pour ce service, en tout cas sûrement plus rapide que Yahoo! Meme ou Yahoo! Buzz. En fait ce qui va vraiment accélérer le déploiement du service va être sa capacité à analyser votre historique de mails et à construire ainsi votre liste de followers / followings à partir de votre base de contacts.

Un service tourné vers l’avenir (et contre Facebook)

En faisant le choix de ne pas limiter les tweets à 140 caractères, Google Buzz se tourne donc résolument vers l’avenir (pour s’extraire de la contraintes des SMS, même si le service est compatible). Notons de plus qu’il n’y aura pas d’application iPhone / Android mais plutôt une application en ligne construite visiblement avec HTM5. Plus simple à déployer / maintenir, pas besoin de se faire approuver dans les marketplaces, prise en charge native de la géolocalisation… les avantages sont nombreux et ce service s’intègre à merveille sur le tout récent Nexus One.

Si l’on prend un peu de recul, il semble clair que ce nouveau service est la réponse tant attendue de Google à Facebook, il signe le grand retour de Google dans les médias sociaux depuis le rachat de Blogger et YouTube (Orkut ne compte pas). Attendez-vous à une bataille épique et surtout une course à l’armement.

Quel va être l’impact du lancement de Google Buzz ?

Difficile de se faire un avis sur ce service dans la mesure où je n’ai pas encore mis la main dessus. Mais je peux néanmoins émettre quelques hypothèses :

  • Gmail se positionne donc comme la pierre angulaire de la stratégie sociale de Google (mail + messagerie instantanée + microblog), ceci pourrait confirmer une probable fusion de Wave et Gmail ;
  • La pression sur Facebook va être de plus en plus forte, j’anticipe une accélération du processus de transformation open source de Facebook pour garder les faveurs de la communauté (à moins que Google ne les prenne de vitesse : How Google Buzz is Disruptive: Open Data Standards) ;
  • De nouvelles opportunités de revenus pour les AdWords ;
  • Une ré-orchestration des real-time search et des social search results ;
  • Disparition prochaine de services de moindre importance comme Jaiku ou Latitude ;
  • Intégration probable dans les Google Apps pour en faire un outil de micro-partage interne ;
  • Remise à jour en urgence des social desktop apps comme Tweetdeck, Seesmic & cie ;
  • Pourquoi pas le lancement ou le rachat d’un service équivalent par Apple.

À ce stade je ne me risquerai pas à prédire une disparition prochaine de tel ou tel service. J’imagine que dans un premier temps Google Buzz va venir compléter une liste déjà bien longue. Pour la suite et son avenir à moyen terme, celà va dépendre de l’implication de Google dans la promotion de ce nouveau service (cf. Les acquisitions ratées de Google) et de la place qui va lui être laissé dans la stratégie globale.

Page 1 sur 21412345»...Dernier »